Home

Francis Ford Coppola dit un jour qu’avec les caméras 8 mm, tout un chacun pouvait devenir cinéaste. Il n’imaginait sans doute pas qu’une trentaine d’années plus tard les caméra se glisseraient dans les poches de jeans et que nombre d’utilisateurs les utiliseraient plus pour produire leur porno amateur ou filmer quelques séances de « happy slapping » avant de balancer le tout sur la toile mondialisée.
Fort heureusement, la fibre cinématographique titille toujours un paquet de fous qui, les outils de réalisation se démocratisant à leur tour, produisent de plus en plus d’œuvres inspirées. Personnelle ou référentielle, cette production existe en dehors du circuit mainstream plus soucieux de protéger ses prérogatives que d’aider à l’éclosion de nouveaux talents. À ceux qui peuvent se poser la question, oui, la multiplication et l’accessibilité des moyens de production concourent à l’émergence d’une nouvelle cinématographie mue plus par la passion que par l’économie. Vient ensuite le problème de la présentation. Faire un film, c’est bien, le présenter au jugement du public, c’est mieux.

Le 14 mai, la ville de Niort (département des Deux-Sèvres, région Poitou-Charentes) proposait la seconde édition de son tout jeune « festival de films réalisés avec des téléphones mobiles » : Takavoir.
Après une première édition surprenante et réussie, il fallait transformer l’essai. L’année dernière avait su mobiliser le public en masse, à tel point que beaucoup s’étaient fait refouler à l’entrée de la salle de projection trop petite pour accueillir les curieux. C’est donc dans la grande salle du Centre d’Action Culturelle, plus généralement dévolue au spectacle vivant, que s’est déroulée la diffusion des vingt films en compétition, retenus par le comité de sélection parmi la centaine reçus de France mais aussi d’au-delà des frontières, l’Inde, la Hongrie et la Biélorussie ayant répondu à l’appel.
À noter que les films non sélectionnés étaient tout de même diffusés au cours d’une journée bien chargée puisque la manifestation, à l’image de sa précédentes édition, proposait gratuitement des diffusions, des conférences, des animations… Tout ce qu’il faut pour donner de l’épaisseur à un rendez-vous encore fragile.
Cerise sur le gâteau, l’heure de projection officielle débuta par la rediffusion du vainqueur de l’an passé Big Wolf, en présence de la chanteuse lilloise Amélie qui interpréta en direct le morceau qui accompagne le travail de stop motion effectué par le réalisateur.

Un happening inattendu des plus sympathiques, parfait pour une (re)mise en condition avant d’attaquer la compétition.

Après « l’arbre » de l’an passé, le thème de cette année était « noir ». Un nouveau champ d’action assez large pour ouvrir de nombreuses perspectives d’exploitation et, de fait, les films présentés couvraient les nombreuses acceptions du thème : l’humour noir, le racisme, le conte philosophique, le polar…
En tout, vingt films sur les quatre-vingt quinze reçus (contre quinze pour la précédente édition) dont tous sont visionnables sur le site officiel du festival www.takavoir.fr.

Quatre prix étaient décernés.

Le prix jeune Banque Populaire fut attribué à Black Sweet, ou l’histoire d’amour de deux rouleaux de réglisse.


Le prix de la ville de Niort est allé quant à lui à Je suis noir de monde, expérience Platonicienne où le métro prend des allures de caverne.


Enfin, avec le prix du public et le grand prix du jury, Je suis marron de Khourban Cassam-Chenaï est le grand gagnant de la soirée.

Avec une fréquentation en hausse et une meilleur capacité d’accueil, Takavoir a passé avec succès le cap de la seconde édition. L’association hORS cHAMPS, initiatrice et organisatrice, a conclu la manifestation en donnant rendez-vous au public l’année prochaine. Versus y sera !

Julien Taillard

Bookmark and Share
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s