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Danny Trejo, ancien taulard vrai de vrai reconverti depuis le milieu des années 80 dans le cinoche (regardez bien la fin du daubesque Kinjite, sujet tabous, en 89, c’est l’une de ses premières apparitions après des débuts dans le « quand ils veulent dans une belle édition collector » Runaway Train), tourne beaucoup et dans n’importe quoi. Ce copain du regretté Edward Bunker (lisez Autobiographie d’un malfrat, OK ?) a rarement le loisir d’apparaître dans des hits comme Heat car (oui, je pèse mes jeux de maux laids) issu de la rue et des taules à gros bras, il est d’autant plus impossible d’être vénéré comme Johnny Deep que l’on a des origines Chicanos, des tatouages à faire couler ceux des frimeurs des plages ou des soirées people et une gueule à faire passer les fonds marins de la faille de San Andréas pour une autoroute. Danny, y prend la maille, honnêtement, sans pétoire en main pour faire bouillir la marmite. No soucy. Il a le vent en poupe, qu’il en profite, dans quelques années ce sera la retraite, on l’oubliera comme Pierre Tchernia.
Alors,
Bad Ass, avec sa jaquette à la con, juste une daube de plus ? Et bé non. Sans être un grand film, et malgré un budget shorty, cette histoire de pépé vengeur force la sympathie.

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Et c’est plutôt bien torché malgré quelques effets cheapos, très correctement rythmé, le réalisateur a compris qu’avec une intrigue basique flairant le film de vigilante, ce n’était pas la peine d’étaler la sauce pendant deux heures (le film fait une heure vingt). Et le Danny, bin, il est sobre, pas grimaçant, offrant une palette de jeu qui démontre que, quand même, ça fait des années qu’il bosse et qu’il a ramé pour être là où il est. Plus qu’un polar (il y a peu de flics et la seule enquête est celle de Frank Vega/Danny Trejo), pas vraiment un film de justicier épurateur (Vega/Trejo ne fait pas exprès de tomber sur des loulous bas du front, il ne cherche aucunement à nettoyer un quartier ou la ville), Bad Ass lorgne plutôt du côté de la balade urbaine angelino justifiée par les recherches d’un sexagénaire pistant les ordures ayant tués son pote, un viet vet qui l’avait tiré d’affaire dans une autre jungle, végétale. Après, c’est sûr, le scénariste oublie quelques trucs en cours de route, tout n’est pas cohérent (c’est vrai quoi, Vega oublie son sac de bouffe dans la bagnole d’un copain flic alors qu’il n’a qu’une pension de cinq cent dollars par mois) et l’on peut être dubitatif sur le fait que ce salopard emballe la donzelle de service. Mais, permettez-moi de le réécrire, la chose est plutôt bien emballée. Elle a du cœur. Et y a une poursuite nocturne entre deux bus qui, malgré le nombre de gros plans digne d’un Steven Seagal et des SFX informatiques à foison (mais correctement intégrés, on est ni dans Torque, ni dans Lock Out), rappellerons aux cinéphages de bon goût le temps de Richard Donner, de John Badham et surtout de Walter Hill, puisque des plans de Double détente sont ici carrément repiqués ! J’en verserais presque une larme.

Scénario et réalisation de Graig Moss. Avec le Trejo, mais aussi Charles S. Dutton (qui s’est visiblement bien amusé) et Ron Perlman (qui passait par là en copain). Disponible chez twouainty sans tuerie Mulder (sais pas ce que j’ai aujourd’hui, je fais des jeux de mots aussi pourri que ceux de Jean-Pierre Putters)

Laurent Hellebé

BAD ASS
Réalisateur : Craig Moss
Scénario : Craig Moss & Elliot Tishman
Musique : Todd Haberman
Photo : John Barr
Montage : Jim Flynn
Interprètes : Danny Trejo, Charles S. Dutton, Ron Perlman…
Origine : USA
Durée : 1h30
Editeur : Twentieth Century Fox

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