Home

Amateurs du cinéma de la Cannon, réjouissez-vous car depuis fin mars vous pouvez trouvez à la vente l’excellente trilogie ninja, une œuvre essentielle qui fit accéder le fameux studio américain à une renommée internationale. Ressortis dans des copies magnifiques, les trois films qui composent ce coffret possèdent encore le charme des productions bis, fauchées mais inventives, qui envahirent le marché – et notamment celui des vidéo-clubs – au début des années quatre-vingt.

L’Implacable Ninja


Après avoir terminé une formation de ninja, Cole rend visite à son ancien frère d’armes Frank Landers, qui possède une ferme aux Philippines. Ce dernier refuse de vendre sa propriété à un groupe de gangsters locaux et va solliciter l’aide de son ami pour résoudre le conflit qui se profile. Jusqu’à l’arrivée d’un ninja qui n’est autre que l’ancien frère d’arme de Cole….

Producteur et cinéaste compétent, Menahem Golan profite, à la fin des années soixante-dix, de la soudaine exploitation des œuvres asiatiques pour mettre en place la réalisation d’une œuvre efficace et basée sur l’un des fondements de la mythologie nippone : le ninja. Membre d’une société secrète, cet expert du combat, ce tueur implacable et froid possède ainsi toutes les qualités intrinsèques lui permettant de devenir instantanément une icône cinématographique. Premier film de ce genre produit par la Cannon, L’Implacable Ninja est le précurseur de bon nombre d’ersatz dont la plupart, à cause de leur budget famélique, ne resteront pas dans la mémoire collective. Disposant de moyens financiers conséquents, le film de Golan possède, pour sa part, quelques qualités : intrigue rappelant les westerns hollywoodiens des années cinquante, réalisation soignée sans être ostentatoire, musique typique des années quatre-vingt mais bien intégré,… L’Implacable Ninja constitue au final un excellent divertissement malgré un casting qui laisse le spectateur dubitatif. Voir, notamment, le moustachu et ventripotent Franco Nero, torse nu, s’entraîner au nunchaku peut provoquer immédiatement des éclats de rire involontaire. Mal employé et visiblement plus intéressé par le cachet que par le récit, le mythique acteur italien trouve certainement dans ce long-métrage exotique l’un des pires rôles de sa carrière. Doublé, grâce à un artifice costumier, dans la plupart des scènes de combat, Nero délivre le strict minimum dans les rares scènes émotives où son talent aurait du apparaître. Alors, inévitablement, la vraie star de L’Implacable Ninja n’est pas l’ancien interprète de Django. Dans le rôle de son ennemi japonais, l’impeccable Sho Kosugi, véritable expert en arts martiaux, crève émerge au grand jour et vient s’imposer instantanément aux yeux du public international pour devenir, par la suite, la vraie star du genre. Et logiquement, il devient, trois années plus tard, « la » star de Ultime violence – ou Ninja 2 – une fausse suite qui tente maladroitement de poursuivre l’œuvre originale.

Ultime violence



Après que leur famille ait été exterminée par des Ninjas, Cho et son fils, décident d’immigrer aux États-Unis pour y recommencer un nouvelle vie. Mais Cho découvre bientôt la trahison de son meilleur ami qui l’a impliqué malgré lui dans un trafic de drogue. Il va devoir se préparer pour l’ultime bataille qui en découle…

Présentant des combats nettement mieux maîtrisés que son prédécesseur, Ultime violence bénéficie en plus de la présence derrière la caméra de l’intéressant Sam Firstenberg, le cinéaste responsable des films de la série American Warrior avec Michael Dudikoff. A l’aise, malgré son budget ridicule, Firstenberg délivre une œuvre rythmée et efficace dont le point d’orgue est le combat final – qui dure tout de même plus d’une dizaine de minutes – entre le bon et le gentil de l’histoire. Handicapé par un casting composé d’acteur surinterprétant les stéréotypes de leurs personnages, Ultime violence est également limité par la présence d’un gamin, aux capacités martiales certes apparentes, mais qui impose un ton infantile dispensable dans ce genre de production. Un ton qui demeure, de plus, en totale inadéquation avec l’atmosphère sombre de ce long-métrage oscillant entre action et scène de combat. Parsemé d’une touche érotique, le film de Firstenberg arrive toutefois à intégrer la figure du ninja dans le monde occidental en transformant une ville américaine en immense terrain de combat. Les décors constitués de grands immeubles, de longues avenues ou de parcs intra-muros, deviennent ainsi éléments des combats violents qui s’amènent. Alors, malgré quelques défauts, ce long-métrage suit, certes maladroitement, les traces de son aîné pour devenir, finalement, l’œuvre la plus intéressante de la trilogie, loin devant la dernière partie de cette trilogie.

Ninja 3



Une femme, employée des télécommunications et passionnée d’aérobic, vient en aide à un assassin ninja plutôt efficace. Malheureusement il meurt devant ses yeux en lui léguant son sabre. Celle-ci se révèle possédée par un esprit conférant des pouvoirs d’assassins à son nouveau propriétaire.

Réunissant dans un même long-métrage deux courants alors à la mode – un film de possession couplé à un autre de ninja – les producteurs de la Cannon réussirent, en 1984, un fameux coup. Acteur mauvais, effets spéciaux ratés et histoire complètement stupide ; Ninja 3 n’est pas, on l’aura compris, le meilleur film de cet indispensable coffret mais il réserve néanmoins des moments purement nanardesques et extrêmement jouissifs qui forcent le respect. Entrecoupé de scène d’aérobic – sport à la mode au milieu des années quatre-vingt y compris en dehors des States – ce film sans liant et volontairement foutraque dispose de moments cultes qui culminent dans l’assassinat d’un policier, qui dispute une partie de billard, cigare au bec, en tee-shirt et en caleçon mais avec ses bottes réglementaire…Bref, un grand moment de n’importe quoi, de « foutraquerie » filmique et scénaristique qui impose néanmoins l’intérêt de l’aficionado du genre et qui dénote avec le sérieux assumé de ces deux prédécesseurs.

Fabrice Simon

Le coffret Trilogie Ninja est disponible depuis le 28 mars 2017 chez ESC Editions

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s