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Longtemps absent du grand écran (son dernier film, le très bon Metropolis, est sorti en France en 2002, ce qui commence à dater), Rintaro revient avec une coproduction franco-japonaise supervisée par le studio nippon Madhouse. Un gage de qualité dans le domaine de l’animation comme en témoignent les longs-métrages Ninja Scroll, Perfect Blue, Paprika ou les séries Devil May Cry et Monster.
Métrage destiné avant tout aux enfants, Yona, la légende de l’oiseau-sans-aile voit le réalisateur se frotter pour la première fois à l’animation en infographie 3D, convaincu qu’il s’agit du futur de l’animation après avoir travaillé jusqu’alors sur celluloïd 2D. Une innovation technologique qui aboutit à un résultat plaisant – sans être révolutionnaire ou prodigieux – et dont l’aspect technique ne prend jamais le pas sur l’’intrigue. L’histoire manque cependant d’intensité et n’arrive pas toujours à susciter cet émerveillement chez le spectateur, alors que le « merveilleux » parcourt pourtant tout le récit.

Le film narre les aventures d’une petite fille – Yona donc – se prenant pour un pingouin, et persuadée qu’elle est capable, comme eux, de s’envoler dans les airs. Une illusion prenant racine dans un passé encore frais dans sa mémoire, ces moments passés avec son père aujourd’hui décédé, qui lui avait garanti que les pingouins savaient voler, lui-même ayant déjà parcouru les airs à leurs côtés. Une petite fille bercée par ses rêves et semblant ne pas avoir de vie en dehors de ce monde magique qui balise son quotidien. Un univers merveilleux qui prendra d’ailleurs vie sous ses yeux quand un petit Gobelin l’invite à découvrir son monde que cherche à dominer le mystérieux Bouca-Bouh, l’Empereur des ténèbres. Les Gobelins voient en Yona cette figure légendaire de l’oiseau-sans-aile, censé les sauver de cette menace. La petite fille finira par atteindre son objectif, tutoyer les nuages, tout en réalisant la prophétie des Gobelins.

Un joli récit initiatique, centré sur des motifs tels que la confiance en soi et dans les autres : Yona croit dur comme fer aux paroles de son père, et sa mère la laisse déambuler dans la ville seule en pleine nuit, sans apparemment craindre pour sa sécurité. Impossible de ne pas être ému et amusé lors de cette scène dans laquelle la fillette tente et parvient à s’envoler pour récupérer cette aile d’ange en or si précieuse. Ne jamais cesser de s’émerveiller… Vivre ses rêves pleinement et jusqu’au bout (pas un hasard si l’intrigue du film se passe la nuit) et garder le plus longtemps possible ce regard enfantin et naïf sur les choses de la vie. Tout le contraire de Coraline, qui véhiculait a contrario l’idée d’une nécessité de rompre avec l’émerveillement de l’enfance tronquant la réalité. Ce sont d’ailleurs la foi et l’assurance profondes de Yona qui permettront de rétablir l’harmonie dans ce monde fantastique : l’ange Zammie récupérera son aile manquante ; l’une des sept divinités retrouvera sa place auprès de ses pairs en recouvrant sa tête, tandis que le village gobelin retrouvera la quiétude après la déroute de Bouca-Bouh.

Ce monde peuplé de Gobelins, d’anges, de dragons et de divinités (les Sept sages dont l’un veille avec attention sur la jeune héroïne) est à l’image de la production du métrage : un syncrétisme occidentalo-oriental s’inspirant autant de la culture nippone que du christianisme. Mais pas de théologie pompeuse ou de prosélytisme insoutenable. Simplement une invitation à s’envoler dans les cieux de l’imaginaire et à flotter dans nos rêves les plus insensés…

Fabien Le Duigou

> Sortie en salles le 3 février 2010

[Dailymotion id=xbtmyo] Yona, la légende de l’oiseau-sans-aile – Bande-annonce en VF

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