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Poursuivant ses excavations dans les caves de la Republic Pictures à la découverte de trésors cachés, Bach Films vient de mettre en vente Commando Cody. Un nom qui ne dit quasiment rien chez nous mais un personnage qui a inspiré, l’air de rien, les créateurs de Star Wars, notamment avec Jango Fett et Bobba Fett. Du moins au niveau du costume. Et n’est-ce pas Jango Fett qui se définissait comme « un homme simple essayant de faire son chemin dans l’univers » ? Et bien, Commando Cody, c’est pareil !

 

 

Qui est donc ce Commando Cody ? Un Terrien d’un futur très proche — la série date de 1955 —, masqué pour ne pas qu’on le reconnaisse (ne souriez pas) et capable de se propulser dans les airs grâce à deux petites fusées placées dans son dos et à un casque intégral. C’est surtout, comme il est indiqué dans chacun des épisodes, un Sky Marshal of the Universe. Ce qui pète, reconnaissons-le !

 

 

Ce justicier du cosmos est né dans le serial Republic Radar Men from the Moon (1952), avec 12 épisodes réalisés par Fred C. Brannon, un vieux soutier du genre. Tout à la fois scientifique et costaud des épinettes, Commando Cody va déjouer les plans d’un méchant logé sur la Lune qui veut écraser la Terre sous sa botte. On le trouve en DVD chez Bach Films. Raison de plus pour l’éditeur qui nous a déjà réservé de belles surprises de sortir la suite, ces 12 nouveaux épisodes de Commando Cody, toujours écrits par Ronald Davidson et, le temps de trois épisodes, par Barry Shipman. Fred Brannon a le temps de diriger trois épisodes avant de mourir, le reste portant la signature du producteur Franklin Adreon et de Harry Keller, plutôt spécialiste des westerns chez Republic.

Et là, nous sommes en droit de nous questionner. D’ordinaire, les serials sont réalisés par un ou plus souvent deux bonhommes, l’un se chargeant des séquences de baston et l’autre de celles dialoguées. Souvent, le scénario n’est dû qu’à une seule plume. Et — c’est sans doute là la plus grande différence avec un serial habituel —, chacun des épisodes s’achève sur un moment de fort suspense, le fameux cliffhanger, laissant le héros aux portes de la mort, pour mieux le voir débarquer triomphant dans l’épisode suivant. Ici, dans Commando Cody, aucun cliffhanger ne nous laisse le cœur au bord des lèvres, chaque épisode se terminant. Comme dans une série télévisée. Ce qu’est finalement Commando Cody. Produit pour la télévision, Republic change son fusil, ou plutôt sa fusée d’épaule et sort le feuilleton en salles avant de le refiler au petit écran.

 

 

Ce que l’on remarque d’entrée, à la vision de Commando Cody, ce sont les effets spéciaux, dus aux talents conjugués des frères Howard et Theodore Lydecker. Vraiment des mecs doués qui ne rendent jamais ridicule le petit père Cody lorsqu’il se prend à voler dans les airs. Ensuite, la série veut appliquer le cahier des charges inhérent aux serials mais, finalement, l’atténue. Ainsi, dans le premier épisode, Ennemis de l’Univers, la première bagarre entre le gentil et les méchants (stéréotype des serials) survient après 11 minutes. Ensuite, elles seront moins systématiques, moins longues que d’habitude.

 

 

Le plus appréciable dans ce genre de serial/série, c’est l’aplomb et le sérieux avec lequel on nous présente les situations les plus incroyables. Bon, le spectateur a finalement compris que le grand méchant, qu’on appelle The Ruler (le Régent), vit sur Vénus (les Shocking Blue ne s’en sont pas remis). Il est incarné par Gregory Gaye, spécialiste des rôles infréquentables, souvent des nazis, comme dans Casablanca, ou un Martien qui veut envahir la Terre dans Flying Disc Man from Mars. Reste à voir maintenant, d’épisode en épisode, ce que le Régent va inventer pour casser les pieds et les fusées de Commando. Dans le deuxième épisode, Péril atomique, il envoie un de ses sbires sur notre planète. J’ai oublié de préciser que le Régent parle l’anglais mieux que vous et moi (en tout cas que moi) parce qu’il est capable de tout parler et que ses hommes de main sont aussi doués. Sacrés Vénusiens ! Donc, un extra-terrestre débarque chez nous, qui s’appelle Lenato (Stanley Waxman) et qui doit avoir un père italien. Il porte le vêtement un peu ridicule qu’ont tous les aliens de la série, genre de tunique médiévale avec un casque à écailles. Sur Terre, il est réceptionné par un humain qui travaille pour le Régent, un médecin incarné par Peter Brocco, et qui lui demande, pour passer inaperçu, de se couvrir d’un imperméable. Ce que fait Lenato, qui garde malgré tout dans le plan son casque à écailles. Pour passer inaperçu, il y a mieux !

 

 

L’air de rien, en 1955, les scénarios se préoccupent beaucoup plus des variations climatiques que ne le fait Trump à l’heure actuelle. Dans Les cavaliers solaires, le méchant Régent s’amuse à multiplier les soleils, d’où chaleur intense et sécheresse et impossibilité de produire quoi que ce soit à manger. La Terre est perdue. Ou du moins le serait sans Commando Cody et ses deux assistants. Dans SOS ère glaciaire, c’est le contraire et voilà les glaces qui recouvrent tout. La Terre est perdue. Ou du moins le serait sans Commando Cody et ses deux assistants. C’est comme si le Régent, mais c’est bien sûr le regard que l’on peut porter aujourd’hui et qui n’est pas inscrit dans les épisodes, devenait le symbole de cette irresponsabilité politique qui précipite le monde dans le chaos.

Ajoutons enfin que les premières notes de la musique de Stanley Wilson — celle qui accompagne le menu du double DVD — font penser à celles qui annoncent Dark Vador dans la fameuse Imperial March. Certes Wilson a travaillé sur la série M Squad avec une quantité de compositeurs dont le (alors) jeune John Williams. Ce dernier a-t-il voulu lui rendre hommage à travers quelques notes ? C’est possible.

Jean-Charles Lemeunier

Commando Cody
Année : 1955
Titre original : Commando Cody: Sky Marshal of the Universe
Origine : États-Unis
Réal. : Fred C. Brannon, Harry Keller, Franklin Adreon
Scénario : Ronald Davidson, Barry Shipman
Photo : Bud Thackery
Musique : Stanley Wilson
Montage : Cliff Bell Sr, Harold Minter
Effets spéciaux : Howard et Theodore Lydecker
Prod. : Franklin Adreon
Durée : 12 épisodes
Avec Judd Holdren, Aline Towne, Gregory Gaye, Craig Kelly, Dale Van Sickel, Lyle Talbot, William Schallert, Peter Brocco, Denver Pyle…

Commando Cody, sorti en double DVD chez Bach Films le 20 novembre 2017.

 

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