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Présidé par l’ex maestro de l’horreur transalpine Dario Argento, le 18ème festival international du film fantastique de Gérardmer s’est conclu le dimanche 31 janvier par le triomphe du cinéma coréen – J’ai rencontré le diable, chef-d’œuvre de noirceur de Kim Jee-Woon empochant les prix du Jury jeune, du public et de la critique tandis que l’excellent Bedevilled de Jang Cheol-Soo est récompensé par le Grand prix – et un bilan global mitigé sur l’état des lieux du cinéma fantastique.

Surtout, les différentes sélections laissent pour le moins dubitatif quant à une nouvelle perception du genre, que Gérardmer semble désormais symboliser, où la quête de sens, les questionnements philosophiques pachydermiques ou le maniérisme l’emportent sur toute construction dramatique du récit, psychologique des personnages et formelle du cadre. Autrement dit, le fantastique ou le cinéma de genre en général ne paraît digne d’intérêt qu’au travers d’une appréciation intellectuelle avant le simple plaisir sensitif.
Or, les meilleurs films d’horreur, ceux qui resteront à la postérité, comme la plupart des œuvres de Romero (jusqu’à Land of The Dead), d’Argento (jusqu’au Syndrome de Stendhal) ou Carpenter (TOUS ses films !), questionnent et nous confrontent, d’abord, avec nos peurs les plus profondes et ensuite s’épaississent éventuellement de thématiques politiques apparaissant au gré d’une analyse rétrospective d’une mise en scène à couper le souffle. Ce que beaucoup (trop) d’œuvres présentées en compétition ou non délaissent, donnant lieu à des pensums insupportables (Ne nous jugez pas), des expérimentations d’une vacuité insondable (The Silent House) ou des produits de consommation courante jetables et interchangeables (Devil, En quarantaine 2). On se demande d’ailleurs encore pourquoi The Hole de Joe Dante et surtout The Ward de Carpenter (le retour de Big John nom de dieu !) n’étaient pas sélectionnés. Certes, ils demeurent mineurs dans la carrière de leurs auteurs mais cela ne justifie aucunement ces oublis.
De même, on peut légitimement s’interroger sur la pertinence de la composition des sélections en compétition, hors compétition et inédits vidéo. Les trois films asiatiques concourant pour le Grand prix n’ont ainsi aucun rapport, même lointain, avec le fantastique bien que basculant dans l’horreur d’une violence graphique sans retenue, véritable acmé de personnages rendus fous par la pression sociale (Dream Home), la douleur sentimentale (J’ai rencontré le diable) et l’humiliation permanente (Bedevilled). Mais au moins, cela permis d’apprécier du vrai cinéma, les deux films coréen et le hongkongais ne se contentant pas de reproduire les motifs et tics habituels du genre, ils les adaptent et les triturent pour insuffler leur propre rythme (parfois vacillant) à la narration.
Prenant pour cadre les prémisses de la crise financière mondiale ici frappant la baie de Hong-Kong, Dream Home de Pang Ho-Cheung raconte la difficile accession à la propriété d’une jeune téléconseillère pour un organisme banquier dont les démarches pour trouver un appartement à bon prix vont salement se radicaliser. Un category III (du nom de la classification locale des bandes hongkongaise extrêmement violentes) souffrant de légères baisses de rythme dues à un montage alterné entre flashbacks et quête sanglante présente et un contexte social parfois lourdement martelé (rétrocession, grèves de la faim, saturation du parc immobilier) mais dont les débordements graphiques instillent à la fois malaise et rire libérateur tout en dépeignant sans concession une condition féminine martyrisée (les femmes subissent des brimades perpétuelles de maris volages, de père violent ou de nuits d’amour sordides dans une chambre d’hôtel). L’héroïne apparaît ainsi comme un ange exterminateur dont les préoccupations bassement matérialistes vont l’entraîner dans une tornade de violence aveugle et purificatrice.

