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Jerry travaille dans une société qui fabrique des baignoires. Il est serviable, gentil, un peu niais (neuneu dirait certains) et beau. Malgré tout, Lisa de la compta refuse ses avances. C’est dommage car il n’est vraiment pas méchant. Un peu perturbé sans doute mais qui, dans des moments de solitude intense, n’a jamais fait la conversation a ses animaux de compagnie. Certes, en général ceux-ci ne répondent pas. Tout le contraire de son chien Bosco et mister Moustaches, son chat, qui chacun à leur manière tentent d’influer sur le comportement de ce sociopathe. Et oui, pour fuir une réalité morne et déprimante, Jerry laisse libre cours à ses petits délires en ne prenant plus son traitement. Au grand dam de la psy qui le suit, et surtout de ses victimes féminines.
Jouant du décalage entre les points de vue, The Voices est un petit régal de comédie horrifique que l’on doit à Marjane Satrapi (Persepolis, Poulet aux prunes) que l’on attendait pas forcément dans n tel registre. Elle livre un métrage de qualité, réussissant un délicat équilibre entre les contrastes. Très drôle, le film cultive néanmoins une part d’ombre marquante (comme lors de la révélation du trauma de Jerry) et use d’une colorimétrie éclatante pour dépeindre des évènements d’une rare violence (meurtre, découpage de cadavres).

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Il est intéressant de noter que ces couleurs chatoyantes et acidulées qui imprègnent le métrage sont constitutives à la fois du monde corporate de l’entreprise où Jerry travaille comme de son univers mental, traduisant visuellement qu’ils sont aussi aliénant l’un que l’autre.
Outre la maîtrise formelle affichée par Satrapi, la réussite du film repose également sur la performance de Ryan Reynolds dans le rôle titre. Et c’est peu dire qu’il impressionne dans ce personnage de benêt psychopathe ayant des difficultés à prendre conscience de sa perception altérée . Il aura d’autant plus du mal à s’en extirper que les interactions avec ses deux animaux de compagnie sont de plus en plus intriqués. Deux compagnons qui figurent la lutte psychologique quotidienne qui taraude Jerry, le chien Bosco l’intimant à se montrer respectueux et bienfaisant quand son chat diabolique le pousse à s’abandonner à ses pulsions. Et comme c’est ce dernier qui se montre le plus persuasif, le jeu de massacre ne pourra qu’empirer. Comme sa confusion mentale puisque les trophées qu’il conservera de ses méfaits se mettront également à discuter avec lui. Les relations entre Jerry, son chien et son chat sont absolument désopilantes (pour la petite histoire, c’est ce même Reynolds qui interprète les trois rôles si l’on peut dire puisqu’il prête sa voix aux animaux) et riches en piques sarcastiques. The Voices, où comment orchestrer une tuerie avec entrain et rires.

Nicolas Zugasti


THE SIGNAL

Réalisateur : Marjane Satrapi
Scénario : Michael R. Perry
Interprètes : Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick…
Photo : Maxime Alexandre
Montage : Stéphane Roche
Bande originale : Olivier Bernet
Origine : Etats-Unis
Durée : 1h43
Sortie Française : 11 mars 2015

 

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