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Lee Daniels a plusieurs sœurs en prison qui écrivaient à d’autres prisonniers et vivaient ainsi des relations intenses. Il a également un frère qui a séjourné longtemps en prison et à qui de nombreuses femmes écrivaient pendant sa détention. C’est également un réalisateur black et gay. Dans les années 80, il a eu des relations sexuelles avec des hommes blancs qui l’évitaient en public parce qu’il était noir. Voici, aux dires mêmes du cinéaste, les raisons pour lesquelles il aurait choisi de réaliser The Paperboy, film se déroulant dans la moiteur du sud des États-Unis et scénarisé par Pete Dexter (l’auteur de Deadwood tout de même). Mais à la suite de la projection du film en sélection officielle, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il aurait dû s’abstenir !

L’avantage, lorsque l’on n’attend absolument rien d’un film, c’est qu’on ne peut être surpris qu’en bien ! Exhibant un amas de clichés et affichant toute la vulgarité des mauvais mélos, Precious, le précédent film de Lee Daniels avait révulsé lors de sa projection dans la sélection Un Certain Regard en 2009. D’où la surprise cette année de voir The Paperboy en compétition officielle. Une promotion ahurissante dont les origines peuvent se trouver, sans doute, dans son sujet et son casting. Interprétés par Matthew McConaughey, John Cusack, la lumineuse Nicole Kidman et la star des ados et pré-ados Zac Efron, ce thriller érotique signe le retour au polar pour le cinéaste originaire de Philadelphie, après la réalisation de Shadowboxer (2006, inédit en France) mais surtout après l’écriture du scénario de A l’ombre de la haine qui révéla Halle Berry en 2002.

En 1965 en Floride, deux frères, l’un reporter au Miami Times, le second au Moat County Tribune, enquêtent à la demande de Charlotte (femme mystérieuse, dont le cœur s’emballe régulièrement pour des détenus) sur un chasseur d’alligator, condamné à mort pour avoir éventré le shérif local quatre ans plus tôt. Thriller érotique et sulfureux, annoncé (par les producteurs !) comme un croisement entre Chinatown et La fièvre au corps, The Paperboy porte en lui quelques scènes ahurissantes qui nous laissent entrevoir ce que le film aurait pu valoir s’il avait été tourné par un vrai metteur en scène. Nicole Kidman pissant sur Zac Efron, il est vrai brulé par des méduses ! Matthew McConaughey estropié, balafré et éborgné après une relation homosexuelle et sadomasochiste ! Voici deux exemples de scènes choc que l’on peut voir dans ce film et qui culminent dans une séquence de sexe à distance avec le duo Kidman/Cusack. Gâché par une réalisation à la truelle, si on veut être gentil, et un regard condescendant sur ses acteurs (Zac Efron est filmé en permanence en slip blanc du plus bel effet !) et revanchard sur le système (après tout McConaughey et Kidman ne sont-ils pas les doubles du réalisateur lorsqu’il entretient des relations inavouées ou lorsqu’elle pisse sur la star des adolescents ?), The Paperboy semble avoir été sélectionné cette année pour l’accumulation de scènes à scandale avec, comme corollaire, son lot de polémiques – soit pour la pire des raisons.

Fabrice Simon

Film en sélection officielle

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