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Les blondes n’ont pas fini de prendre leur revanche ! Et aussi d’alimenter toutes les histoires drôles ou supposées l’être (ce qui n’est pas tout à fait la même chose). Dernier avatar de cette tendance qui vire d’ailleurs plutôt à la resucée beauf (le genre jememarre.com, où la subtilité comme le cerveau sont priés de rester au vestiaire), Blonde ambition arrive sans doute avec une décennie de retard mais se laisse voir (on n’ose pas dire « regarder ») avec une relative bonne humeur. Le film narre les mésaventures sentimentales / urbaines / professionnelles d’une blonde à forte poitrine (juste comme les aime Fabien Le Duigou, dites donc), interprétée avec un jeu qui frôle la caricature de sitcom par Jessica Simpson (une bimbo qui a le physique de l’emploi, vue dans Shérif fais-moi peur, le film – effectivement, ça fait peur !). Venue du fin fond de l’Oklahoma rejoindre son mannequin (seulement des mains !) de petit ami installé à New York, notre ravissante naïve / idiote déchante vite face à l’infidélité notoire du seul amour de sa vie. Commence alors une quête d’indépendance dans une métropole contaminée par l’arrivisme destructeur et le mépris de son prochain (surtout lorsqu’il vient de la campagne). Se dessine ainsi le traditionnel schéma « bonne volonté manipulée » / « prise de conscience et triomphe de l’honnêteté », une recette qui a souvent fait ses preuves dans les meilleures comédies eighties consacrées à l’opportunisme ravageur (Un fauteuil pour deux).

Le problème de Blonde ambition, c’est son total manque… d’ambition. Surfant sur la vague des « blond flicks » initiée par Reese Witherspoon et des clones du même genre, le film de Scott Marshall peine à trouver une veine originale et enlevée. Les gags oscillent entre les mimiques désolées ou perdues de son interprète principale, le machiavélisme de carton pâte des deux méchants yuppies (la ravissante Penelope Ann Miller titille en revanche un masochisme enfoui, et susciterait volontiers l’envie d’être dominé par elle – ne le répétez pas), les accoutrements incongrus et les bourdes culturelles (comique de situation grotesque) de l’héroïne : par exemple un costume nordique idiot pour accueillir des hommes d’affaires norvégiens, qui réagissent miraculeusement bien au vocable « bière » et à la perspective de faire un karaoké avec un casque à cornes sur la tête. C’est assez lourd en plus de manquer d’impact et l’on est plus souvent mortifié pour les personnages qu’enthousiasmé par les événements même les plus décalés.

La réalisation, techniquement bien en-deçà des standards américains actuels, n’arrange pas l’affaire, d’autant que la mise en scène peine à s’imposer là où des Farrelly, des Blake Edwards (on veut bien aller jusqu’à citer un petit Jay Roach, allez !) auraient mis les pieds dans le plat quitte à taper dans le gras. Les seules scènes au rythme et à l’humour entraînants se limitent aux échanges entre Katie et son patron, le volubile et cynique-caustique Ronald Connelly (Larry Miller, le meilleur comédien du film). Ses répliques comme « vous êtes un vrai cookie chinois » ou « qu’est-ce que c’est que ces dents trop blanches ? » en réponse à la pureté plastique et aux aphorismes ruraux de notre blonde « ambitieuse » stimulent les zygomatiques.

Ailleurs, les seconds couteaux de l’histoire jouent mal (ce grand-père peu concerné par le script ni la caméra, en mode minimaliste) ou comme des pieds concentrés mais pas doués (Luke Wilson et ses froncements de sourcils répétés, ou ses sourires crispés). La faute sans doute au faiseur qui les dirige, un type qui aurait pu faire illusion (et son film avec) il y a 10 ans et à la télévision, mais qui aujourd’hui ne trompe personne sauf, un petit peu avouons-le, notre ennui. En rajouter dans la critique serait tirer sur l’ambulance alors louons la bonne humeur du projet à défaut de sa créativité. Mais il faut aimer les blondes* et s’y coller un jour de grisaille.

> Sortie initialement prévue le 14 janvier 2009 mais repoussée à une date ultérieure (un signe ? L’attachée de presse signale, elle, que « des problèmes liés au matériel sont à l’origine de cette décision prise par le distributeur.« )

Stéphane Ledien


* pour ma part, bof.

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Une réflexion sur “« Blonde ambition » de Scott Marshall

  1. Euh…. Je n’apprécie pas que les blondes, hein !?! Et les petites poitrines, c’est très joli aussi !
    Par contre, je passe mon tour sur les femmes à barbe ! 😉

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