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STRICTLY EMBARGOED UNTIL 00.01 ON WEDNESDAY 11 SEPTEMBER, 2013 GMT Doctor Who – 50th Anniversary Special - The Day of the Doctor
A l’antenne pour la première fois le 23 novembre 1963, la série Doctor Who fêtait le 23 novembre 2013 ses cinquante ans d’existence avec un épisode spécial d’une heure et quinze minutes bien nommé The Day of the Doctor. Un évènement diffusé simultanément dans soixante-quinze pays (certains chanceux pouvaient même profiter d’une sortie en salles exceptionnelle, mais pas en France, rassurez-vous) et c’est Steven Moffat, celui qui a repris en main la destiné du dernier Seigneur du Temps depuis trois ans, qui se chargea de la lourde tâche de signer cet épisode anniversaire devant contenter les fans, le grand public et marquer les esprits en donnant une nouvelle impulsion (pour les cinquante années à venir ?) aux aventures du Docteur. Une sacrée gageure réussie avec maestria.
Moffat livre une belle aventure dont il a le secret avec entrecroisements spatio-temporels, moments épiques, confrontant les 10ème et 11ème incarnations avec leur part d’ombre, intervenant dans la timeline de Russel T. Davies (celui qui relança pour de bon la série en 2005) et parvenant in fine à redéfinir le Docteur et donner un nouveau sens à sa quête, à sa course perpétuelle en avant.
Pourtant, cet épisode n’est pas exempt de défauts, notamment dans la résolution de l’arc narratif secondaire, mais le plus important était de parvenir à élaborer la transition préparant au futur de la série tout en se réconciliant avec un passé tortueux. L’objectif est clairement atteint et se double d’une célébration de la série  – que ce soit son versant classique ou moderne – vraiment enthousiasmante par le rythme imprimé et un fan-service (multilples renvois et cameos) jamais envahissant.

Hum, belle écharpe...

Hum, belle écharpe…

Les festivités du cinquantenaire ont été préparées bien en amont par Steven Moffat au cours d’une septième saison en demi-teinte dont la capacité à se souvenir (d’évènements antérieurs et d’anciens ennemis eu égard aux multiples références à la série classique) est le fil conducteur de cette saison et se voit développé au travers de la fille impossible Clara (Jenna Coleman) qui réapparaît à diverses reprises dans la vie du Docteur avant de périr. Certains épisodes étaient vraiment remarquables (The Asylum of the Daleks voyant la première apparition et mort de Clara ; The Angels Take Manhattan mettant un terme émouvant aux pérégrinations du couple Rory/Amy ; Rings of Akhaten au lyrisme enlevé et bien sûr le final, The Name of the Doctor). Le reste de la saison se déroule assez tranquillement avec quelques oscillations plus intenses comme Hide et Journey to the Centre of the T.A.R.D.I.S pour aboutir au fameux épisode The Name of the Doctor. Le Docteur doit se rendre sur Trenzalore afin de faire face à la prophétie qui annonçait que la réponse à la plus ancienne question ne devait pas être révélée. Son nom ? C’est en tout cas ce que l’on peut escompter de l’interrogation en question, « Doctor Who ? ». Mais Moffat réussi une nouvelle fois à retourner brillamment nos attentes. Qui est le Docteur ne fait pas forcément référence au vrai nom qu’il lui a été donné à sa naissance mais plutôt à ce qui le définit intrinsèquement. Le mystère de Clara, la fille qui apparaît partout où se trouve le Docteur se résout naturellement et joliment. Et Moffat de conclure par un plan génial introduisant John Hurt, un personnage dont les actions étaient sans doute rendues nécessaire par la situation mais qui ne méritent pas d’avoir été accomplies au nom du Docteur.
John Hurt présenté comme le lourd secret du Docteur, une incarnation non officielle qui est apparue par nécessité afin de mettre un terme à la Guerre du Temps qui opposait Daleks et Seigneurs du Temps et qui fit de trop nombreux dommages collatéraux dans la galaxie.
La transformation du Docteur en ce War-Doctor a fait l’objet d’un mini épisode tourné spécialement pour le net et mettant en scène la huitième incarnation (Paul MacGann).

Quelques jours avant la diffusion du tant attendu The Day of the Doctor, un autre mini-épisode fut mis en ligne et servant de préquelle présentant le premier jour de l’invasion (ou le début de la fin puisque ce court inédit est intitulé The Last Day).
On nous y présente les prémisses d’une guerre à chaque fois dépeinte comme terrible et dont les visions ici mises en scènes permettent d’en attester le chaos.

