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Mais qu’est-ce que toutes les adolescentes trouvent donc à Zac Efron, l’acteur-chanteur de la série des comédies musicales High School Musical (je n’en ai vu aucune) ??? C’est cette question hautement existentielle qui m’a poussé à aller voir son dernier film, la comédie 17 ans encore, même si je partais avec un a priori plutôt négatif…
A priori qui s’est d’ailleurs confirmé, car ce n’est pas un bon film… Mais soyons honnête, on ne s’y ennuie jamais, et on est porté sans difficultés par l’intrigue, du début à la fin du métrage. C’est – il faut le rappeler – la qualité première d’un film : savoir captiver son auditoire et ne plus le lâcher jusqu’au générique final. Mais ce n’est bien évidemment pas suffisant pour éviter l’échec – artistique du moins – du film. Car des défauts, la pelloche de B. Steers en regorge : un humour qui est loin de faire mouche à tous les coups, des personnages assez creux, une histoire ou plutôt une thématique mille fois traitée auparavant. S’ajoute à cela un discours plus politiquement correct tu meurs ! On n’échappe pas au « tout est bien qui finit bien », ce qui n’est pas répréhensible en soi. Mais la morale qui l’accompagne date d’un autre âge : pour preuve, le lycéen qui se faisait une joie de « passer du bon temps » (je m’adapte au politiquement correct du film, là) avec sa copine est encore une fois présenté comme un connard fini et pervers. Et l’amour et surtout les preuves d’amour que l’on donne à son âme sœur sont capables de résoudre tous nos problèmes … Bref, un « film guimauve » qui ne me réconciliera pas avec les comédies romantiques, qui ne sont en fait souvent ni drôles ni romantiques.

Mais commençons par le début de toute critique qui se respecte : le pitch. Mike O’Donnell (Matthew Perry) est un quadra qui a raté sa vie, aussi bien sentimentale puisqu’il vient de se faire plaquer par sa femme Scarlet (Leslie Mann) et familiale (ses enfants le trouvent ringard) que professionnelle (il vient de passer à côté d’une promotion malgré ses 16 ans de « maison »). Échec d’autant plus patent qu’il était promis à un brillant avenir de basketteur professionnel, mais il préférera s’occuper de sa copine tombée enceinte malencontreusement alors qu’ils étaient encore au lycée. Et magie ! Son « guide spirituel » (ne me demandez pas ce que c’est, je ne fais que citer le film…) lui permet de revenir ou plutôt de « renaître » dans son corps de 17 ans (Zac Efron donc) ! Commencent alors pour lui les problèmes. Car s’il souhaitait au départ pouvoir vivre son rêve brisé d’être une star du ballon et des parquets, d’autres préoccupations vont le détourner de cet objectif un brin égocentrique : sa fille sort avec la brute du lycée (le « connard » mentionné plus haut) et son fils se voit brutalisé par cette même brute, alors que son meilleur ami, un geek milliardaire fan du Seigneur des Anneaux de Star Trek et de Star Wars (Thomas Lennon) essaie de séduire la directrice de l’école. Et bien sûr sa femme qu’il va essayer de reconquérir… Mais avec son corps de 17 ans, la démarche est des plus périlleuses… Quelle stratégie adopter ? Et notre fringant « néo-jeune » de faire ami-ami avec son fils, afin d’approcher la mère… Un brin pervers, non ? Mon voisin de projection, qui n’était autre que Frédéric Beigbeder, s’est par contre amusé comme un petit fou. Le monsieur était hilare de bout en bout (et une hilarité contagieuse puisqu‘elle m’a fait décrocher quelques sourires sur des séquences que je ne trouvais pas vraiment comiques). Mais le sujet lui parlait beaucoup et résumait assez bien sa personnalité, lui qui déclarait assez ostensiblement avant la projection : « un gars de 40 ans dans le corps d’un jeune de 17 ans, ça ne peut que m’interpeller » (ou un truc du genre, l’intéressé me pardonnera l’imprécision de la citation).
Des quiproquos en pagaille, voilà en fait à quoi se résument grosso modo les moments les plus drôles du film. Les pérégrinations de Ned le milliardaire sont par contre insupportables… On rigole à ses deux premières apparitions, et on se prend à prier et supplier pour que le scénariste l’ait oublié dans la suite du film ! L’on regrette également le peu de scènes de Matthew Perry, très drôle, même quand il est censé nous émouvoir sur ses problèmes sentimentaux… Sans rire, dès que je vois sa trogne, je me marre ! Un vrai capital sympathie (et ce depuis Friends bien entendu) qui risque de lui jouer des tours dans sa carrière, car difficile d’oublier sa performance en tant que Chandler Bing. Il doit d’ailleurs à mon avis se poser la question : s’il pouvait tout refaire à zéro, laisserait-il ce rôle (qui lui a apporté notoriété, succès et argent) lui fermer certaines portes pour la suite de son métier d’acteur ? Car force est de reconnaître qu’aucun des six acteurs principaux du sitcom n’a vu sa carrière décoller après la fin de la série. Mais ceci est une autre histoire…

