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Jupiter-Ascending_posterteaserSi l’on pouvait légitimement émettre des doutes sur le rendu de Jupiter : le destin de l’univers après son report de sortie (du mois de juillet 2014 à février 2015) pour raison officielle des effets-spéciaux non finalisés (quand l’officieuse laissait entendre des problèmes sur le tournage), l’accueil plutôt froid qui a accompagné, il y a quelques jours, la sortie surprise du film lors du festival de Sundance pouvait refroidir quelques ardeurs. Rappelons tout de même que le festival de Sundance est consacré aux films dits indépendants, pas vraiment la meilleure audience test pour un tel blockbuster (cette présentation dans le fief de Robert Redford est d’ailleurs assez étrange dans le cadre d’une promo). Présenté en avant-première française à Gérardmer, le film n’a pas déçu les attentes suscitées par les bandes-annonces qui se sont succédées ces derniers mois. Mieux, les promesses visuelles sont plus que tenues puisque les Wachoski proposent un spectacle total, une symphonie et frénésie graphique de toute beauté alliée à une histoire au enjeux limpides. Un récit linéaire dont le crescendo narratif est concomitant de l’évolution des personnages de Caine Wise (Channing Tatum), le chasseur de primes, et Jupiter Jones (Mila Kunis) ainsi que du redoublement de l’action. Et pourtant, concernant ce dernier point, cela commençait très fort avec un affrontement dantesque entre le ciel et la terre de la ville de Chicago mais la conclusion apocalyptique est un point d’orgue prodigieux qui suscite autant l’émerveillement que les frissons délicieux ponctuant une incroyable séquence d’échappée belle. On en ressort le souffle court.

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Femme de ménage d’origine russe, Jupiter Jones possède un patrimoine génétique qui la destine à réclamer la planète Terre comme héritage auprès de la puissante famille Abraxas. Une dynastie à la tête d’une race extra-terrestre responsable de la création de l’espèce humaine. Ignorante de cette caractéristique très spéciale, elle va être le jouet des deux frères et de la soeur dirigeant cet empire colossal, chacun cherchant à la neutraliser afin de la déposséder de ses prérogatives. Pour survivre, elle pourra compter sur les interventions musclées de Caine, membre de la garde impériale déchu.

Avec ce film, les Wachowski redonne ses lettres de noblesse au space-opera grâce à un foisonnement grandiose et une intrigue sans fioritures. Certes, le récit est beaucoup moins fouillé et puissant que le superbe Cloud Atlas mais les intentions ne sont pas les mêmes. Ici, on a plutôt affaire à un divertissement débridé fonçant à toute berzingue vers la prochaine étape. Et dans ce registre là, le film réussit parfaitement son office. Cependant, les sentiments exprimés, aussi simplistes puissent-ils paraître, sont efficacement traités et se voient doublés par quelques touches subversives qui contrastent admirablement avec la naïveté affichée. Jupiter fait face à un Empire et son leader suprême ne dissimule pas la doctrine néo-libérale qui le motive.

JUPITER ASCENDING
Difficile de ne pas être dithyrambique sitôt la sortie de salle après une telle profusion d’images splendides, entre les décors somptueux, l’architecture baroque, les designs des différents vaisseaux, l’enchaînement des combats d’une lisibilité, inventivité et énergie exemplaires, à tel point que l’on aimerait parfois en cours de séance, avoir recours à l’arrêt sur images pour apprécier encore plus la richesse visuelle qui s’étale dans tous les coins de l’écran. Attention, le film n’est pas qu’un magnifique livre de vignettes chatoyantes.
Sous couvert d’un récit science-fictionnel fonctionnant sur le registre du conte,
Jupiter : le destin de l’univers confronte tout de même deux êtres hybrides – Caine est un homme croisé avec un lycanthrope quand Jupiter est une humaine aux gênes extra-terrestres – à un régime de sang-purs. Et si l’on tient compte de leur condition, le film oppose le 1% des êtres possédant la plupart des richesses de l’univers aux représentants de la plèbe seulement bonne à être moissonnée une fois parvenue à maturité. Une piste de lecture qui enrichi l’histoire plutôt qu’elle n’en limite la portée à une simple métaphore avec du sens. Les Wachowski ne perdant jamais de vue l’essentiel, formaliser un récit capable d’immerger ses spectateurs. Et c’est plutôt bien réussi (d’autant plus grâce à une 3D fantastique) tant l’univers mis en image capte l’attention par sa profondeur (pas seulement de champ), de par les fastes visuels qu’il affiche comme la mythologie qu’il implique. Doté d’une bonne dose d’humour plutôt inhabituel chez le duo de réalisateurs, du moins à dose importante, Jupiter : le destin de l’univers est une merveille à déguster sans arrières-pensées. Au-delà du renouveau tant attendu de la S.F, c’est un film tout simplement beau et enivrant, d’une générosité et sincérité remarquables.

Nicolas Zugasti

JUPITER ASCENDING
Réalisateur : Lana et Andy Wachowski
Scénario : Lana et Andy Wachowski
Interprètes : Mila Kunis, Channing Tatum, Sean Bean, Terry Gilliam, James D’Arcy, Eddie Redmayne…
Photo : John Toll
Montage : Alexander Berner
Musique : Michael Giacchino
Pays : Etats-Unis
Durée : 2h07
Sortie française : 04 février 2015

 

 

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2 réflexions sur “«Jupiter : le destin de l’univers» de Lana et Andy Wachowski : rencontre d’un nouveau type

  1. Pingback: « Jupiter Ascending » de Lana et Andy Wachowski : Sky racer | Le blog de la revue de cinéma Versus

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