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En attendant un papier complet sur le festival (surtout sa sélection officielle) dans le prochain n° de VERSUS (sortie le 21 février en kiosques), petit retour très sensitif et informel sur la 16ème édition de Gérardmer Fantastic’Arts.

Un avis bien incomplet puisque votre serviteur n’a couvert le festival que par intermittences, et dès le vendredi 30 janvier seulement.
Ambiance morne le vendredi à mon arrivée, d’habitude c’est plus animé.
Des commerces, bars et restaus bouclés, des rues désertes en début d’après-midi, mais ensuite des files d’attente, ok, toujours aussi longues devant les salles.
Samedi 31, l’ambiance s’est réveillée et l’affluence était de mise, dans la rue comme dans les petits cafés du coin, c’était déjà ça, ça rappelait, enfin, l’ambiance de la ville, il y a 6 ans, et même il y a plus de 10 ans.
Concernant la sélection : je la trouvais éventuellement intéressante sur le papier,mais en fait c’était quand même d’un niveau très médiocre.
Heureusement qu’il y avait Morse (Grand Prix et Prix de la Critique… c’était couru d’avance !) et quelques curiosités pour relever l’ensemble, mais bon…
Déjà, je pense que le festival ne verse plus que dans l’horreur et plus vraiment dans le fantastique. L’horreur est devenue rentable et elle attire même des mémés à moustache, je l’ai vu de mes propres yeux. Du coup la programmation cherche souvent l’effet-choc, brutal, sanglant. Et les gens en redemandent, ils applaudissent au moindre effet gore bien senti, même quand ça n’est pas drôle. Comprend qui peut.

Vu pour ma part :

Long Week-end de Jamie Urban Legend Blank. Un couple qui campe dans le bush australien (tiens, Blank a vu Solitaire, c’est sûr!) mais qui ne respecte pas la nature voit celle-ci se retourner contre eux. C’est inégal, casse-gueule, ça manque de comédie grinçante ou alors ça l’est déjà trop, mais mal, par moments. Belle photo et réal naturaliste appropriée, mais le personnage du mari (Jim Caviezel) est insupportable et ruine, par caricature, la crédibilité / l’intérêt de la chose… Une fin gore mais un brin facile. Mouais.

Splinter. Un b-movie sympathique tourné en numérique qui met un truand en cavale et un couple attachant (le rôle du jeune homme est bien vu et tranche avec la caractérisation habituelle dans le genre) aux prises avec une forme de vie qui contamine, et hérisse plein de pics contagieux à leur tour, tout ce qu’elle touche. Un croisement entre le blob et The Thing ; mais le genre de trucs que tu regardes en divx (enfin je me comprends) un samedi soir en seconde partie de soirée. Roboratif, pas idiot mais fauché quoiqu’inventif, et illisible dans les scènes d’empoignade. Un moment fort mais décalé : une amputation de bras au cutter et finie au parpaing. Juré.
splinter

Dead Girl. Bof. Numérique encore, et très sordide. Deux jeunes (et quelques autres ensuite) découvrent une bimbo zombifiée dans les tunnels souterrains d’un asile désaffecté. L’un des deux décide d’en faire leur esclave sexuelle ; sur fond de misère affective, de détresse de la jeunesse, d’horreur qui tape en dessous de la ceinture (avec croquage de zguègue), le duo de réalisateurs derrière Dead Girl entend sûrement traiter de la jeunesse américaine et du passage à l’âge adulte. Mais trop glauque au niveau de l’idée, trop malsain. Ce genre de postulat et de traitement me met très en colère !

Bad Biology de Frank Henenlotter : pour moi, plutôt un des meilleurs films de la programmation (pas en compétition). C’est barje et trash mais sans être beauf ni crado à outrance. Le film narre la rencontre entre deux « freaks », deux erreurs de la nature : une femme à 7 clitoris et un homme avec une bite très longue et autonome, qui lui donne des leçons de morale et finit même par fuguer (en se détachant de son hôte, oui, oui…). Plans subjectifs à la place du sexe (féminin comme masculin), actrices du X dénudées et un peu parodiées, sexualité débridée et culte de l’expérience corporelle. C’est ludique, pas si bête dans le filmage et le casting joue bien son rôle improbable. Il y a une vraie réflexion sur l’accoutumance du corps aux sensations sexuelles et sensuelles. Subversif.
Bad Biology

ManHunt, un survival « dans les bois » norvégiens et qui se déroule pendant l’été 1974. Inventivité zéro, exercice de style uniquement, et de ce point de vue,oui la mise en scène est très bonne et l’horreur pyschologique comme physique, très soutenue. Peut-être trop ? Un talon arraché par un coup de fusil de chasse, des eviscérations au couteau, et j’en passe. Le « pitch », comme on dit en langage journalo-djeunz ? Quatre jeunes (à moins qu’ils ne soient trentenaires ?) en rando dans la forêt tombent sur des chasseurs qui décident de les traiter comme le gibier d’une partie de chasse sanglante. C’est Massacre…, Délivrance et tout ce que vous voulez d’autre réunis, dans un film nordique qui démontre une fois de plus, c’est vrai, le savoir-faire scandinave. Bon, mais si tu avais une idée originale à nous proposer, monsieur le réalisateur ?

Mutants : comme dirait Nicolas Zugasti : 28 ans trop tard. Vous prenez un virus qui décime la France, des créatures affamées et véloces qui se jettent sur les survivants ; des mordus qui mutent à leur tour, d’autres humains qui résistent fusil au poing. Avec beaucoup de gore, et aucune idée originale. Pourquoi l’avoir tourné, là est la question ? Si vous avez vu le film de Boyle, celui de Juan Carlos Fresnadillo, et même le truc de Zack Snyder et Je suis une légende, alors passez votre chemin. Les Français prouvent qu’enfin ils savent faire des bons maquillages d’horreur, mais que par contre ils ne savent toujours pas jouer. Un calvaire agrémenté d’un copier-coller du style « Boyle » version moins bien dans le climax du film. C’est… français, quoi.
mutants12

Hush : une bonne surprise, britannique et tournée également en numérique. On lorgne ici plus vers le polar malsain que vers l’horreur absolue. L’histoire recycle un peu Breakdown mais le routier-kidnappeur filmé comme un psycho-killer de slasher (encapuché), et le rythme tendu du métrage accommodé aux interventions couillues de l’anti-héros principal en font une très bonne série B, sans doute le meilleur film visionné (avec Bad Biology) pendant le festival.
Hush

Je n’ai pas vu Midnight meat train, qui a suscité beaucoup d’enthousiasme ; et ai finalement abandonné l’idée de voir Grace ; le film a reçu le prix de la critique, dommage !

Voilà voilà, je ne crois pas avoir raté grand-chose, la sélection vidéo était sympathique et le Jury présidé par Jaume Balaguéro, qui n’intéresse personne apparemment, contrairement à Véronique Jannot et Pierre Mondy, véritables « stars » du festival (et applaudies : L’effet Cordier Juge & flic, sûrement :p).

À vous les studios.

Stéphane Ledien

(lire aussi le compte-rendu dans notre prochain n°, sortie en kiosques le 21 février).

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