L’épisode spécial anniversaire débute (après le générique historique du premier épisode de 1963) en présentant d’emblée sa note d’intention par le biais de Clara devenue professeur depuis sa dernière escapade dans le tombeau du Docteur. Alors que la caméra panote le long du mur d’un collège, la voix de Clara se fait entendre déclarant qu’il ne s’agit plus de discourir sur ce que doit être un homme de bien mais comment devenir un homme de bien. Voilà donc énoncé fugacement en vingt secondes tout ce qui sous-tendra l’épisode.
Le Docteur et Clara se rendent (ou plutôt sont transportés par U.N.I.T) à la National Galery où leur est présenté la peinture en 3D du dernier jour de Gallifrey avant la chute (plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur, technologie Timelords), spoit un écho encapsulé dans un cadre. Cette vision plonge alors la onzième incarnation dans ses souvenirs et nous enchaînons sur un flash-back où le War-Doctor, épuisé par les incessants combats et ne voyant aucune issue au conflit s’empare de l’arme ultime, baptisée The Moment, et qu’il va déployer par désespoir, ne trouvant pas d’autre issue que d’anéantir Daleks et Gallifréens.
Tandis que l’interface de la machine destructrice se matérialise sous la forme de Rose version Bad Wolf, cette dernière va alors converser avec le Seigneur du Temps, questionnant son choix destructeur et ouvrant un vortex spacio-temporel vers le futur afin qu’il y voit ce qu’il deviendra après son acte et d’où tombe…un fez ( ?!), couvre-chef adoré du onzième Docteur.
Une apparition incongrue qui va être le déclencheur de la rencontre impossible entre trois incarnations du Docteur, le Docteur-guerrier, le onzième et le dixième que l’on retrouve faisant des mamours à Elisabeth 1er.

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Un face à face tripartite à la fois désopilant et emprunt d’une intense gravité qui va permettre de revenir sur le souvenir de cet acte terrible et fondateur du Docteur moderne et que la version guerrière n’a pas encore accompli.
Moffat, par le biais de la dixième incarnation utilise la version de la mythologie whovienne de Davies non pas pour une redéfinition complète mais pour agrémenter et densifier son propre récit.
Parallèlement à l’aventure des trois compagnons qui vont apprendre à utiliser la complémentarité que leur instaurent leurs différents âges, une invasion extra-terrestre se met en place par l’intermédiaire de la technologie Gallifréenne permettant de phaser des individus à l’intérieur d’un tableau en 3D. Les créatures en question ressurgissent du passé classique de la série puisqu’il s’agit des Zyglons, sorte de gloumoutes rouge à tentacules dotés de capacités métamorphiques. Ils vont prendre l’apparence de membres scientifiques ou de la direction de U.N.I.T afin de s’introduire dans la salle des archives secrètes pour faciliter leur conquête. Aidé par Clara, les Docteurs parviennent à remonter le fil de ce plan diabolique et débarquent au moment une bombe devant réduire à néant la ville entière de Londres pour empêcher l’invasion de la Terre a été enclenchée. Renvoyant alors au propre objectif de destruction du War-Doctor. La situation est alors soumise à négociations entre Zyglons et autorités terriennes mais cela intervient de manière un peu trop abrupte, d’autant que le résultat ne nous sera pas connu puisque l’on abandonne rapidement les lieux de la tension ainsi désamorcée pour retourner sur Gallifrey où le Docteur-guerrier s’apprête à appuyer sur le gros bouton rouge.

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Il est évident que Moffat reporte tout son intérêt sur son arc narratif principal discourant sur le choix du Docteur mais de fait laisse planer une impression d’inachevé, presque de déception. Un sentiment qui s’envole heureusement très vite grâce à un dernier acte de toute beauté où tension, émotion et exaltation se succèdent pour un final en grande pompe. Les femmes Clara et Rose-Bad Wolf sont évidement de la partie et jouent même un rôle primordial dans le renversement final. Alors que l’on supposait justement, après la fin de The Name of the Doctor, que cet épisode spécial serait consacré à l’affrontement du côté sombre du Docteur, à son acceptation pour enfin avancer, Moffat ne s’en contente pas et fait même beaucoup plus en lavant l’honneur de toutes les incarnations, en reconnaissant la dignité de chacune. Clara l’avait annoncé et elle y a grandement participé, le principal n’est pas ce qui défini un homme de bien, un héros, mais ce qu’il faut faire pour en devenir un. Après avoir redonné espoir à tant d’espèces et de personnes durant ses aventures, Moffat renvoie la pareille au Docteur. Et une fois encore, Moffat réussit l’exploit de modifier un point fixe de l’histoire (la disparition de Gallifrey) de manière logique et sublime en faisant intervenir toutes les incarnations du Docteur (avec même l’apparition fugace du successeur de Matt Smith) dans un final épique en termes d’action et de reconnaissance.

Un regard inconnu appelé à devenir familier.

Un regard inconnu appelé à devenir familier.

Malgré tout, il subsiste un doute, ont-il réussi ? La réponse est apportée par le conservateur du musée en qui nous reconnaissons la quatrième incarnation du Docteur, ce qui relancera les voyages du Docteur vers de nouveaux horizons. Soit la perspective de nouvelles aventures non plus marquées par le ressentiment, les regrets et la tristesse mais l’indéfectible espoir de retrouver un foyer.

Nicolas Zugasti

Doctor Who : The Day of the Doctor
Scénario : Steven Moffat
Réalisation : Nick Hurran
Production : Steven Moffat & Faith Pennale
Montage : Liana Del Giudice
Photo : Neville Kidd
Musique : Murray Gold
Interprètes: Matt Smith, Jenna Coleman, David Tennant, John Hurt, Tom Baker, Billie Pieper, Petar Capaldi…
Origine: Royaume-Uni

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Une réflexion sur “Doctor Who – The Day of the Doctor : Passés recomposés

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