Home

L_Attaque_du_fourgon_blinde

Après quelques aventures audiovisuelles au Nigéria et en Angleterre, l’australien Bruce Beresford retourne au pays et débute une carrière de cinéaste à l’aube de l’arrivée sur le marché d’une nouvelle génération qui va ruer dans les brancards. Nous sommes au début des années 70, et après une longue période quasi obscurantiste dans la société australienne, les empêcheurs de tourner en rond du continent donnent de la voie. Côté ciné, d’abord contraint à subir la censure, à se cantonner dans l’underground, voire à ne pas tourner, les artistes et créateurs de l’audiovisuel vont en quelques années, soutenus par un nouveau gouvernement fédéral qui pratique une politique culturelle agressive, créer l’une des plus intéressantes cinématographie du monde. Souvent satirique, polémiste et/ou foutraque, ce cinéma, généralement soucieux d’être indigène, va autant offrir des dizaines d’œuvres dans l’esprit série B et Bis qu’accoucher de fictions plus intellectuelles mais tout aussi particulières, reconnaissables et bientôt reconnues à l’international. Pratiquant les deux avant d’entamer une carrière étasunienne plus consensuelle, Beresford est considéré comme l’un des fers de lance de cette nouvelle vague des antipodes. Il passe au polar en 1978. L’attaque du fourgon blindé (Money Movers), dont Nicolas Boukhrief se souviendra pour Le Convoyeur, est un film sec, froid et brutal qui, allié à un scénario plus malin qu’il ne parait, doit être considéré comme l’un des sommets internationaux du film de braquage. D’une grande rigueur documentaire, il suit la préparation et au final le braquage d’une société de transports de fonds par plusieurs de ces membres. Dès le début du métrage, si l’on suit ces employés dans leurs préparatifs, l’on assiste également à l’enquête d’un agent d’assurance infiltré et soupçonneux, au quotidien de la gestion d’une telle entreprise à risques, à l’implication d’un clan du grand banditisme utilisant des éléments « jetables » pour ses coups… Un ensemble de personnages parfaitement campés, la plupart étant décrit comme des hommes durs, et qui vont le prouver. Même dans ses rares scènes intimistes, le film propose un montage sec, compensant le choix d’une majorité de plans fixes. L’ambiance est constamment tendue et si les scènes purement violentes sont rares durant presque une heure trente, c’est aussi pour proposer dans le final une séquence hallucinante durant laquelle le braquage vire au carnage. La structure générale et le défouloir concluant cette œuvre évoquent ainsi autant certains chambara que du Sam Peckinpah ou du John Flynn. Un polar exemplaire, qui ne fut distribué en France qu’en 1986 avant de connaître une modeste carrière vidéo.

Tonton Hellebé

 

MONEY MOVERS
Réalisation : Bruce Beresford
Scénario : Bruce Beresford d’après le roman de Devon Minchin
Photo : Donald McAlpine
Montage : William Anderson
Pays : Australie
Durée : 1 h 32
Sortie française : 14 mai 1986

 

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s