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Tim Robbins salle

 

Quelles images le public lyonnais gardera-t-il de la venue dans sa ville de Tim Robbins ? De nombreuses et de très chaleureuses ! Invité du festival Les Nuits de Fourvière entre le 2 et le 5 juin, l’acteur et cinéaste américain a démontré qu’il partageait également ses dons artistiques avec la mise en scène théâtrale et la musique, lui qui écrit, compose et interprète des chansons folk-rock.

Entre deux soirées du Songe d’une nuit d’été à Fourvière, qu’il a dirigé mais non interprété, Tim Robbins est venu faire un petit tour à l’Institut Lumière, où il était accueilli par le directeur Thierry Frémaux. Robbins y a présenté sa deuxième réalisation pour le cinéma, Dead Man Walking (1995). Occasion pour lui d’évoquer Robert Altman, avec qui il a tourné The Player, ou son premier film comme auteur, le génial Bob Roberts (les deux ont été présentés au festival de Cannes 1992, le premier en sélection officielle et le second à la Quinzaine des Réalisateurs).

D’Altman, le grand Tim dit qu’il était « son héros », « a beautiful man, beautiful director ». Il ajoute que l’auteur de M*A*S*H* était en outre le parrain de son fils. Quant à Bob Roberts, il y compose l’image d’un folk singer qui entre en politique, sorte de Bob Dylan d’extrême droite – Robbins reprend d’ailleurs dans le film, avec Wall Street Rap, l’idée du clip de Subterranean Homesick Blues, avec les paroles de la chanson écrites sur des feuilles qu’il jette au fur et à mesure .

« Bob Roberts est un politique qui utilise la musique en la corrompant. Il n’était pas de mon bord politique. J’ai l’image de quelqu’un d’engagé et je l’étais. Puis, il y a dix ans, j’ai moins envisagé de tout changer mais seulement de changer ce qu’on pouvait. J’ai une organisation caritative, on travaille avec les prisonniers et dans des endroits où l’art a complètement été éliminé. Il ne me reste pas beaucoup de temps et je veux pouvoir faire cela. »

 

Tim Robbins

 

Sur son travail au cinéma, il avoue avoir « perdu le goût des grosses productions ». « Je suis entouré de gens créatifs qui me permettent de travailler. Il y a deux ans, j’ai refusé quatre projets avec beaucoup d’argent. Chaque fois, on me demandait de jouer un agent de la CIA. Je n’ai pas envie de travailler trop. La question n’est pas de travailler beaucoup mais de travailler bien. Sauf si vous faites ce métier pour de l’argent. Mon mode de vie est assez simple avec rien d’extravagant. »

Sur le choix de ses scripts, il préfère les refuser quand « la violence est là pour le fun ». Le meilleur exemple réside dans A Perfect Day de l’Espagnol Fernando Leon de Aranoa, montré cette année à Cannes à la Quinzaine, dans lequel Tim incarne un sympathique baroudeur humanitaire bourru et rempli d’humour. Un peu barré aussi. Un personnage haut en couleurs qui apporte beaucoup à ce film qui démonte l’absurdité des guerres.

Tim Robbins en vient à Dead Man Walking, né d’une lecture de sa compagne d’alors, Susan Sarandon. « Elle a rencontré l’auteur du livre, Sister Helen Prejean. Cela m’a pris du temps d’entrer dans le sujet car je travaillais sur un autre film. Quand je m’y suis mis, c’est allé très vite. J’ai ensuite adapté l’histoire pour le théâtre, avec l’autorisation de Sister Helen. J’ai donné les droits en imposant une obligation : quand le département théâtre d’une université montait la pièce, il devait collaborer avec d’autres départements, sociologie et droit par exemple, pour qu’ils réfléchissent ensemble sur la question de la peine de mort. »

Curieusement, malgré la réputation du film, Dead Man Walking n’est pas un film contre la peine de mort mais plutôt sur le pardon. Comment pardonner un criminel qui a massacré un jeune couple d’amoureux, y compris quand on est religieuse, comme l’est Susan Sarandon dans le film ?

« J’ai foi en l’homme, ajoute Tim Robbins, et c’est pour cela que j’ai monté Le songe d’une nuit d’été. »

Fan absolu de Bruce Springsteen, Thierry Frémaux ne peut s’empêcher de questionner Robbins sur la participation du chanteur à Dead Man Walking, aidé par un spectateur dans la salle.

« J’avais rencontré Springsteen quelques années avant et il a écrit cette incroyablement belle chanson. C’est un grand homme impliqué dans les causes sociales et je suis honoré de le connaître. Il est venu quand je montais le film et a été très ému. Il a décidé d’écrire la chanson Dead Man Walking. Il est toujours en accord avec ce qu’il pense et la vie qu’il mène. »

 

Tim Robbins plaque

 

Après avoir dévoilé sa plaque sur le fameux mur des célébrités de la rue du Premier-Film – et Tim y est sacrément bien entouré -, l’acteur-réalisateur est retourné à Fourvière pour venir saluer le public à l’issue de la représentation du Songe d’une nuit d’été.

Deux soirs après, Tim Robbins revenait à Fourvière pour chanter, entouré de son groupe all-stars : le guitariste Chris Spedding (accompagnateur de Paul McCartney et Tom Waits), le bassiste Rory McFarlane (Marianne Faithfull, Damon Albarn), le frère de Brian Eno, Roger Eno, aux claviers, le trompettiste Noel Langley (Radiohead, Massive Attack, Amy Winehouse), le batteur Martyn Barker (plus habitué aux chanteurs français tels Bashung ou Dominique A) et le propre fils de Tim Robbins et Susan Sarandon, Miles Robbins. Lequel était reconnaissable à sa très longue chevelure.

Le grand Tim et son groupe aiment ce qu’ils jouent et leur plaisir est communicatif. Toutes ces belles mélodies folk, parfois rock, quelquefois jazzy, ont conquis le public. Avec un répertoire où se mêlaient des compositions de Tim Robbins et des reprises, qu’elles soient de Pete Seeger ou de son père Gil Robbins, lui-même célèbre folk singer des années soixante et membre du groupe The Highwaymen (« Il a été ma première intoxication », assurait Tim). Reprise encore à la fin du concert avec le superbe What a Little Moonlight Can Do, immortalisé par Billie Holiday.

Cette prestation intimiste et chaleureuse qui se déroulait dans le petit Odéon de Fourvière a permis au public de venir danser dans la fosse, rapidement rejoint par Tim Robbins et ses grands sauts, puis par les choristes qui se mirent à faire la chenille. Comme si l’on avait participé à un mariage ou une bar mitzvah en compagnie de Tim Robbins !

Jean-Charles Lemeunier

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