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Le western n’a jamais été un genre moribond et a certainement présenté plus d’un âge d’or, n’en déplaisent aux puristes. Lorsque ce type de films n’avait plus trop la côte, il s’en produisait toujours et encore, et si ce n’était au cinéma, on le retrouvait à la télévision. Alors, peut-être, oui, que la fin des années 70 et une bonne partie des années 80 n’ont pas été le soleil d’Austerlitz de la féconde saga westernienne. En 1980, au hasard, sortaient pourtant La Porte du paradis, Le Gang des frères James, Tom Horn et La Fureur sauvage qui nous intéresse présentement. Que du bon.
Synopsis : En 1830, dans les montagnes Rocheuses, les indiens, les chasseurs et les trappeurs vivent en paix et en harmonie. Deux trappeurs, Bill Tyler et Henry Trapp, font la rencontre d’une indienne prénommée Moineau Bleu. Celle-ci s’éprend de Bill et décide de les suivre. Mais sa tribu n’apprécie pas, OEil d’Aigle et les siens poursuivent alors les deux trappeurs et la jeune indienne.


L’originalité du film de Richard Lang (bien plus un téléaste qu’un cinéaste) est tout d’abord de mettre en vedettes deux vieux de la vieille usinant alors depuis une bonne trentaine d’années, Brian Keith et Charlton Heston, dont vous avez peut-être entendu parler (Keith, qui se fait ici à moitié scalpé, vivait la même mésaventure, enfin, son personnage, dans The Deadly Companions (New Mexico), le premier film de Sam Peckinpah, en 1961).
En second lieu, le long-métrage s’impose comme un héritier de classiques comme Jeremiah Johnson, Le Convoi sauvage et Un Homme nommé Cheval, une sous-catégorie friande à présenter coureurs des bois, aventuriers, chasseurs, trappeurs Français ou de langue anglaise, ces mountain men du titre original, la plupart préférant cette vie de demi-solitude, de dangers mais de liberté aux mirages de la vie « moderne », à l’esprit pionnier des premières caravanes qu’ils croisent sans s’attarder plus que le temps d’échanger quelques propos, des peaux de castors et de l’alcool. La Frontière, ils la vivent, ils ne la cherche pas. Un type d’œuvres brièvement remisent au goût du jour par The Revenant.

On retrouve ici nombres occurrences, thèmes et stéréotypes : la nature, aussi belle que potentiellement hostile, les étendues neigeuses ou arides, les contrées vierges ou quasi-vierges des empreintes de l’homme blanc (l’histoire se déroule en 1830, dans le Wyoming), une belle « sauvage » qui tient tête aux hommes mais sera fidèle au Blanc (quel tombeur ce Heston) qui saura la dompter, des membres de tribus peaux-rouges, tantôt brutaux et avides de sang, tantôt faisant preuve d’humour et d’une humanité certaine, au même titre que leurs pâles antagonistes. Ils sont toujours montrés de manière relativement réaliste (bien que joués par des non-amérindiens et que le terme squaw soit plutôt insultant), à savoir qu’il ne s’agit pas là particulièrement d’un western pro-natives (mais certainement pas anti), qu’ils sont décrits aussi cruels que déjà pressentant presque avec désespoir leur disparition future via la constatation d’un gibier diminuant dangereusement et les ravages de la variole, cadeaux des visages pâles. C’est particulièrement le cas chez les Pieds-Noirs (les Blackfeet), pourtant les plus violent à l’écran et ennemis des Crows, visiblement plus pacifistes (et dont le vieux chef de 110 ans porte un haut d’armure de conquérant espagnol). Leurs affrontements ne sont pas la moindre des originalités décrites.

Pris entre deux feux, nos deux trappeurs ont fort à faire. À signaler également, surtout dans le premier tiers du métrage, un ton décalé mais un scénario historiquement documenté, à l’image de ce grand village provisoire mélangeant camp Crow, comptoirs de commerce, rendez-vous de trappeurs, tentes-tavernes, bordels ambulants, mon tout dans une ambiance de défoulement alcoolisé où tous se mélangent sans s’entre-tuer même si se bagarrant occasionnellement dans l’hilarité générale. Une séquence à la fois curieuse et forte, en fait comme l’ensemble de ce film scénarisé par un jeunot de 25 ans, Fraser Heston, le fils à son papa.

Laurent Hellebé

 

THE MOUNTAIN MEN
Réalisateur : Richard Lang
Scénario : Fraser C. Heston
Production : Andrew Scheinman, Martin Shafer, Richard R. St-Johns, Cathleen Summers
Photo : Michel Hugo
Montage : Eva Ruggiero
Bande originale : Michel Legrand
O
rigine : Etats-Unis
Durée : 1h42
Sortie française : 17 septembre 1980


Disponible en DVD et Blu-ray chez Sidonis/Calysta depuis le 18 juillet 2017

 

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