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1er avis :
Voilà un mystère. Il faut bien reconnaître que l’on ne sait pas trop ce qu’a voulu dire le réalisateur du film (mais ce terme convient-il à ces images mises bout à bout ? En compétition à Cannes cette année quand même ! Pauvres membres du jury…).
Il y a bien quelques images / plans à sauver : une jeune femme marchant dans un paysage enneigé (la pureté donc) alors que derrière des cheminées industrielles crachent leur fumée ; une scène à la gare où apparait enfin un semblant de mise en scène…
Car ce « film » est à réserver à ceux qui aiment les longs plans fixes (sur une fille en pleine séance de peep show sur internet, une autre sur une séance où on apprend à une petite audience de chômeurs comment « bien attendre » dans une salle d’attente pour un entretien d’embauche… sic !)

La platitude de la mise en scène est donc assommante même si quelques touches d’humour nous réveillent de temps à autre, quelquefois liées au pathétique des situations (les tocs des pensionnaires d’un hospice, cet infirmier qui part à la recherche de celui coupable d’avoir laissé sa couche pleine de merde dans le couloir de l’hôpital…). Le problème, c’est que quand on se marre, c’est toujours au détriment (moquerie) des personnages… Un peu limite.

Tout ça dans une volonté d’être « authentique » ! Des acteurs amateurs qui jouent leur propre rôle (une infirmière, un jeune un peu paumé, …), tournage en lieux réels (hôpitaux, ANPE, … ) Bilan ? L’authenticité n’a jamais été aussi chiante !

Sur le fond ? Ben… Les flux migratoires avec les ex-pays socialistes, avec des poncifs sur les filles de l’Europe de l’est qui ont bien du mal à vivre, et certaines sombrent inévitablement dans le milieu du cul. Rien de nouveau à l’horizon !
Misérabiliste à mort, misanthropie affichée (peu de personnages sont présentés de façon globalement positive) aucune empathie possible (comme si le réalisateur nous envoyait de la merde en pleine gueule, et se marrait à l’idée de nous voir nous débarbouiller et nous dépatouiller de tout cela !) et un voyeurisme limite malsain : l’une des dernières scènes où une jeune ukrainienne se voit humiliée par un autrichien, dans un jeu de domination sexuelle pervers. L’homme force son (beau)fils à regarder son petit jeu, et nous avec. Une séquence qui finit de nous tuer !

Et L’histoire ? Un regard croisé sur une fille d’Ukraine qui émigre en Autriche (pour trouver du boulot, et abandonne au passage son fils, comme si elle partait en oubliant son parapluie) et un jeune Autrichien qui, le temps d’un boulot, se rend en Slovaquie puis en Ukraine. À noter qu’ils ne se rencontrent jamais. Justification du réal dans le dossier de presse : « Dans le scénario il était prévu qu’ils se croisent à la frontière, sans se parler. […] Mais lors du tournage, je n’ai pas voulu montrer de frontières politiques, puisque de toute manière elles sont en train de disparaitre. Il en va autrement des frontières sociales qui, elles, sont encore bien solides ». Ce qui est assez juste, mais comme les deux personnages font partie des milieux populaires, ils auraient pu se croiser. Pas très logique, ni clair.

Fabien Le Duigou

2ème avis :

Apparemment précédé d’une bonne et sulfureuse réputation, le film d’Ulrich Seidl se vautre dans son dernier tiers (la fameuse scène « perverse » dans l’hôtel ukrainien) dans une pornographie de mauvais aloi.
Il la frôlait déjà dès le début avec les « sexcams » (nudité et doigtages à tout-va) en nous montrant bien que le sexe « marchandisé » est une vraie misère. Sans blague ?
Merci mais on le savait, et depuis longtemps ; cela fait juste une demi-décennie au moins qu’on sait ce que viennent faire en Europe de l’ouest les jolies Russes, Roumaines et autres Slovènes (du cul, oui, et encore du cul, ou des boulots de merde).
C’est vraiment pathétique de filmer sans recul aucun toute cette misère…
Des vieux qui chient et qui puent en plus de perdre la tête, des Autrichiens poivrots ou racistes, des pays de l’est ravagés, des ghettos désespérants, des barrières de langage, de l’image frontale…
J’appelle ça du cinéma patate-chaude, le truc qu’on te refile sans vergogne et à toi de te dépatouiller avec le point de vue inerte et sans prisme du film ; et aussi du cinéma « tas de merde », genre le réalisateur qui pose sa grosse pêche là au milieu du couloir et à toi de venir nettoyer tout ça.
Quand je pense qu’il va y avoir des critiques pour se branler sur la prétendue audace de ce truc ; il n’y a pas d’audace parce que filmer une couche pleine de merde ou une pipe de façon très claire, ça n’a rien d’intéressant ni d’inventif. Et le travail sur le hors-champ ? la suggestion ? le montage ? le mouvement ? la hauteur ou la distance ?
Des mots inconnus dans la grammaire cinématographique (d’une pauvreté absolue) du réalisateur. S’il parle comme il filme, ses phrases doivent être très limitées au final.

D’une facilité racoleuse et minable, d’une misanthropie inacceptable, Import Export se fait passer pour un film choc « sans concessions » alors qu’il n’est qu’un avatar de ce que peut produire de plus misérabiliste le cinéma européen dit « indépendant », avec de vrais morceaux de contemplation et de « shaking camera » à l’intérieur. C’est de l’auteurisme mange-merde, du déni de regard, du frontal bien bas du front justement.
Pathétique.

Stéphane Ledien

> Sortie le 7 janvier 2009.

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