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Le vingtième festival du film fantastique de Gérardmer débutait le mercredi 30 janvier avec la soirée d’ouverture rendant hommage à Simon Pegg puis la diffusion de The Complex d’Hideo Nakata (Ring, Dark Water) mais pour le commun des festivaliers et de la majorité des accrédités, les projos commencèrent réellement lendemain. En effet, les invitations pour cette première soirée étaient limitées et en priorité dévolues aux partenaires et autres élus locaux, et contrairement aux autres éditions, il était cette fois-ci impossible de se rattraper et puisque il n’y a pas eu de deuxième séance du premier film à entrer en lice pour la compétition, les organisateurs préférant projeter Shaun Of The Dead d’Edgar Wright, œuvre vue et revue. Mais vu les premiers échos concernant The Complex, on se consolait en se disant qu’au moins un bon film était programmé d’emblée. Pour les vingt ans du festival, les petits plats sont mis dans les grands mais tous ne pourront les consommer.

On commence avec New Kids Nitro de Steffan Haars et Flip Van Der Kuil, suite du cultissime New Kids Turbo présenté l’année dernière hors-compétition. Cette séquelle est également en dehors de la sélection officielle et pourtant son argument narratif à base de météorite dont les propriétés fantastiques contaminent, via le lait de vaches ayant léché le caillou fluorescent, la population d’un village transformée en zombies, aurait dû le propulser en compétition à la place de l’habituelle comédie d’horreur potache cette année représentée par Remington And The Curse OF The Zombadings de Jade Castro (des zombies philippins et gays où surnagent quelques gags dans une histoire passablement mise en images et embrassant goulument la plupart des clichés liés aux grandes folles).
Nos cinq désœuvrés à moustaches et mulets s’opposent à des hooligans de la ville voisine sur fond de tuning et courses à la Fast And Furious pour imposer leur suprématie de mâle alpha. Vociférant toujours autant de « kut ! » et de « homo ! » ils en viendront à affronter les zombies dans quelques moments de bravoure mémorables. Une histoire beaucoup moins tenue que le premier et reposant principalement sur une succession de saynètes toutes plus irrévérencieuses et hilarantes les unes que les autres, ne prenant aucunes pincettes avec les enfants, la mort, les handicapés, les ligues de vertu et plus généralement la bienséance. Une suite générant du rire gras parfaitement jubilatoire et qui s’amuse en outre avec son propre statut mercantile.

Le deuxième film en compétition, House Of Last Things de Michael Bartlett traite d’un couple au bord de l’implosion à cause d’un trauma au départ mystérieux mais qui deviendra plus que transparent par la suite malgré les circonvolutions symbolico-ésotériques pour en détourner le plus longtemps possible la véritable teneur. Alors qu’ils s’envolent pour l’Italie (réminiscence lointaine de Ne Vous Retournez Pas ?) pour tenter de retrouver sinon leur flammes du moins une entente, leur maison est entretenue pendant leur absence par la jeune Kelly qui en profite pour accueillir son frère légèrement demeuré et son petit ami légèrement voyou. Ce dernier va progressivement changer du fait de l’environnement de la demeure et après avoir récupéré un gamin en pleurs en sortie de supermarché. Voulant tirer profit de la situation en réclamant une rançon, il s’avère que la disparition de ce garçon n’a suscité aucune inquiétude ou avis de recherche. Dès lors, le réalisateur va entremêler, parasiter les deux intrigues parallèles, constituant un univers à l’ambiance fantasmagorique déroutante. Le tourbillon des évènements passés et présents créant une sorte de vortex dimensionnel que traverseront les personnages. Pas désagréable dans les impressions générées mais trop souvent lourdingue dans son sous-texte allégorique de conte de fée (vieille inquiétante, pomme rouge, fruit défendu, serpent, etc.). A souligner une certaine originalité dans le fait que ce n’est plus le cimetière indien sur lequel est construit la maison qui provoquera le retour du refoulé mais un parcours de golf.
Pas le plus mauvais film en compétition comme le confirmeront très rapidement The Bay de Barry Levinson  et The Crack d’Alfonso Acosta.

"The Bay" de Barry Levinson

« The Bay » de Barry Levinson

The Crack, comme House Of Last Things, conte l’histoire d’une famille prête à se déchirer. Mais là, elle va le faire en mode trèèèès ralenti, les jours se succédant dans une indolence terrassante (à tel point que l’annonce de l’ultime jour sera accueilli par une salve d’applaudissements), les repas laissant place aux conversations aux baignades et promenades sans que le moindre malaise ou potentielle confrontation virulente n’émerge. Il est pourtant question de deux frangins attirés par leur jeune tante, de la mort de la sœur dans une soirée sexe-drogue-masques d’animaux et des jumeaux de neuf an s aux relents diaboliques. Une langueur insupportable jamais rehaussée par une mise en scène quelconque.

