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C’est un fait établi depuis longtemps et accepté comme une évidence que, lorsqu’un genre cinématographique a été exploité au delà du raisonnable, il sombre dans la déchéance comique de mauvais aloi avant de disparaître pour de bon.

Le phénomène zombie qui ravage les écrans avec un hallucinant nombre de productions, qui souvent ne méritent pas que l’on s’y arrête, et avant l’ultime récupération opportuniste qui s’annonce avec la méga-production World War Z dont les différents trailers dépitent déjà les amateurs du livre de Max Brooks, nous offre aujourd’hui une nouvelle comédie, terrain hautement miné dont Shaun of the Dead reste à ce jour l’un des plus beaux fleurons.

Terry et Andy, deux frères de l’East End London, décident de monter un coup : cambrioler une banque et rafler assez de pognon pour venir en aide à leur grand-père dont la maison de retraite va être démolie pour laisser place à un projet immobilier de luxe. Epaulés par leur cousine plus dégourdie qu’eux deux réunis, d’un pote à la ramasse et d’un black psychopathe revenu d’Irak avec une plaque de métal dans le crâne, la joyeuse bande de bras cassés se retrouve au beau milieu d’une invasion de morts-vivants aussi inattendue que ravageuse.

Autant annoncer la couleur tout de suite : Cockney vs Zombies ne révolutionnera pas le genre, ne mettra pas en place de nouveaux canons visuels ou dramatiques, pas plus qu’il ne faut en attendre une quelconque réflexion sociétale d’une profondeur abyssale.

Il n’empêche que le film de Matthias Hoene est d’une générosité à toute épreuve, dans ses personnages d’abord, dans son casting même puisqu’il va chercher madame Honor Blackman, ex Pussy Galore de Goldfinger mais surtout première Steed-Girl des Avengers (les vrais, pas ceux de Joss Whedon), dans le gore bien présent, et dans une ambiance générale toute britannique qui, si elle nous rappelle le film d’Edgar Wright, ne joue jamais sur le référentiel et le clin d’oeil à l’audience complice.

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Les personnages identifient tout de suite la menace pour ce qu’elle est (le mot zombie est prononcé régulièrement comme s’il s’agissait d’une évidence) et adoptent les comportement appropriés : on tire dans la tête et on se méfie du copain qui s’est fait mordre.

Réjouissant de bout en bout, fun sans être bouffon, classique sans être chiant, Cockneys vs Zombie emporte l’adhésion par son univers cohérent et ses personnages attachants.

Dans un genre surexploité par des armées de tâcherons sans ambition, voilà une belle bouffée d’air frais. Le film se permettant de mettre en scène la course-poursuite la plus lente de l’histoire du cinéma, on se dit qu’il serait quand même dommage de passer à côté.

Julien Taillard

Sortie en DVD et Bluray le 17 avril.

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