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Imaginez Batman en bikini ! Bien sûr, pour cela, il faudrait  qu’il ait ce qu’il faut où il faut ! Mais vous l’avez bien en tête, Batman ? Son masque à oreilles de chauve-souris est bien là, la cape aussi mais, au lieu du vêtement noir, il s’agit d’un joli petit bikini d’où s’échappe le corps sculptural du personnage, dont le fameux masque ne parvient à cacher le joli minois. Vous l’aurez compris, Batman est devenu une Batwoman dans la version mexicaine que René Cardona réalise de la célèbre saga, sous le titre La mujer murciélago.

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À la suite de plusieurs salves de films fantastiques mexicains de série B mettant en scène Santo, la Momie aztèque ou la Llorona, Bach Films sort deux nouveaux titres en DVD :  cette Batwoman (1968) du papa Cardona — un artiste à la filmographie féconde, qu’il ne faut pas confondre avec son fils, René Jr, ni son petit-fils, René III, tous réalisateurs de films du même goût — et Le monstre ressuscité (1953) de Chano Urueta, dont nous reparlerons bientôt.

Cette Batwoman version mexicaine est donc une femme riche qui excelle à tous les sports et en particulier la lutte, une discipline qui attirait le public mexicain au point d’en faire un genre à part entière de la cinématographie nationale. Qu’un crime soit commis et voici donc notre Batwoman qui se pointe en bikini. Ce qui, avouons-le, est beaucoup plus raccord avec les plages d’Acapulco où se situe l’action qu’avec les buildings de Gotham City. Comme le signale dans le bonus Alain Schlockoff, créateur de L’Écran fantastique, Batwoman découle du succès planétaire de la série télévisée américaine Batman, deux ans plus tôt, et des films de Leslie H. Martinson qui l’ont suivie.

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De quoi s’agit-il ici ? Dans l’histoire écrite par Alfredo Salazar, scénariste attitré des grands succès fantastiques tournés dans les studios de Churubusco, plusieurs lutteurs ont été retrouvés morts dans l’océan. La police se penche sur la question, mettant un de ses as sur le coup (Hector Godoy), secondé par Batwoman (Maura Monti, en bikini). Le limier en costard et la limière, donc, en maillot de bain se rendent vite compte que le méchant n’est autre qu’un savant fou (Roberto Cañedo) qui, parmi toutes les idées abracadabrantes sorties en un siècle de films fantastiques d’un cerveau malade, en a trouvé ici une plutôt alambiquée : mélanger à un poisson rouge la glande pinéale prélevée sur les catcheurs assassinés — on ne sait pas bien à quoi ça sert mais le nom sonne nickel, ça fait scientifique —. Puis mijoter ledit poisson à gros bouillons, le faire grossir à taille humaine et créer un homme-poisson dont on ne sait pas bien qu’est-ce qu’il a de mieux qu’un homme-singe ou qu’une tarentule géante, plutôt courante dans le coin, pour dominer le monde. Car, ah oui, j’ai oublié de le mentionner, un savant fou a toujours des idées folles pour dominer le monde.

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Depuis L’étrange créature du lac noir (1954) de Jack Arnold jusqu’au Continent des hommes-poissons (1979) de Sergio Martino, c’est incroyable : l’espèce aquatique trafiquée (ou inconnue) a toujours la même dégaine, celle d’un cascadeur revêtu d’une combinaison en écailles de caoutchouc et qui tend les bras en ouvrant la bouche quand il sort de l’eau, comme n’importe quel poisson soudain privé des deux atomes d’hydrogène et de l’atome d’oxygène dont il a besoin pour évoluer. Et tout aussi soudainement pourvu de bras à la place des nageoires, bien entendu !

C'est l'amour à la plage entre Maura Monti, Armando Silvestre et Hector Godoy

C’est l’amour à la plage entre Maura Monti, Armando Silvestre et Hector Godoy

Doté d’un charme certain et d’une musique jazzy étonnante, signée Leo Acosta, le film alterne donc quelques séquences de bords de mer — n’oublions pas que la mode était aussi aux films de plages, lancés par Elvis Presley et repris ensuite par Frankie Avalon et Annette Funicello — et des poursuites automobiles languissantes. Mais cela, les spectateurs de Santo contre l’esprit du mal — dont nous avons déjà rendu compte dans ces mêmes colonnes — l’avaient déjà compris : l’action n’est pas toujours le fort des Mexicains, comme le laissait entendre en son temps une chanson de Marcel Amont. Et aussi, mais cela on s’en doutait, on trouve dans Batwoman quelques séquences de lutte sur un ring ou dans une salle d’entraînement. D’autres fois encore, la jolie justicière s’aventure seule sur le bateau des méchants — et donc, oui, en bikini — et leur met une petite raclée histoire de voir qui c’est qui commande.

Si ce n’est sa tenue, Batwoman n’est dotée d’aucun pouvoir extraordinaire, pas même celui de son confrère de se balancer d’un bout à l’autre des immeubles sans s’aplatir. Elle utilise pourtant, au cours du récit, l’ancêtre d’un téléphone portable qui, en 1968, a dû faire fureur. Maura Monti est la grande révélation du film. Italienne de naissance, cette jolie jeune femme a été élevée au Venezuela et s’est retrouvée tout naturellement au Mexique pour entamer une carrière de modèle, puis d’actrice qui l’occupa une vingtaine d’années. Signalons qu’en 1966, elle tourna le rôle principal d’un film d’Arturo Martinez intitulé La muerte en bikini. Une prédestination !

Jean-Charles Lemeunier

Batwoman
Titre original : La mujer murciélago
Année : 1968
Origine : Mexique
Réal. : René Cardona
Scénario : Alfredo Salazar
Photo : Agustin Jimenez
Musique : Leo Acosta
Montage : Jorge Busto
Avec Maura Monti, Roberto Cañedo, Hector Godoy, David Silva, Crox Alvarado, Armando Silvestre…

Sorti en DVD chez Bach Films le 15 septembre 2016.

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