Bedeviled du coréen Jang Cheol-Soo adopte la même structure narrative que Dream Home, évolution progressive vers un déchaînement de violence exorcisant les ressentiments de son héroïne, mais diffère dans son traitement puisqu’ici le récit se déroule de manière beaucoup plus linéaire. Le retour vers un passé traumatique passe par quelques séquences montrant l’enfance des deux personnages féminins principaux mais se matérialise avant tout physiquement par le retour d’une jeune conseillère financière exécrable et détestable (rappelant d’ailleurs la Christine de Jusqu’en Enfer de Sam Raimi) sur l’île où vit toujours sa meilleure amie. Un voyage envisagé comme moyen de se ressourcer personnellement pour parer à la pression de son job et de son refus d’aider la police en reconnaissant les auteurs d’une tentative de meurtre. Là, elle sera le témoin d’exactions encore pire puisque Bok-Nam, son amie est doublement exploitée, physiquement dans les travaux de récolte par les vieilles tantes imposant un pouvoir matriarcal et sexuellement par les hommes du village. En invertissant les positions de ses personnages féminins principaux, la paysanne investit le cadre tandis que la working girl reste dans l’ombre, n’intervenant jamais malgré la détresse apparente de son amie, le réalisateur nous place dans la position neutre et dérangeante de témoin inactif, rendant l’identification déjà problématique dès le départ (la trentenaire est inflexible face à une pauvre hère quémandant un prêt pour un logement décent) de plus en plus choquante. Bien que tirant un peu en longueur dans son final (un défaut presque naturel tant on le retrouve dans pratiquement toutes les productions du pays du matin calme) Bedevilled est un film obsédant, au rythme languissant mais pourtant intense, magnifié par un superbe travail sur la photo et la lumière solaire, basculant de plus en plus intensément dans l’horreur des situations jusqu’à une résolution paroxystique et dont les différentes prises de consciences ne se feront pas sans difficultés, pour les personnages mais aussi pour les spectateurs face à des séquences parfois insoutenables. Un beau Grand prix (qui ne sera exploité qu’en DVD !?) qu’aurait tout aussi bien mérité l’autre sensation coréenne du festival, J’ai rencontré le diable de Kim Jee-Woon.
La revue Versus y reviendra dans son numéro 22 au moment de sa sortie le 6 juillet prochain mais dores et déjà, on peut affirmer que la descente aux enfers de son héros restera parmi les sensations de l’année et sans conteste comme le meilleur film de son auteur Kim Jee-Woon qui retrouve ici la noirceur et la violence de son polar hardboiled A Bittersweet Life et dirige à merveille Lee Byung-Hun et Choi Min-Sik absolument renversants et fascinants. Agent de renseignement, Kim Soo-Hyeon (Lee Byung-Hun) va se mettre en tête de faire payer l’assassin de sa fiancée, le psychopathe Kyung-Chul (Choi Min-Sik). Une intrigue simple pour un film qui semble aller rapidement droit au but puisque le héros va très vite retrouver le tueur dans son repaire. Alors que l’on s’attendait à une succession de supplices dignes d’un vulgaire torture porn, le film bascule vers une vengeance lente et douloureuse pour tout le monde puisque le meurtrier est relâché. Cependant, celui-ci demeure sous étroite surveillance, l’agent intervenant au dernier moment pour l’empêcher de faire une nouvelle victime, le mutilant un peu plus à chaque tentative d’assouvir ses pulsions. Mais ce calvaire de Tantale accentuant la frustration du sadique est un jeu dangereux… Brillant à tous points de vue, tant dans la forme que dans le fond, J’ai rencontré le diable est de plus doté d’un humour très noir et démontre, après le puissant The Chaser, que la Corée est décidément le nouvel eldorado du polar sans concession.

L’autre sensation en compétition du festival a été le film australien The Loved Ones de Sean Byrne, justement récompensé du Prix du Jury (ex-aequo avec Ne nous jugez pas). Comme les précédents films chroniqués, The Loved Ones a la particularité d’être jusqu’au boutiste, décrivant le calvaire d’un jeune homme séquestré par la fille à laquelle il a décliné l’invitation au bal de fin d’année. Celle-ci va lui faire vivre un fête inoubliable. Mixant dans la bonne humeur les teen movies à la John Hugues, le kitsch et l’acidité de John Waters et Massacre à la tronçonneuse, bien que l’univers soit plus aseptisé la famille de timbrés dégage une grande malsainité, The Loved Ones dérange autant qu’il amuse. Dommage que la tentative de croiser plusieurs intrigues donne un rythme par moments souffreteux mais les relations barrées entre l’héroïne et son père et l’empathie ressentie pour le malheureux héros emprisonné subissant de multiples dommages physiques sont suffisamment bien travaillées pour faire oublier ses limites et incohérences.

