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Nicole Kidman lors du 65e festival. Pour cette 70e édition, elle sera présente dans trois films et la série de Jane Campion, Top of the Lake (Photo JCL)

Qu’est-ce qui pousse, depuis maintenant plusieurs années, les journalistes à fouiller les entrailles de poulets dévorés sur la Croisette afin d’annoncer avant les sélectionneurs eux-mêmes de quoi sera fait le prochain festival de Cannes ? À annoncer, à la façon d’une course hippique, quel canasson (lisez quel cinéaste) aura la meilleure cote pour participer au Grand Prix ? À regarder de face et sans lunettes protectrices le soleil qui donna son nom à une célèbre pythie afin de livrer une liste potentielle des films qui pourraient être en compétition, liste que l’on peut aussi se procurer, et sans s’éblouir, en regardant de près les prévisions de sorties ?
Comme les commentateurs politiques au moment d’élections, les critiques de cinéma adorent lire dans le marc de café et annoncer des titres qui, pour certains, seront retenus et leur fera dire « Vous avez vu comme on est fort ? ». Qui, pour d’autres, seront écartés et les plongeront dans les délices de la déception, se sentant meilleur sélectionneur que le sélectionneur lui-même.
Tout ça pour en venir à la sélection officielle du 70e festival de Cannes, que viennent de dévoiler hier Thierry Frémaux et Pierre Lescure. Dans laquelle on retrouve quelques-uns des noms cités (Arnaud Despléchin qui fera l’ouverture, Michael Haneke, Sofia Coppola, Michel Hazanavicius, Todd Haynes, François Ozon, etc.) et dans laquelle ne se trouvent pas beaucoup d’autres également espérés par la presse : Polanski, Kechiche, Téchiné, Payne, Clooney, Nemes, Reygadas, Guédiguian, Wenders, Besson, Nolan, Villeneuve et quelques autres encore.


Les œuvres choisies sont donc signées de grands noms du cinéma et d’auteurs moins connus, avec un bel équilibre entre les pays d’origine (France, États-Unis, Asie, pays de l’Est, Europe, Amérique du sud, encore que le président du jury Pedro Almodovar regrettera forcément l’absence de films espagnols). Elles ont surtout le don de nous mettre, comme chaque année, l’eau à la bouche. Parce que Cannes, dans l’esprit des connaisseurs, c’est tout à la fois un nombre incalculable de films avalés bout à bout, du soleil entre deux séances, les retrouvailles avec des amis, des files d’attente interminables qui vous permettent de (re)lire les sept tomes d’À la recherche du temps perdu, quelques soirées arrosées, des célébrités aperçues de (très) loin — car on a de plus en plus de mal, y compris avec son accréditation, à croiser ces gens-là —, des séances de minuit mémorables… Et que, contrairement à l’auteur de l’ouvrage précédemment cité, pendant dix jours, on se couche rarement de bonne heure. Donc, oui, cette sélection me met l’eau à la bouche. Vu qu’elle sera, contrairement à tous les pronostiqueurs, sous le soleil exactement.

Jean-Charles Lemeunier

La sélection 2017

In the Fade (Aus dem Nichts) de Fatih Akın – Allemagne
The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach – États-Unis
120 battements par minute de Robin Campillo- France
Les proies (The Beguiled) de Sofia Coppola – États-Unis
Rodin de Jacques Doillon – France
Happy End de Michael Haneke – Autriche
Wonderstruck de Todd Haynes – États-Unis
Le Redoutable de Michel Hazanavicius – France
Okja de Bong Joon-ho – Corée du Sud
Radiance (Hikari) de Naomi Kawase – Japon
Mise à mort du cerf sacré (The Killing of a Sacred Deer) de Yórgos Lánthimos – Grèce
A Gentle Creature de Sergei Loznitsa – Ukraine
Jupiter’s Moon (Felesleges ember) de Kornél Mundruczó – Hongrie
L’amant double de François Ozon – France
You Were Never Really Here de Lynne Ramsay – Royaume-Uni
Good Time de Benny et Josh Safdie – États-Unis
The Day After (Geu-Hu) de Hong Sang-soo – Corée du Sud
Loveless (Nelyubov) d’Andreï Zviaguintsev – Russie

Hors compétition
Les fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin (film d’ouverture) – France
Blade of the Immortal (Mugen Non Junin) de Takashi Miike – Japon, Royaume-Uni
How to Talk to Girls at Parties de John Cameron Mitchell – Royaume-Uni, États-Unis
Visages, villages d’Agnès Varda et JR – France

Séances de minuit
The Villainess (Ak-Nyeo) de Jung Byung-gil – Corée du Sud
The Merciless (Bulhadang) de Byun Sung-hyun – Corée du Sud
Prayer Before Dawn de Jean-Stéphane Sauvaire – Royaume-Uni, France

Séances spéciales
An Inconvenient Sequel de Bonni Cohen, Jon Shenk – États-Unis
12 jours de Raymond Depardon – France
They d’Anahita Ghazvinizadeh – États-Unis, Qatar
La caméra de Claire de Hong Sang-soo – France, Corée du Sud
Promised Land d’Eugene Jarecki – États-Unis
Napalm de Claude Lanzmann – France
Demons in Paradise de Jude Ratman – États-Unis
Sea Sorrow de Vanessa Redgrave – Royaume-Uni

Sélection Un Certain Regard
Barbara de Mathieu Amalric (film d’ouverture) – France
La fiancée du désert (La novia del desierto) de Cecilia Atan et Valeria Pivato – Argentine, Chili
Étroitesse (Tesnota) de Kantemir Balagov – Singapour
La Belle et la meute (Aala kaf ifrit) de Kaouther Ben Hania – Tunisie
L’atelier de Laurent Cantet – France
Lucky (Fortunata) de Sergio Castellitto – Italie
Las hijas de Abril de Michel Franco – Mexique
Western de Valeska Grisebach – Allemagne, Bulgarie, Autriche
Directions (Posoki) de Stefan Komandarev – Bulgarie, Allemagne
Out de Gyorgy Kristof – Slovaquie, États-Unis
Before We Vanish (Sanpo suru Shinryakusha) de Kiyoshi Kurosawa – Japon
En attendant les hirondelles  de Karim Moussaoui – France
Dregs (Lerd) de Mohammad Rasoulof – Iran
Jeune femme de Léonor Serraille – France
Wind River de Taylor Sheridan – États-Unis
Après la guerre d’Annarita Zambrano – France

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