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le vautour_jaquette
En retrouvant après des années de recherche la planque secrète du groupuscule CDCV (Commando de Défense des Cassettes VHS) décimé par les sinistres coups de boutoir d’une production mondiale pour moutons de panurge, Laurent Hellebé a mis la main sur plus d’un millier de films imprimés sur un support quasi préhistorique, la cassette vidéo, c’est dire s’il a l’esprit vintage. Plus ou moins oubliées, souvent inédites en DVD, pas toujours trouvables en téléchargement, bonnes ou mauvaises, Françaises ou venues de contrées éloignées, ces œuvres peu à peu aspirées dans le grand trou noir d’un espace cinéphilique déficient que combattent encore courageusement quelques sites et blogs se devaient de trouver quelques lignes de défense chez Versus.

Pour inaugurer cette chronique, rendons-nous d’abord en Hongrie pour découvrir Le Vautour, réalisé par Andràs Ferenc en 1982. Le film raconte la sale journée d’un chauffeur de taxi de Budapest qui se fait piquer sa recette par deux vieilles professionnelles de la choure. Accusé du vol par son patron, il est pris pour un rigolo par la police, prend une prune pour s’être garé devant le commissariat, son père l’accuse de lui extorquer du fric et sa mère, humiliation finale, lui refile quelques billets en douce. Divorcé, Joseph tente de se maintenir à flots et surtout décide de retrouver les voleuses. Via des annonces de récompense pour chiens perdus (il sait qu’une des vieilles a perdu son toutou), il piste les voleuses et prépare une vengeance étonnante de la part d’un simple quidam (il retrouve et tue le chien, kidnappe la fille de la vieille pourrie, embrouille les flics…). Le type est un revanchard au bout du rouleau, prêt à tous les sacrifices. On découvre dans ce film bien troussé au scénario ingénieux certains milieux populaires voire alternatifs de la ville : le monde des taxis, une copine prostituée en appart, demi-sels et magouilleurs divers, un truand trafiquant de voitures et prêteur sur gages… Très réaliste, bien joué, Le Vautour commence comme une chronique sociale et vire au polar noir. Des défauts bien sûr (le dernier accoutrement de Joseph, la zik 80’s synthé pouêt-pouêt et gratte électrique), mais un appréciable côté Pusher avant la lettre.

sans laisser de traces_jaquette

Sans laisser de traces est lui signé Petér Fabry en 1980. Il se déroule également à Budapest dans une Hongrie toujours communiste mais en voie de transformation libérale. Le marché noir et les activités au black sont plus qu’une économie souterraine mais bien une seconde économie largement tolérée. Peter, qui mène une vie tranquille de décorateur de vitrines, renoue avec un vieux copain voyou. Il se décide à réaliser un coup et se retrouve vite la tête pensante d’une équipe avec qui il ne communique que via des vidéos. Les coups sont ingénieux, audacieux, et attire toute l’attention de la police qui, avec des méthodes très russophiles couplées avec les statistiques et les données d’ordinateurs, vont avancer dans leur enquête grâce à la méthode de l’entonnoir (habitants de la ville moins les malades, moins les trop vieux (manque d’énergie), les trop jeunes pour monter de tels coups (manque de maturité), ciblant les hommes ayant eu le bac (intelligence au moins dans la moyenne), ayant le permis (les flics savent que sur le premier coup, le chef atypique conduisait)…). Peter lui, organise, ordonnant à son équipe d’arrêter leurs combines, gérant en démiurge. Mais les flics se rapprochent, et ses associés le traque dorénavant, pour qu’il ne tombe pas vivant aux mains de la police. Présenté au Festival de Cognac du film policier 1984. Bien emballé et là aussi correctement joué, c’est un polar d’atmosphère malheureusement bien mou. La BO oscille entre du jazz, du sous François De Roubaix et quelques notes synthétiques. Le réalisateur n’ayant pas la réputation d’un Béla Tarr, Istvan Szabo ou Laszlo Szabo, le film est tombé dans l’oubli et se trouve encore moins répertorié sur la toile que Le Vautour.

Tonton Hellebé

Dögkeselyü (Le Vautour)

Réalisation : Andras Ferenc
Scénario : Andras Ferenc & Miklos Munkacsi
Photo : Elemer Ragalyi
Montage : Mihaly Morell
Musique : Gyorgy Kovacs
Pays : Hongrie
Durée : 1 h 55

Nyom nélkül (Sans laisser de traces)

Réalisation : Peter Fabry
Scénario : Peter Fabry & Istvan Nemes
Photo : Andras Peterffy
Montage : Mari Miklos
Musique : Laszlo Des
Pays : Hongrie
Durée : 1 h 43

 

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