18 ans, c’est l’âge de la majorité, ce moment censé marquer la fin de l’enfance et le début de l’émancipation vers une certaine maturité. C’est également l’apanage du festival qui pour sa 18ème édition prône le changement par la recherche d’une certaine respectabilité. Une évolution déjà subrepticement à l’œuvre les deux éditions précédentes et qui s’affirme ici au sein de la compétition officielle où concourent des films au postulat fantastique plutôt diffus mais surtout qui se manifeste par la sélection de trois films présentées à Cannes en 2010. En soi, ce n’est pas forcément dérangeant mais les différentes sections de la croisette ne sont pas réputées pour leurs franches plongées dans le genre. Cela se vérifie malheureusement car mis à part l’enivrant Bedevilled, nous avons eu à subir les poses auteurisantes de Ne nous jugez pas et The Silent House, empoignant le genre avec des pincettes et sans doute une pince à linge sur le nez.
Ne nous jugez pas (Somos Lo Que Hay en VO) du mexicain Jorge Michel Grau traite d’une famille de cannibales venant de perdre le patriarche les fournissant en chair fraîche. Dès lors, va se poser la question du choix de celui qui devra prendre en charge la survie du groupe entre deux frères aux caractères diamétralement opposés, l’un devant surmonter sa nature introvertie tandis que l’autre ne refrène pas sa violence. Si la photo tend à rappeler par ses teintes ocre l’ambiance pesante et déliquescente du chef-d’œuvre de Tobe Hooper, Massacre à la tronçonneuse, tout se délite rapidement à cause d’un traitement directement emprunté au cinéma d’ôteur français, long tunnels sans paroles voulant passer pour des plans contemplatifs travaillés, symbolisme lourdingue et contexte social surligné à l’appui. Le cannibalisme n’est ainsi envisagé qu’en pointillé, le film occultant ce mode de vie pour s’attacher aux relations difficiles et ridicules entre les personnages : entre la mère passant son temps à descendre les escaliers puis à remonter dans sa chambre une fois les disputes calmées, le frère et la sœur le nez collé à la vitre pour regarder s’écouler les gouttes de pluie ou encore la métaphore culinaire du taco, on touche le fond. Pourtant, le réalisateur continue de creuser en nous proposant (enfin) quelques séquences violentes mais envisagées sur un mode vaudevillesque ou neurasthénique digne de Derrick. Le film est d’autant plus insupportable que le premier degré pompeux l’animant est à la limite de la condescendance, le réalisateur prenant soin d’appuyer des plans et un discours qui indignent parce que la déshérence sociale de l’être taco-cannibale perdu dans cette mégalopole inhumaine, c’est sérieux quand même…
Dans un tout autre registre, The Silent House de l’uruguayen Gustavo Hernandez a pourtant tendance lui aussi à prendre le spectateur pour un débile profond. Reposant entièrement sur un concept technique intrigant, un plan séquence d’une heure et dix huit minutes, soit la durée totale du métrage, la caméra va se borner à suivre les pérégrinations de Laura passant la nuit dans une maison isolée qu’elle et son père doivent retaper dès l’aube et où des bruits étranges trahissent la présence d’une autre personne. Ou entité, on ne sait pas. L’héroïne va ainsi passer les trois quart du temps à visiter les lieux dans la pénombre cramponnée à sa seule source de lumière, une lampe torche, le réalisateur tentant de faire monter le trouillomètre avec des procédés éculés : temps de latence démesurés, jump scares, noir absolu « brisé » par le flash d’un appareil photo… Si la tension est palpable dans les premiers instants, elle laisse bien vite place à l’ennui le plus profond que la manipulation du spectateur (à la limite de la malhonnêteté tant certaines incohérences neutralisent le renversement de perspective) n’extirpera même pas. Un film appuyant encore une fois lourdement sur une symbolique pourtant très vite transparente et dont la séquence post générique dénote d’un irrespect absolu pour son audience clairement prise de haut avec ses ultimes images explicatives d’une parfaite inutilité.