The Bay, quant à lui, est un found-footage-de-gueule de la pire espèce puisque non content d’être complètement incohérent dans les réactions des personnages (ou le fait que les bandes miraculeusement retrouvées après confiscation contiennent des conversations de membres d’une officine gouvernementale…) ne raconte absolument rien. Il s’agit d’une contamination de la population de la  station balnéaire de Calridge dans le Maryland par une bactérie transmise par les poissons et l’eau à cause de déchets issus de l’usine de production intensive de poulets en batteries et qui après incubation se transforme en bestioles bouffant ses hôtes de l’intérieur. On navigue à vue entre dénonciation d’un productivisme forcené et film de contagion sans que ni l’un ni l’autre de ces genres ne génère une once de tension voire d’excitation. Du fait du mélange de plusieurs points d’entrée (vidéos tournées par des océanographes une journaliste, une famille), le récit patine voire même fait du surplace à force de s’étirer et montrer presque continuellement  des mouvements de panique et d’étonnements sans qu’il n’y ait de véritables réactions. Quel est le ressort principal d’ailleurs, se demanderont ceux qui n’auront pas encore abdiqués (ou endormis ?) ? Valeur testamentaire, d’alerte, de désespoir devant son rendu à l’écran (la narratrice maugréant devant son pantalon moulant exagérément ses formes ou sa réaction de frayeur ridicule la faisant courir autour d’une fontaine) ? Tandis que les effets un peu craspec et de bébétes grouillantes se font rare, la voix-off de la journaliste ayant survécue inexplicablement et relatant trois ans plus tard les évènements est omniprésente pour commenter le vide des images.

"La Maison au bout de la rue" de Mark Tonderai

« La Maison au bout de la rue » de Mark Tonderai

Une fois encore, pour trouver de solides propositions de cinéma, il fallait se tourner ver les films hors-compétition avec La Maison au bout de la rue de Mark Tonderai et Dagmar, l’âme des vikings de Roar Uthaug. Deux films sans génie mais à la narration solide sans fioritures et dont les personnages suffisamment bien caractérisés se dépêtrent asses habilement de codes du genre archi-rebattu. Mark Tonderai avait déjà provoqué un petit étonnement lors de l’édition de 2009 (la surprise du festival, même) avec Hush, thriller autoroutier sur fond d’enlèvement et de traite de blanches remarquablement construit. Avec La Maison au bout de la rue, il s’empare là encore d’un récit ultra balisé, une mère et sa fille emménagent dans une grande propriété voisine d’une demeure où se sont déroulés de dramatiques évènements (un couple se fait assassiner par leur fille dérangée de treize ans) pour dérouler une histoire jouant autant avec la chronique d’une intégration à une communauté rejetant la singularité (le fils orphelin revenant habiter dans la maison familiale en faisant les frais) qu’avec le suspense et l’inquiétude naissant du potentiel dérèglement psychologique de ce jeune homme traumatisé. Les rapports entre la jeune fille et ce garçon sont au cœur des enjeux et même si on s’en éloigne quelque peu pour une conclusion plus convenue avec retournements de situation et moments de tension plus classiques, l’exercice est plaisant de par une interprétation crédible (Elisabeth Shue, Max Thieriot, et même Jennifer Lawrence pourtant la blondasse de Hunger Games) et une mise en scène ad hoc (notons également la participation de Jonathan Mostow ici au scénario). Dagmar, l’âme des vikings de Roar Uthaug est lui aussi terriblement efficace dans son traitement, ne s’embarrassant pas de circonvolutions pour mener d’un point (la jeune Signe voit sa famille tuée par l’impitoyable Dagmar et sa troupe) à un autre (Signe aidée par Fritt la fille de Dagmar tentent d’échapper à ces vikings brutaux – pléonasme) avec une belle énergie. Pas étonnant de la part de ce réalisateur ayant signé le très fréquentable et intéressant slasher de Cold Prey qui poursuit ici dans la même veine. Dans une contrée ravagée par la peste noire, chacun lutte avec les moyens à sa disposition pour reformer une cellule familiale, finalement ultime recours pour une survie durable. Le joli scope mettant en valeur les paysages norvégiens agrémente de belles images ce récit prenant et violent dans les affrontements et les rapports entre les protagonistes.

Nicolas Zugasti

Bande-annonce de New Kids Nitro

Bande-annonce de La Maison au bout de la rue

Bande-annonce de Dagmar, l’âme des vikings

Bande-annonce de House Of Last Things

Bande-annonce de The Crack

Bande-annonce de The Bay

Bande-annonce de Remington And The Curse Of The Zombadings

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