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DW S08E05_Time HeistAprès le remarquable Listen la semaine dernière, forcément un épisode moins intense comme Time Heist souffre de la comparaison. Néanmoins, l’épisode recèle quelques joyeusetés et son rythme est soutenu, de quoi réjouir et maintenir l’intérêt. L’histoire commence sur les chapeaux de roue, car, alors que le Docteur tout en tentant de persuader Clara de partir en exploration est troublé par son rituel pour s’apprêter avant un nouveau rencard avec Daniel Pink, le téléphone extérieur du TARDIS résonne. Le Docteur s’empresse de décrocher en coupant court aux craintes de Clara qu’il va arriver quelquechose et évidemment il se passe quelquechose puisqu’on les retrouve immédiatement après autour d’une table avec deux autres personnes, tenant chacun un ver de mémoire (pour la première fois apparu dans l’épisode spécial Noël de la septième saison), créature dont le contact efface la mémoire à court terme. Plus intriguant encore, un enregistrement vocal du Docteur et de Clara énonce que cet effacement a été effectué de plein gré et en toute connaissance de cause ! Voilà pour les prémisses pré-générique. Il s’avère que nos deux héros et leurs deux compagnons d’infortune, Saibra, une mutante métamorphe qui prend l’apparence de la personne touchée, et Psy, un humain cybernétiquement modifié (il possède notamment des processeurs mémoriels) ont été choisis par le mystérieux Architecte pour cambrioler la banque Karabraxos réputée pour son universelle inviolabilité. Un défi d’autant plus compliqué qu’ils ne savent pas ce qu’ils doivent trouver à l’intérieur de l’établissement. Identité de l’Architecte, ellipse temporelle, but de leur casse, de multiples questions dont la résolution sera décisive pour la bonne réussite de l’opération. Sans compter sur le système de sécurité qui est une créature aux yeux extensibles capable de détecter la culpabilité et de transformer le cerveau des coupables en soupe. Si on devine assez rapidement qui se cache derrière la capuche de l’Architecte, l’épisode demeure intéressant. D’abord par son déroulement, les personnages devant progresser dans la banque en échappant à leurs poursuivants tout en découvrant la raison de leur présence. Et puis dans la façon qu’à Moffat d’étoffer le caractère de ce douzième Docteur.

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Il use ainsi du motif de la mémoire défaillante qui assaille le Docteur depuis le début de cette huitième saison pour en faire un élément clé de l’intrigue et souligner l’importance de se souvenir (de sa famille, ses proches, son histoire) comme raison primordiale pour continuer de vivre. Dans un récit où tout le monde a oublié des éléments primordiaux de son récent passé, il est comme un poisson dans l’eau et c’est naturellement lui qui mène la danse (et aussi parce qu’il a des sourcils impressionnants). Clara est ainsi mise en retrait mais conserve son attrait grâce à ses interactions avec Saibra et Psy. L’épisode rappelle par certains aspects The God Complex (épisode 11 de la sixième saison) et Hide (épisode 9 de la septième saison) mais manoeuvre plutôt habilement pour éviter tout sentiment de redite. The Teller, le « monstre » du jour traquant la culpabilité renvoie à un minotaure extra-terrestre mais son utilisation par Moffat et son co-scénariste Steve Thompson ne le cantonnera pas à une simple illustration mythologique dont le showrunner est friand puisqu’il sera également en quelquesorte le fil d’Ariane qui permettra au Docteur de s’extirper du labyrinthe de sa mémoire atrophiée. L’interprétation de Capaldi est toujours aussi bluffante et même estomaquante notamment lorsque face aux traitements réservés à d’autres personnages ou compagnons d’aventure il affiche un détachement professionnel qui sied à tout praticien. Mais peut être n’est-ce qu’une façade, un masque de plus, pour ne plus avoir à endurer les épreuves et douleurs passées.

Nicolas Zugasti

Doctor Who Saison 8 – épisode 05: Time Heist
Showrunner : Steven Moffat
Réalisation : Douglas Mackinnon
Scénario : Steve Thompson & Steven Moffat
Interprètes : Peter Capaldi, Jenna Coleman,
Montage : Selina Macarthur
Photo : Suzie Lavelle
Musique : Murray Gold
Origine: Royaume-Uni
Duréé : 45 mn
Diffusion BBC One: 20 septembre 2014

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