Home

Quand ils créent en 1996 ce qui allait devenir une franchise à succès, osant mêler à de véritables frissons d’horreur de l’humour et un regard aigu sur le cinéma, Wes Craven et son scénariste Kevin Williamson étaient partis sur l’idée d’une trilogie. Avec Scream 3 (2000), le cycle semblait bouclé et l’héroïne, Sidney (Neve Campbell), se retrouvait confrontée au cauchemar de la mort de sa mère, survenue un an avant les événements racontés dans le premier Scream.

Or, le succès aidant, voici que Craven et Williamson se retrouvent aux crédits de Scream 4, ou Scre4m, en 2011. Il sera le dernier film mis en scène par le cinéaste et il ressort chez M6 Vidéo en 4K Ultra HD + Blu-ray (boîtier Steelbook). Comme d’habitude, ce quatrième épisode fait le va-et-vient entre un véritable film d’horreur qui fait peur et un regard distancié qui décortique les recettes du produit. Dès Scream 2, Craven osait avouer qu’il ne croyait pas aux suites et qu’elles étaient en principe toutes ratées, y compris celles des Griffes de la nuit — alors qu’après ce film, qu’il avait réalisé en 1984, il avait lui-même tourné l’une des nombreuses séquelles, Freddy sort la nuit, en 1994. Exceptions faites, expliquait un personnage cinéphile, toutefois, de Terminator 2 et Le Parrain 2. Ce en quoi on ne saurait lui donner tort.

Le peu sympathique Ghostface

Dès le départ de Scream 4, Craven et Williamson jouent sur le parallélisme entre la série des Scream et celle des Stab, films qui sont, dans le scénario, inspirés par les meurtres de Ghostface. Car ce dernier, inquiétant personnage en tunique noire et au masque terrifiant, est toujours présent et continue de massacrer. Au début de Scream 4, il est question d’un Stab 7, c’est dire si Craven n’est pas dupe de cette façon qu’ont les studios hollywoodiens de transformer en franchises les films qui fonctionnent auprès du public. Et d’ailleurs, puisque Craven ne cesse de s’amuser, il attribue à Robert Rodriguez la paternité du premier Stab, sans doute parce que ce dernier a tourné The Faculty d’après un scénario de… Kevin Williamson.

Sidney revient donc à Woodsboro, la ville où tout a commencé, pour la sortie de son livre. Elle y retrouve Dewey (David Arquette), devenu shérif, et Gale (Courteney Cox), la journaliste qui a épousé Dewey. Et, on s’y attendait, les meurtres reprennent avec leur rituel du coup de téléphone : « Devine qui t’appelle ? » ou « Quel est ton film d’horreur préféré ? ».

Neve Campbell

Et, bien évidemment, tout au long du film, on rit et on frissonne. Et souvent, on rit pour un peu moins frissonner. C’est que Scream est une série intelligente qui a la grande idée de ne pas se prendre au sérieux tout en réussissant à créer chez le spectateur ce plaisir d’avoir peur inhérent au genre, auquel s’ajoute une véritable critique des recettes du film horrifique. Et non content de s’amuser du système hollywoodien, les Scream critiquent également la société au sein de laquelle nous évoluons. C’est ainsi que l’on entend, dans Scream 4 : « Comment devenir célèbre, aujourd’hui ? Pas par la réussite… On est tous sur Internet ! »

« Un remake, est-il dit, doit dépasser l’original. » Si le premier Scream est un modèle, les films suivants, tel Scream 4, restent à un niveau très haut. La force de tous les épisodes est d’à chaque fois surprendre, déjà avec l’identité du tueur. Et d’offrir quelques dialogues percutants devenus cultes. Un exemple ? « Ma propre mère a dû mourir, ce n’est pas une grande perte ! »

Jean-Charles Lemeunier

Scream 4
Année : 2011
Origine : États-Unis
Réal. : Wes Craven
Scén. : Kevin Williamson
Photo : Peter Deming
Musique : Marco Beltrami
Montage : Peter McNulty
Durée : 111 min
Avec Neve Campbell, David Arquette, Couteney Cox, Emma Roberts, hayden Panettiere, Nico Tortorella, Rory Culkin, Erik Knudsen, Marley Shelton, Alison Brie…

Sortie en 4K Ultra HD + Blu-ray (boîtier SteelBook) par M6 Vidéo le 9 juin 2026.

Laisser un commentaire