Seul représentant français, Mirages de Talal Selhami essaye lui aussi de marier une intrigue qui fait sens avec un traitement fantastique. Cinq prétendants à un même emploi dans une grosse boîte, la Matsuika, doivent se départager au cours d’une épreuve décisive. La camionnette qui les transportait se renverse et ils se retrouvent perdus dans le désert marocain, ne sachant plus si c’est un véritable accident ou l’épreuve en question. Mirages tente de jouer sur l’ambiguïté, l’ambivalence des personnages, la paranoïa et une fois encore une symbolique à deux balles (la traversée du désert, sic) mais ne trouve jamais le bon équilibre. La faute à une direction d’acteur déficiente, des situations incongrues et traînant en longueur et une réalisation à la ramasse. En effet, les zooms et dézooms sauvages et constants donnent la nausée et ne parviennent jamais à structurer la narration. N’est pas Paul Greengrass qui veut. Pire, Mirages ne magnifie même pas les superbes paysages servant de décor et s’apparente plus sûrement à un Lost pour les nuls qu’à une ambitieuse proposition de cinéma. Un film aux avis principalement mitigés, la plupart connaissant le réalisateur hésitant à en dire franchement du mal.
Si le style visuel de la caméra portée et du concept du « found footage » popularisé par Le Projet Blair Witch, Rec et Cloverfield n’a plus rien d’original, en revanche, son utilisation dans l’exploration d’un univers mythologique à la lisière du nôtre est inattendue et plutôt pertinente, comme si l’existence des trolls ne pouvait être révélée et authentifiée qu’au travers d’un objectif et du prisme vidéo. C’est ce que propose l’inégal The Troll Hunter du réalisateur norvégien André Ovredal où trois jeunes apprentis documentaristes se lancent sur la piste de Hans, le chasseur de troll en titre, enregistrant sur bande la moindre apparition de ces monstres extraordinaires dont ils seront les témoins privilégiés. Dommage que les personnages souffrent d’une caractérisation superficielle et peu impliquante et que les images de ce qui est censé être un documentaire soient parfois cadrées à l’emporte-pièce (dans le feu de l’action c’est justifiable mais autrement non) car Hans est bigrement charismatique, les confrontations avec les trolls dantesques et surtout le film met cette traque fantastique de créatures mythiques à l’épreuve d’une gestion administrative. Rationnalisant ainsi l’extraordinaire pour proposer un contraste saisissant où Hans démythifie complètement son action quasi superhéroïque de régulateur de la population troll en se dépeignant lui-même comme un simple fonctionnaire fatigué et harassé par des conditions de travail déplorables. Un film franchement jubilatoire.

Concluons ce tour d’horizon de la sélection officielle par le film d’ouverture Devil de John Erick Dowdle où six personnes se retrouvent coincés dans un ascenseur et seront confrontés au diable en personne se dissimulant sous les traits de l’un d’eux. Produit par Shyamalan , Devil reprend et accentue les travers thématiques de l’ex-futur wonder boy (la foi, la culpabilité, la communication) sans en retrouver l’audace visuelle (mis à part The Last Airbender , les films de Shyamalan sont tout de même d’une haute tenue). Quelques bonnes idées sont à relever, notamment les séquences d’attaque toujours précédées du vacillement des lumières puis de leur extinction mais cette presque version diabolique de L’Ascenseur de Dick Maas reste très consensuelle.
Pour apprécier des œuvres véritablement ancrées dans le fantastique, c’est vers les films hors compétition qu’il fallait se tourner. Outre le sensationnel Rare Exports : un conte de Noël de Jalmari Helander (on y reviendra dans le numéro 21 de Versus), on a pu découvrir le dernier film du très intéressant réalisateur Brad Anderson qui avec L’Empire des ombres se frotte au I Am Legend de Richard Matheson. Inexplicablement, la quasi-totalité des habitants de la ville de Détroit (et peut être le monde entier ?) a disparu sans laisser d’autre trace que leurs vêtements au sol, comme si la chair avait été vaporisée. Ne reste que quelques survivants qui luttent pour ne pas être absorbés par des ombres étranges s’étendant jusqu’à recouvrir la moindre parcelle de territoire non éclairée par une lumière quelconque. De cette lutte ancestrale, Anderson en fait une allégorie sur le cinéma (les personnages semblant prendre conscience de leur non existence hors de la lumière que l’on projette) parcourue par de réels moments d’angoisse (les ombres formant des silhouettes humaines sur les murs, les ténèbres se propageant et poursuivant les personnages) mais aux péripéties répétitives. Une fois de plus Anderson aborde le thème de la culpabilité pour faire de son film une étude languissante de la psychologie de ses personnages mais n’arrive que rarement à passionner, la faute à des interprétations trop peu incarnées (l’endive Hayden Christansen en tête). Un film intéressant mais qui reste une relative déception pour l’auteur de The Machinist. Sans doute est-il temps pour lui de renouveler ses thématiques.
Mais l’incontestable pépite de ce festival est sans conteste le génial Triangle de Christopher Smith (Creep, Severance) qui s’est inexplicablement retrouvé à concourir dans la catégorie des inédits vidéo. Sachant que Bedevilled ne sortira pas en salles mais directement en DVD, on cherche encore la pertinence d’une telle sous compétition. C’est bien simple, si Triangle avait figuré en compétition officielle, il empochait pratiquement tous les suffrages haut la main ! Cinq plaisanciers trouve refuge, après une tempête électrique les ayant fait chavirer, sur un paquebot de croisière abandonné. Enfin, pas tout à fait puisqu’un étrange tueur masqué rôde, bien décidé à tous les tuer. Ne vous fiez pas à cette intrigue de slasher bas du front, Triangle est en fait un perpétuel jeu sur les différents points de vues d’une même séquence morcelée et répétée à l’infini. Jess (renversante Melissa George), la malheureuse héroïne est ainsi prise dans une boucle temporelle dont elle va éprouver les multiples et répétitives difficultés à en échapper. Un récit gigogne qui ménage son lot de surprises et qui joue à la perfection avec les subtiles variations autour d’un même motif, les effets de miroir et les différentes significations de l’histoire qui vient de se dérouler (récit mythologique, rêve, réalité fantastique, … ?). Triangle, c’est un mix grandiose entre Timecrimes de Nacho Vigalondo, Un Jour sans fin de Harold Ramis, Shinning de Kubrick et l’épisode Triangle de la sixième saison d’X-files. Autrement dit, un classique instantané.

