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Après cette incroyable journée de solidarité qui a réchauffé les cœurs, il est bon de se replonger dans un autre récit d’entraide qui met tout autant de baume sur les blessures créées par nos sociétés modernes.

Il s’agit d’une autre époque, sans doute moins meurtrière, encore que le conflit ait fait trois morts et 20 000 blessés. Entre mars 1984 et mars 1985, les mineurs anglais sont restés en grève, engageant un bras de fer avec Margaret Thatcher. Un groupe d’homosexuels londoniens se met en tête de quêter pour les grévistes gallois et de leur amener l’argent récupéré. Tiré d’une histoire vraie, Pride, le film de Matthew Warchus, surfe avec bonheur sur une vague dont les meilleurs représentants restent Ken Loach et Mike Leigh. Car les prolos british ont cette chance d’avoir de grands cinéastes qui s’intéressent à eux. On pense aussi aux Virtuoses de Mark Herman ou à The Full Monty de Peter Cattaneo. Malgré un contexte social très âpre, c’est toutefois la bonne humeur qui gagne la partie, ce qui a valu à Pride cette réputation de « feel good movie« .

Bill Nighly, Andrew Scott, Paddy Considine

Le ressort du film repose sur la rencontre improbable entre des gays londoniens et les mineurs gallois. Tout les oppose, évidemment : les uns sont farouchement hétéros quand les autres affirment leur homosexualité. Les premiers sont travailleurs, les seconds intellos et artistes. Les premiers vivent à la campagne et ceux qui viennent à leur secours à la ville. Enfin, les mineurs sont gallois et n’aiment pas forcément les Londoniens.

Après des débuts difficiles, des liens se tissent et c’est à la naissance d’une véritable amitié et d’un respect mutuel que nous convie Warchus. Sa force est de rendre attachants tous les personnages. Il parvient même à nous intéresser aux plus hostiles – telle cette femme de mineur ou les parents du héros -, sans jamais tomber dans la caricature.

Le scénario de Stephen Beresford suit pas à pas la construction de la relation, les difficultés des uns et des autres, le concert « Pits and Perverts » – c’est ainsi que la presse a appelé cette liaison extraordinaire entre les puits (pits) et les gays (perverts)- qui avait pour tête d’affiche Bronski Beat et son leader, Jimmy Sommerville. C’est surtout la solidarité et l’unité dans l’action qui sont au centre de ce beau film. Car non seulement les homos ont soutenu les mineurs mais les mineurs sont ensuite venus dans les villes soutenir leurs amis dans leurs marches de fierté, aidant ces derniers à trouver progressivement leur place au sein de la société anglaise.

DominicWest-Freddie Fox

Dominic West et Freddie Fox lors de la présentation de « Pride » à la Quinzaine des Réalisateurs (Photo : J.-C.L.)

Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs lors du dernier festival de Cannes, Pride y a obtenu la Queer Palm. Le film a également été primé à Gand et à Leyde (avec, à chaque fois, le prix du public). Enfin, lors des British Independant Film Awards, il a obtenu des récompenses pour Imelda Staunton (meilleure actrice dans un second rôle) et Andrew Scott (meilleur acteur dans un second rôle) et a remporté le prix du meilleur film.

Jean-Charles Lemeunier

PRIDE
Année : 2014
Réalisation : Matthew Warchus
Scénario : Stephen Beresford
Photo : Tat Radcliffe
Musique : Christopher Nightingale
Montage : Melanie Oliver
Interprètes : Bill Nighy, Imelda Staunton, Dominic West, Paddy Considine, Andrew Scott, George MacKay, Ben Schnetzer…
Durée 115 minutes
Origine : Royaume-Uni
Distributeur : Pathé
Disponible en DVD, Blu-ray et VOD le 21 janvier 2015.

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