Le reproche fondamental que je ferais au film viserait finalement son conformisme : la question « qu’est-ce que je changerais dans ma vie si j’en avais l’occasion » est diablement excitante, mais jamais le film ne sort des lignes déjà tracées ici ou ailleurs. En gros, il ne faut rien changer et assumer nos choix. Et ne pas se plaindre, car nous n’avons pas à nous plaindre quand nous avons une petite vie de famille si douce et agréable, même si nous ne nous en rendons pas toujours compte. Si 17 ans encore était un film politique, il célébrerait un conservatisme réactionnaire des plus gerbants… À noter que dans une scène de classe où l’on fait un cours d’éducation sexuelle avec distribution de préservatifs, le jeune Mike prône l’abstinence tant que l’on n’a pas trouvé l’amour de sa vie… Et convainc ses camarades à sa cause si rétrograde… Sauf le « connard » bien entendu, qui récupère du coup l’ensemble des préservatifs…
Mais revenons à ce qui nous intéresse en premier lieu : Zac Efron. Bon acteur ? Non, mais il n’est pas plus mauvais qu’un autre djeunz de sa génération. Drôle alors ? Que nenni. Mais la comparaison avec M. Perry joue largement en sa défaveur, et peut donc biaiser mon jugement.
Mais quelle est donc cette inconnue dans l’équation « Zac Efron = toutes les jeunes filles craquent pour lui » ? Et quand je pose la question à une adolescente de mon entourage, la réponse est immédiate et sans équivoque : « mais t’es con ou quoi ?!? Il est trop beau !!! ». Ah ben oui… J’aurais dû m’en douter… C’est la qualité première que les jeunes attendent aujourd’hui d’un acteur… Et quand je rétorque à cette « ado représentative » que d’autres acteurs aussi sont de beaux hommes, en lui donnant l’exemple du Clint Eastwood débutant, son regard interloqué et ses yeux exorbités finissent de me rappeler que j’ai décidément bien vieilli, et ne comprends plus grand-chose à la jeunesse d’aujourd’hui…
Bon… Si je pouvais revenir en arrière, je crois bien que je voudrais revenir dans le corps de Zac Efron, tiens…

Fabien Le Duigou

> Sortie le 22 avril 2009.


« Ouahhhh !!!!!!! Trooooop beauuuuuuu !!!!!!! »

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2 réflexions sur “« 17 ans encore » de Burr Steers

  1. Ce film n’est pas nouveau. Et il faudrait rappeler à ceux qui ont une culture naissante du cinéma, qu’en 1986, Françis Ford Coppola avait signé un magnifique film sur le même sujet, que pourtant on a tendance à oublié dans sa filmographie, « Peggy Sue s’est mariée ».

    • Oui absolument… Vu en salles, d’ailleurs, et avec un enthousiasme qui ne s’est jamais tari depuis !
      Merci pour le souvenir, cher Philippe. 😉

      S. L

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