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Depuis 2005, la meilleur raison de se réjouir des fêtes de fin d’année ce n’est pas les joujoux par milliers ou les interminable repas en famille, ce « tribunal qui se réunit tous les 25 décembre » dixit W.C. Fields. Non, depuis huit ans chacun peut se réjouir du fait que Noël est devenu le jour de l’épisode spécial du Docteur. Souvent stand-alone, il a permis déjà par deux fois de marquer de grands moments dans la mythologie de la série. En 2005, L’invasion de Noël permettait à David Tennant de faire ses premiers pas dans les Converse du dixième Docteur, alors que cinq ans plus tard, La prophétie de Noël scelle ses adieux au personnage tout en introduisant Matt Smith dans ses ultimes instants.

Et c’est à présent à Smith, après un run d’une indéniable qualité, de tirer sa révérence et de laisser nœud papillon et Fez pour passer la main. Mais pas n’importe comment. Car depuis la rencontre entre le onzième et Amelia Pond, si bien des aventures sont passées par là, beaucoup de questions restaient sans réponses et il paraissait peu probable que Steven Moffat, le grand ordonnateur dont nous vous avons dit déjà beaucoup de bien, élude les zones d’ombre laissées dans son sillage.

Alors, forcément, les attentes sont immenses. La fin d’un Docteur se doit d’être à la hauteur de l’amour qu’on lui porte, et il faut reconnaître que la côte de Matt Smith explose le plafond. Sa dernière aventure se doit donc être un feu d’artifice, la conjonction de ce que la série a pu nous donner de meilleur ces trois dernières années.

Un message codé se propage à travers l’univers. Indéchiffrable, il n’en attire pas moins toutes les races intelligentes à son point d’origine : une petite planète éloignée. Daleks, Cybermen, Sontarans et bien d’autres se retrouvent à assiéger ce monde protégé par l’Eglise « of the Papal Mainframe », ordre militaire et religieux, tout aussi intrigué, mais refusant que quiconque pose un pied sur son sol avant d’en savoir plus sur l’origine du signal et, surtout, sa signification.
Attiré comme tous ses vieux ennemis, le Docteur, accompagné de Clara, est téléporté au sol avec l’accord de la Mère Supérieure, Tasha Lem. Le Docteur découvre rapidement l’origine du message et sa signification : à travers la faille dans l’espace-temps qui poursuivait Amy depuis son enfance, les Seigneurs du temps, prisonniers d’un autre univers depuis le final du Jour du Docteur, posent LA question dont la réponse leur permettra de reprendre leur place légitime. Mais leur retour impliquerait le début d’une nouvelle guerre du temps et la destruction de ce monde paisible dont on apprend alors le nom : Trenzalore.

Sans refaire l’historique de l’incroyable travail accompli par Steven Moffat depuis sa reprise en main de la série après le départ de Russel T. Davis, un autre genre de régénération, disons simplement que l’un des enjeux majeur était d’apporter au spectateur une fin qui, pour boucler convenablement l’histoire, se devait de répondre à un certain nombre de questions laissées en suspend depuis l’apparition du onzième : qu’en est-il de cette faille temporelle ? Qui a fait exploser le TARDIS et pourquoi ? Qu’est-ce que le Docteur a vu dans cette chambre d’hôtel virtuelle ? Autant d’interrogations étalées sur trois ans qui devaient trouver une solution satisfaisante dans le dernier combat du Docteur, devenu le dernier rempart entre les habitants aimables d’un monde pacifique et ses plus anciens ennemis prêts à tout raser pour l’empêcher de ramener les Seigneurs du temps, quitte à couvrir ce nouveau monde de tombes, ainsi qu’il nous l’a été révélé dans Le nom du Docteur.

Alors, contrat rempli ? Oui, mille fois oui ! Dépassant allègrement l’épisode du cinquantenaire sur à peu près tous les points, The time of the Doctor est un condensé de ce que la série a su faire de mieux : plus d’humour, plus d’action, plus de sentiments. En une petite heure de métrage, Steven Moffat clos ses arcs narratifs magistralement, se permettant même de faire vieillir le Docteur (de trois cent ans !), arrivé au bout de son cycle de régénérations. Car le Docteur n’est sensé pouvoir tromper la mort que douze fois et, en tenant compte du War Doctor joué par John Hurt, le compte y est. Impossible d’échapper au funeste destin annoncé il y a plusieurs années, quand sans doute personne ne pensait que la série connaîtrait une aussi belle longévité. Connaissant son univers sur le bout des doigts, et scénariste pointilleux, il paraissait peu probable que Moffat balaie ce problème majeur d’un revers de la main dédaigneux. Les fans ne l’auraient pas accepté, et ils auraient eu bien raison.
La solution, simple et brillante à la fois, est de faire de la régénération attendue le début d’un tout nouveau cycle, assurant ainsi une petite quarantaine d’années de nouvelles aventures avant que le problème ne se repose à nouveau.

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On se souvient de la précédente régénération, lorsque David Tennant jouait la disparition de son Docteur comme une véritable mort, finissant par un « Je ne veux pas partir » déchirant. L’approche de Smith prend le contre pied en l’abordant comme un acte naturel, s’inscrivant dans la continuité de sa vie, l’important n’étant pas de changer, mais de ne pas oublier. Un message qui s’adresse autant à Clara (et à travers elle au spectateur), témoin impuissant, qu’à lui même.

On pourrait sans aucun doute pointer ça et là des « faiblesses », notamment lorsque certaines questions sont expédiées en quelques dialogues (l’explosion du TARDIS, le rôle de Mme Kovarian et du Silence…) mais ce serait faire la fine bouche devant l’un des épisodes les plus généreux du show. Et si, comme l’annonçait la prophétie, Trenzalore scelle la chute du onzième, ce n’est que pour assurer l’ascension de son successeur au regard halluciné, un douzième Docteur qui en deux rapides apparitions intrigue et promet déjà de grandes choses à venir.

Passage de relais

Le Docteur est encore là pour longtemps, il ne tient qu’à ses producteurs que de continuer à nous émerveiller pour continuer à voyager dans l’espace et le temps.

Julien Taillard

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4 réflexions sur “DOCTOR WHO – THE TIME OF THE DOCTOR : LE CHANGEMENT C’EST MAINTENANT

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