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Amateurs de blockbusters, passez votre chemin, ce film n’est définitivement pas pour vous. Qu’on s’entende bien : Spirits of the Air, Gremlins of the Clouds (1989) de l’Australien Alex Proyas, que Le Chat qui fume sort en Blu-ray et DVD dans une belle édition limitée, ne comporte aucune explosion, pas de musique endiablée rythmant des séquences d’action, pas de courses effrénées, de bagarres, de braquages et encore moins de sauvetage de l’humanité. Non, quelque chose de pire que tout cela s’est déjà produit et le film se place après. Dans un désert où deux personnages établis là en rencontrent un troisième. Et c’est beau. D’un esthétisme frisant la correctionnelle tellement il vous couple le souffle. Lent aussi, sinon comment décrire la survie de trois individus au milieu de nulle part mais qui n’ont pas pour autant laissé tomber la petite part de rêve qui subsiste en eux.

Vous avez là Betty (Rhys Davis, créditée Melissa Davis), aux coiffures et maquillages mythologiques, qui passe son temps à jouer dehors, face au vide, d’un curieux instrument qui ressemble à l’erhu chinois mais en beaucoup plus grand. Son frère Félix (Michael Lake), cloué sur son fauteuil, ne cesse de rêver en attendant la mort, de sublimer un envol grâce aux engins qu’il invente. Lui qui ne pourra plus être un merveilleux fou volant passe son temps à créer de drôles de machines. Il y a enfin cet étranger, Smith (Norman Boyd), qui arrive à pied d’un ailleurs improbable et veut en atteindre un autre en franchissant des montagnes infranchissables.

Plus que les humains, couleurs et objets forment l’intérêt du film : le ciel bleu, le sable ocre, le bois des baraques, ces croix qui se dressent un peu partout ou ces voitures plantées verticalement. Tout au long de ce film, on pourra imaginer ce que l’on veut : que l’humain tente d’échapper à la mort ou de s’arracher à sa condition.

Si le nom d’Alex Proyas réveille quelques souvenirs, c’est qu’il s’est fait connaître dans les années quatre-vingt dix par deux films de science-fiction, The Crow avec Brandon Lee — le fils de Bruce Lee, décédé accidentellement sur le tournage — et Dark City avec Kiefer Sutherland et William Hurt. On lui doit encore I, Robot avec Will Smith en 2004, Prédictions avec Nicholas Cage en 2009 et, en 2016, Gods of Egypt avec Gerald Butler et Nikolaj Coster-Waldau (le Jame Lannister de Game of Thrones).

Spirits of the Air, Gremlins of the Clouds est donc le premier film de Proyas. Film prometteur s’il en est, dans lequel le soin apporté aux images annonce ce qu’il fera par la suite. « C’est quelque chose d’unique » commente laconiquement l’actrice Rhys Davis dans un bonus du disque. Oui, sacrément unique et on ne pourra lui donner tort.

Jean-Charles Lemeunier

Spirits of the Air, Gremlins of the Clouds
Année : 1987, sorti en 1989
Origine : Australie
Réal., scén. : Alex Proyas
Photo : David Knaus
Musique : Peter Miller
Montage : Craig Wood
Durée : 96 min
Avec Michael Lake, Melissa Davis, Norman Boyd

Sortie en Blu-ray et DVD par Le Chat qui fume en décembre 2020.

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