Home

Walking-Dead-Season-4-Banner

A la lecture du matériau d’origine , un comics publié depuis 2003 par l’éditeur Image, de nombreux fans espérait fortement une adaptation live de The Walking Dead tout en sachant pertinemment que cette adaptation ne pourrait se décliner qu’en série télé. Aspect feuilletonnant des situations, caractérisations fines des personnages principaux et suspense omniprésent ( à tel point qu’aucun des personnages principaux n’est assuré de rester en vie d’un numéro à l’autre voir d’une page à l’autre ), sont principalement les qualités de l’œuvre dessinée, dans un noir et blanc magnifiquement oppressant, par Charlie Adlard et scénarisé par le cultissime Robert Kirkman ( responsable également de la création de comics éminemment réputé comme Invincible et The Haunt notamment ) . Mais si la bande dessinée, après plus de cent dix numéros continue de captiver malgré un discours de fond redondant qui présente, dans les situations d’urgence, l’homme comme une menace plus grande que les morts-vivants, la série lancée il y a maintenant trois ans par Franck Darabont ( viré depuis et en procès depuis peu avec les producteurs) semblait, à la vision de sa troisième livraison, en nette perte de vitesse.

the-walking-dead-season-4-trailer-rick-goes-digging-for-a-gun

Jumping The Shark !
Dans le monde impitoyable des séries télés U.S., il existe une expression signifiant qu’à partir d’un moment précis, d’un épisode voire d’une scène, une œuvre télévisuelle perd toute crédibilité et bascule vers le n’importe quoi sans espoir de redresser la barre. Cette expression (« jumping the shark ») provient, historiquement, d’un épisode de la série Happy Days où Henry Winckler, le génial interprète de Fonzie, vêtu d’un gilet de sauvetage et chaussé de skis nautiques, saute par-dessus un improbable requin. S’il semblait difficile et sévère d’affirmer que The Walking Dead ait sauté le requin lors de sa troisième année, l’impression générale laissée par les discours soporifiques par trop d’insipidités, les scènes d’actions lénifiantes, la paralysie des situations ( essentiellement dans le seconde partie de la saison ) avaient faire craindre le pire aux nombreux fans de la série qui voyaient leur programme préféré se diriger vers un possible gâchis.

Petit rappel des faits : à la fin de la troisième époque, Rick, Michonne , Daryl ou encore Glenn ont tellement énervé le Gouverneur que ce dernier a pété les plombs et a trucidé la plupart de ses concitoyens. Le méchant décide alors de fuir en laissant nos héros regagner (trop?) tranquillement leur prison où ils vont tenter de retrouver une vie communautaire des plus tranquilles.

Et maintenant ?
Le premier épisode de cette année, 30 Days Without An Accident, se déroule quelques semaines après les derniers événements tragiques et, dans la prison, chacun participe efficacement à la vie en collectivité et tout semble aller parfaitement bien, si l’on excepte la menace qui rôde de l’autre côté des clôtures. Mais, bien évidemment, les choses vont se gâter et une nouvelle menace, une grippe fatale, vient perturber la vie des survivants.
Sans tout à fait gommer les défauts de la dernière saison, sans être révolutionnaire et marquer l’histoire de la série, cet épisode de reprise permet néanmoins d’accrocher le téléspectateur après une si longue absence.
Après ces « aventures inaugurales », durant un arc narratif relativement long, certains protagonistes vont partir en quête de médicaments capables de contenir la menace ( Daryl et quelques second couteaux d’un côté, Carol et Rick de l’autre ) pendant que d’autres ( Maggie, Carl et Hershell ) vont tenter de lutter contre cette nouvelle menace qui commence à attaquer la congrégation.

1401c99df9ef6de6aac06d50cd1e4464

Mais, malgré la continuité de l'(in)action par rapport à la saison précédente, le début de cette nouvelle ère marque une inversion intéressante des rôles de chacun. Ainsi, Hershel et Caroll, devenus membres du Conseil, une sorte d’assemblée décisionnaire de la collectivité, prennent une place de plus en plus importante au détriment de personnages emblématique de la série comme Daryl ( en roue libre mais toujours aussi diablement fascinant) et surtout Glenn, affaibli par la maladie qui ne semble qu’effectuer de la figuration tout au long de cette moitié de saison, a tel point que l’on peut sembler préoccuper pour sa place dans la suite de l’œuvre. Ainsi, le patriarche unijambiste de la famille Greene devenu un croisement surréaliste entre Socrate et Le Père Noël, amplifie son rôle de sage de la série ( malgré une diatribe parfois pompeuse ). Un sage, un phare qui n’hésite pas à tendre la main aux inconnus tout en bravant les menaces afin d’aider son prochain et ceci malgré son lourd handicap. De son côté, la discrète et pleurnicharde Carol se mute en femme d’action à la Sarah Connor prête à toutes les transgressions. Apprenant notamment aux enfants à survivre et à se servir de toutes sortes d’armes, voulant coûte que coûte protéger sa communauté, l’ex-femme battue sera par ses actions et ses choix litigieux, l’occasion d’un terrible dilemme pour l’ex-shérif Rick Grimes.

Et la suite dans tout ça :
Vous l’aurez compris : ce n’est certainement pas les premiers chapitres de la quatrième saison de l’œuvre qui aura remis les morts-vivants « à la mode » qui allaient rassurer les nombreux fidèles ( plus de douze millions de téléspectateurs chaque dimanche ) sur la suite de leur show tant aimé. Refusant de tuer, un méchant, Le Gouverneur, jugé très charismatique mais occis il y a plus de cinquante épisodes dans la B.D. de Adlard, évitant de déplacer le groupe de personnages principaux d’un lieu, une prison dont les dédales sont autant de pièges, hautement télévisuel mais trop symbolique, inventant une nouvelle menace invisible mais meurtrière, réinstaurant des discours pseudo-philosophiques stériles, les frileux showrunners de The Walking Dead semblaient de nouveau effectuer un surplace inquiétant et prenaient, par ricochet, le risque de faire fondre le noyau dur des fans, excèdes par cette stagnation volontaire mais inefficace.

The-walking-dead-hershel-epi-4-5-530x298

Mais que tous ceux que la tournure de la saison 3 avait énervé se rassure : la saison 4, après un début donc des plus poussifs, a effectué une montée en puissance des plus significative et culmine dans toute sa splendeur dans un des meilleurs épisodes de son histoire ( avec le final de la saison 2 ). L’opus concluant la mid-season, Too Far Gone , qui arrive après un arc narratif centré sur le Gouverneur des plus risqué mais au final excellent, est l’un des épisodes le plus sauvage et le plus brutal, bref le plus excitant, de l’histoire récente des séries américaines. Malgré une absence de crédibilité lors de certaines scènes, cet épisode rêvé et espéré par la cohorte d’aficionados à la fin de la saison 3, se termine évidemment en plein suspense. Abandonnant en pleine nature certains de ses héros désorganisés et démunis, The Walking Dead laisse le téléspectateurs pantois et impatient de redécouvrir sa série préférée lors de sa reprise en février prochain, toujours sur la novatrice A.M.C.

Fabrice Simon

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s