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Adapté du « célèbre » dit-on, roman autobiographique / best-seller de l’ex-videur Geoff Thompson (aucun lien de parenté avec le réalisateur) intitulé Watch my back, The Club raconte l’histoire d’un ouvrier (Mel Raido dans son « premier » rôle important), divorcé et père de deux filles, faible de caractère, un peu dépassé par ses responsabilités et beaucoup entraîné au bord de la dépression qui, sous l’emprise d’un entraîneur de boxe local (l’immense acteur black Colin Salmon, dont on dit qu’il faillit être le premier James Bond noir après la départ de Pierce Brosnan) et chef d’un trio de videurs d’une boîte de nuit très prisée dans les environs (nous sommes à une soixantaine de miles de Londres), finit par prendre son courage à deux mains et devient videur à son tour comme pour exorciser ses peurs. Une intronisation dans un monde ultraviolent qui trouvera son apogée dans un épisode de vengeance un peu traumatisant mais aux effets de « conscientisation » bien sentis…

Film d' »ambiance générationnelle » mais aussi long-métrage d’exploitation qui s’inscrit dans le dynamisme actuel du cinéma de genre britannique, The Club fait la part belle (et dure) à l’univers de la nuit ou plutôt DES nuits eighties dans les banlieues industrielles (et industrieuses) de l’Angleterre en proie aux affres du thatcherisme. Cool par endroits (mais une coolitude à l’anglaise, c’est-à-dire jamais dénuée du contexte politique qui la favorise, elle et sa créativité – c’est l’époque de la grève de la faim de Bobby Sands, et l’ère de la mode punk magnifiée par Vivienne Westwood -), The Club se révèle aussi glacial à d’autres. Glacial car violent : à l’âpreté du contexte économique et social, à la violence libérale de Margaret Thatcher correspond la brutalité de certaines séquences, des passages à tabac filmés sans complaisance, ni de façon décomplexée telle une cinématographie plus fun et ostentatoire (cf. Guy Ritchie) quoiqu’appréciable.

L’histoire est assez simple et les enjeux tiennent aux indéfectibles liens amicaux habituels entre figures plus ou moins interlopes. L’objectif du film s’incarne surtout dans la peinture (sanglante !) d’un milieu, de ses acteurs, de ses conséquences relationnelles : confrontation avec des truands, volonté de vengeance, réflexion sur la peur, y compris l’angoisse sociale et culturelle… Narration classique (un peu trop dans ses tenants et aboutissants, avec voix off qui énonce un « moi je » introduisant et bouclant le récit de façon, c’est vrai, très conventionnelle), esthétique plutôt brut, images bleutées, caractérisation qui accroche : The Club prouve sans aucun doute que le cinéma britannique déborde d’énergie corporelle ; un métrage qui rappelle les premières pellicules énervées de Danny Boyle, mais aussi la verve engagée et tape-gueule d’un This is England. Bienvenue au Club, donc.

> Sortie le 21 Janvier 2009.

Stéphane Ledien

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