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Une des particularités de l’identité du festival de Gérardmer est de proposer à chaque édition certains films possédant plus de prétentions arty ou lourdement réflexives que la volonté de former un récit solide. Et dans le genre The Man In The Orange Jacket et The Pool sont de dignes représentants.

Le premier cité a au moins pour lui sa courte durée, à peine une heure et onze minutes. Une donnée a priori rassurante comme gage d’un rythme enlevé. Malheureusement, on se rend compte très rapidement de cette terrible erreur de jugement. Un plan social dans le port d’une ville en Estonie engendre une importante vague de licenciements. Tandis que le proprio rejoint en compagnie de sa jeune épouse leur villa avant de s’envoler le lendemain vers l’Italie pour se remettre de ses émotions, un des dockers armé de sa caisse à outil pénètre dans la demeure et s’en va occire sans coup férir les deux occupants. Voilà résumé les dix premières minutes. Et dans ces conditions, une angoisse sourde devient de plus en plus prégnante : mais qu’est-ce que le réalisateur va bien pouvoir raconter durant l’heure restante ? Tout simplement l’installation de cet homme au gilet orange qui prend possession des lieux tel un nouveau souverain, profitant de toutes les facilités acquises. Seulement, cet embourgeoisement galopant va être perturbé par des bruits angoissants, des songes violents et l’apparition à l’horizon d’un homme en gilet orange. Enfin ceci advient après avoir enduré des séquences montrant le nouvel occupant écouter de la musique classique en admirant un tableau représentant un roi (un plan le montrant en train de regarder cette peinture reviendra plusieurs fois histoire de bien comprendre la métaphore), mangeant, buvant, déambulant en peignoir, s’apprêtant pour sortir déjeuner au restaurant. Sa solitude va donc être mise à mal et on se prend à espérer un semblant de lutte territoriale à défaut d’une lutte de pouvoir. Las, le réalisateur s’aventure plutôt sur le terrain psychologique lourdement explicite. Dans ce contexte, on passera sur l’incongruité finale tant on se réjouit que la conclusion advienne enfin. En introduction, le réalisateur expliquait sur scène qu’il avait mis cinq années à le fabriquer (on saluera l’effort et la persévérance) et que lui-même et ses producteurs avaient du mal à croire que le film était terminé. En fin de projection, on ne pouvait que le regretter.

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The Pool
lui ne joue pas dans la même catégorie. Il est aussi peu captivant mais il se passe déjà un plus de choses. Et il s’avère par moments assez drôle même si c’est à ses propres dépends.
Une famille néerlandaise accompagné du meilleur ami du père et de sa fille s’aventure en forêt pour une partie de camping dépaysante. Passant une zone délimitée par des fils barbelés, ils établissent leur campement autour d’un lac. Une étendue d’eau où évolue une créature à l’apparence d’une jolie jeune femme qui exerce une irrésistible attraction sur l’un des deux fils puis le père de famille. Évidemment, la cellule familiale va être rudement éprouvée et là encore la métaphore est très appuyée puisque le lendemain de leur installation, ils retrouvent les réserves de viandes complètement pourries. L’échauffement puis l’ébullition de leurs relations auraient pu donner lieu à un récit intéressant si la caractérisation des personnages ne s’était pas contentée de clichés. De même, le récit de leurs infructueuses tentatives pour quitter les lieux se soldant par un retour au lac et la séduction opérée par l’espèce de sirène hantant ses eaux aurait pu instaurer une intéressante ambiance fiévreuse et dérangeante sans la platitude de la mise en scène ou les quelques fulgurances suscitant involontairement les rires.

Comme pour The Man In The Orange Jacket, The Pool souffre d’une écriture faiblarde, étirant et diluant artificiellement une idée de court-métrage.

Nicolas Zugasti

 


THE MAN IN THE ORANGE JACKET

Réalisateur : Aik Karapetian
Scénario : Aik Karapetian
Interprètes : Anta Aizupe, Maxim Lazaref, Aris Rozentals …
Montage : Andris Grants
Photo : Janis Eglitis & Jurgis Kmins
Origine : Estonie
Durée : 1h11

DE POEL
Réalisateur : Chris Mitchell
Scénario : Chris Mitchell & Gijs Scholten van Aschat
Interprètes : Katja Herbers, Jamie Grant, Gijs Scholten van Aschat, Carine Crutzen
Photo : Gabor Deak
Montage : Manuel Dias da Silva
Bande originale : Vidjay Beerepoot
Origine : Hollande
Durée : 1h30

 

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