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Affiche du film

Toute mort, dans la diégèse de la saga Destination Finale, repose sur un enchevêtrement d’éléments qui mènera au décès spectaculaire, effroyable et inéluctable du personnage. Ces quelques scènes essentielles se font toujours désirer, un peu comme les combats d’un film de Bruce Lee. Malheureusement, puisque l’on nous ressert l’exact même canevas depuis 2001, difficile de rendre passionnants les intermèdes qui séparent ces morceaux de bravoure escomptés… Le second épisode fit un choix crucial, celui de concentrer son énergie sur la mécanique fatale : presque aucune intrigue, mais un plaisir inouï à chaque mise à mort. L’inventivité formelle de David R. Ellis apporta considérablement à la réussite de l’excellent Destination Finale 2. Mais c’est plus encore cette vacuité narrative qui rendit l’expérience si viscérale, si intense. Pour l’épisode de trop, celui qui n’a plus rien à raconter et qui cherchera seulement à en mettre plein la vue avec la 3D… c’est donc sans surprise que les producteurs firent de nouveau appel à cette fine équipe.

Le scénariste Eric Bress fait donc son job à moitié, et c’est très bien comme ça. Pour preuve, lorsque l’épilogue ménage un coup de théâtre, celui-ci ne repose sur aucun élément tangible disposé auparavant. Quant au début, il est bâclé (l’accident initial ne vaut rien par rapport à celui de l’autoroute de l’opus 2) et la fin, encore plus. Une scène finale qui a au moins le mérite d’être honnête sur le manque de substance affichée des auteurs : des squelettes, translucides de surcroît, se font briser en mille alors que seule l’hémoglobine garde sa consistance et sa couleur à l’image. Des personnages vides et du sang : la recette gagnante du film est symbolisée par cette image terminale. Mais, entre temps, alors ? Entre temps, quelques sursauts vous feront dire que le paiement pour la location des lunettes n’a pas été aussi justifié depuis longtemps. Il était triste de constater que le passage en 3D le plus réussi de Là-haut était la pub Haribo diffusée juste avant le film. Cette fois-ci, on en a pour son argent !

Coupable d’une inspiration aléatoire, on reprochera toutefois à Eric Bress de s’être abaissé – et c’est une première ! – à une mort-gag expéditive (l’un des « condamnés » meurt de façon abrupte sans que le film n’ait fait monter la sauce comme à l’accoutumée), et aussi de nous refaire le coup de la fausse piste. Dans Destination Finale 2, un gamin s’extirpait in extremis d’un piège terrifiant où l’électrocution et / ou l’étouffement l’attendait à chaque seconde, pour finalement mourir écrabouillé par une plaque de verre alors qu’il cherchait à faire s’envoler des pigeons (oui je sais, c’est génial…). Ici, rebelote : un personnage meurt d’une façon absurde alors que David Ellis s’était évertué à faire monter une pression illusoire (liquide sur le sol, ventilo coupe-tête désolidarisé, etc.). Même quand ils tournent à vide comme ici, ces passages sont toujours efficaces, tétanisants surtout, et quel plaisir de les voir encore rehaussés par les effets du relief. Le spectateur passe chaque séquence à se cacher les yeux. Du bon, donc, mais que du déjà-vu ? Tut-tut. Il y a du neuf dans DF4 : gain de temps et maximisation de la terreur, Ellis met en scène une double-mort en montage parallèle. Un suspense monstre, en apnée (littéralement !), pour la séquence la plus captivante de l’ensemble. Autre nouveauté : la « mort » mise en abyme, lors de la séquence finale. Sans trop en dévoiler, le passage évoque étrangement le grand final d’Inglourious Basterds. Comme Tarantino, ce qu’aime Ellis, c’est exploser les bordures de ses cadres. Alors quand il filme une explosion, il ne faut pas venir se plaindre si l’on sort de la salle avec quelques cheveux cramés…

Hendy Bicaise

> Sortie en salles le 26 août 2009

[> Site Officiel.]



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Une réflexion sur “« Destination Finale 4 » de David R. Ellis

  1. Fait attention. J’ai de la difficulté à voir ton point-vu envers le film. L’aimes-tu? L’aimes-tu pas? Sinon, le reste de ta critique est très bien.

    Je trouve que le réalisateur voit la possibilité de faire de la série « Final Destination », des films gore et jumoristique. Moi j’ai ris à plusieurs reprises durant le film.

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