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La veille de Noël, trois copains d’enfance se retrouvent dans un bar karaoké d’Helsinki pour boire un verre. Cinquantenaires ayant raté leurs mariages, ils rient, discutent, partagent leurs joies et leurs échecs. Mais à mesure que l’alcool se fait plus présent le vernis craque, mettant à nu des sentiments dissimulés. Les masques tombent, les rires se font grinçants et les vieilles rancœurs remontent, risquant de faire voler en éclats une longue amitié.

Pour son retour à la fiction après trois documentaires, Mika Kaurismäki, frère de, paie son tribu à la mémoire de John Cassavetes à qui le film est dédié. Car il y a du Husbands dans ce Conte finlandais, tant dans le fond que dans la forme. Si Cassavetes usait des funérailles d’un camarade comme détonateur aux errances libertaires de ses desperate husbands, Kaurismäki enveloppe les atermoiements de ses personnages dans une distance ironique qu’induit l’ambiance générale de Noël, élément important dans un pays où il reste la fête traditionnelle par excellence, celle que l’on passe en famille et certainement pas dans un bar à s’enivrer de bière et de souvenirs douloureux.

Né des retrouvailles du réalisateur avec ses trois acteurs principaux (il se connaissent depuis longtemps et ont plusieurs fois travaillé ensemble), le film ne s’est pas construit sur le seul travail du premier mais par les efforts concertés de tous.
Kaurismäki présente un argument à ses acteurs et les laisse construire leurs personnages au fur et à mesure du tournage sans qu’une ligne de dialogue ne soit écrite et sans que les uns connaissent le moteur dramatique de l’autre. Malin, le réalisateur va jusqu’à leur cacher l’introduction d’un personnage supplémentaire qui débarque au beau milieu d’une scène. La réaction qui s’ensuit, aussi improvisée que le reste, n’est que le fruit d’une merveilleuse conjonction de talents.
Les plus sceptiques pourront craindre « l’à peu près » des situations ou les failles d’un jeu d’acteurs laissés en roue libre. Ce serait oublier que chaque participant est un professionnel aguerri qui maîtrise son art, le travail de réalisation n’étant plus à la direction mais à la captation des sentiments. Quand ceux-ci sont aussi justes et prenants, il serait bien malvenu de faire la fine bouche.

Julien Taillard

> Sortie le 23 décembre 2009

> Lire aussi VERSUS n° 3 « spécial Noël », entièrement composé de chroniques de films se déroulant pendant les fêtes de fin d’année.





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