Mais la hors compét’, c’est aussi la section où figurait de sacrés nanars. Cependant, aussi ratés soient En Quarantaine 2, Cold Prey III et Hybrid, ils demeurent éminemment plus sympathiques que les insupportablement sentencieux The Silent House et Ne nous jugez pas.
Suite directe au premier En Quarantaine (remake dévitalisé au plan près de Rec), En Quarantaine 2 voit le virus responsable de la transformation en zombies affamés se propager aux passagers d’un long courrier. Mais la promesse de « zombies dans l’avion » s’envole au bout de vingt minutes, le temps pour l’avion de revenir rapidement au sol. L’action se développera dans la zone de chargement des bagages où les tapis roulants seront propices à des poursuites bennyhillesques à quatre pattes. Mal photographié (la séquence finale en vision nocturne est d’une laideur et d’un ridicule affligeants), En Quarantaine 2 vaut surtout pour ses grands moments de n’importe quoi hilarants de débilité : entre la pire attaque jamais vue d’un rat se laissant mollement tomber sur le crâne chauve d’un vieillard atteint de Parkinson, l’héroïne se faisant embobiner par le beau traître lui faisant passer des rats pour des hamsters ou la métaphore du manche à balai que le père de l’héroïne lui a toujours intimé de saisir, difficile de rester de marbre.
Tout aussi mauvais, Hybrid est cependant plus douloureux car réalisé par Eric Valette, un des rares avec Florent Emilio Siri et Fred Cavayé à proposer un cinéma de genre de qualité en France. Même sans connaître les difficultés de Valette au cœur de la machine (à broyer) hollywoodienne, difficile au vu du résultat de lui attribuer la paternité et la responsabilité de ce film abracadabrantesque. Cette histoire de voiture possédée prenant un étrange tournant lorsqu’il s’avèrera que c’est en fait un calamar métamorphe millénaire géant qui a pris l’apparence d’une dodge noire pour chasser ses proies humaines. Une explication aberrante assénée avec le plus grand sérieux par un étudiant en biologie, qui, sublime hasard, travaille partiellement dans le garage où est employée sa jeune tante. Pas grand-chose à sauver d’un film dont la bande-annonce promettait au moins une série B terriblement efficace et où l’on retiendra principalement la mort d’un personnage la plus inepte et idiote depuis celles de Boba Fett dans Le Retour du Jedi et de son père Jango dans L’Attaque des clones : la jolie secrétaire balançant un cocktail Molotov sur la voiture en furie mais rebondissant sur son pare-brise va finalement enflammer la malchanceuse.

Globalement, ce 18ème festival de Gérardmer aura été satisfaisant d’un point de vue qualitatif mais devrait à l’avenir concevoir un peu mieux les différentes sélections, histoire de ne pas se couper d’un public d’aficionados du fantastique et de l’horreur. Les œuvres originales et ambitieuses sont bien entendu les bienvenues mais encore faut-il qu’elles respectent à la fois le genre et leur public. Finalement, c’est juste une histoire de quelques ajustements à faire et l’on est tout de même impatient de repartir en terre gérômoise pour la 19ème édition du festival !

Nicolas Zugasti

Bande-annonce de I Saw The Devil (J’ai rencontré le diable) de Kim Jee-Woon






Bande-annonce de The Loved Ones de Sean Byrne






Bande-annonce de Bedevilled de CHeol-Soo Jang






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Une réflexion sur “18ème festival international du film fantastique de Gérardmer – compte-rendu

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