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«….il y a quelqu’un qui m’a dit, que, la République vivait encore…»

Cette citation mise en exergue aurait très bien pu figurer dans le hit de Mme Sarkozy tant le traitement infligé par l’équipe médicale de l’UMP et ses affidés relève de l’acharnement thérapeutique. Le pragmatisme est au pouvoir aux dépens de toute vision politique. Et tandis que la France se passionne pour le roman-photo du président et sa belle, les diverses mesures prises affaiblissent les plus démunis tout en reniant les fondements de la République. Une rupture loin d’être tranquille. Et si Carla bruni, la France aussi…
Le 1er ministre et toute sa clique l’ont assez dit, la France est en situation de faillite. Et pour honorer les créanciers, on fait appel à un liquidateur.

Quel point commun entre télévision publique et sécurité sociale ? Le problème de leur financement. Toutes deux sont actuellement asséchées financièrement. Quand le trou de la sécu se creuse en partie par les importantes exonérations patronales, la télévision publique est condamnée à terme suite à l’annonce faite par M. Sarkozy de supprimer la publicité. Une nouvelle a priori réjouissante, non ? Pourtant, comme pour l’annonce de l’annulation du Paris-Dakar suite à la menace Al-Quaïda, on a du mal à sauter au plafond.
Cette annonce effectuée lors du grand raout du 8 janvier dernier (conférence de presse comme vœux présidentiel) place la télévision publique dans une position intenable. Comment faire confiance à un Président qui organise sa vie comme un spot de pub pour produit de luxe et dont l’attachement à la préservation du service public se mesure à la fermeture de tribunaux et la suppression de plus de 20 000 postes de fonctionnaires ? La seule manière de substituer le besoin de financement (+ de 1 milliard d’euros quand même) généré par les heures d’antenne à combler sera de privatiser une des chaînes du groupe France Télévision.
Petit à petit, les derniers bastions d’obédience publique sont soumis aux lois du Marché. Les franchises médicales et la suppression de la pub jouant le même rôle, celui d’un appel d’offre avant liquidation.

Outre le service public, le gouvernement Sarkozy est en train de liquider de sang froid quelques principes fondamentaux du droit et des droits de l’Homme.
Une semaine du 8 janvier décidément faste puisque fut fièrement annoncée l’adoption en première lecture à l’assemblée du projet de loi sur «la détention de sûreté». Un texte de circonstance qui s’appliquera aux auteurs de crimes jugés toujours dangereux après avoir purgé leur peine et qui vise les crimes pédophiles plus particulièrement. C’est le jeudi 31 janvier que le texte fut adopté par le Sénat. Une loi qui en l’état est parfaitement inutile puisque complètement inefficace. En effet, certains criminels malades ne seraient soignés qu’après leur peine alors qu’une prise en charge dès leur incarcération serait le meilleur moyen de réduire la récidive. Mais les dépenses induites (recrutement de psychiatres en prison, bracelets électroniques…) seraient trop onéreuses. Surtout, penser à soigner avant de punir c’est se moquer des familles des victimes. Une instrumentalisation de leur douleur particulièrement odieuse.

Plus grave, cette loi remet en cause les principes de présomption d’innocence et de non rétroactivité des lois.
Contrairement à ce qu’avait souhaité la commission des Lois du Sénat, elle s’appliquera dès son entrée en vigueur : les criminels déjà condamnés et qui sont encore en prison pourront, à l’issue de leur peine, être envoyés directement en centre.  «Faut-il attendre quinze ans [condamnation minimale prévue pour que la rétention de sûreté soit possible], pour que cette loi devienne applicable ?», s’est interrogée Rachida Dati, estimant nécessaire que «pour un même niveau de dangerosité, deux criminels soient traités de façon identique», quelle que soit la date de leur condamnation. C’est sûr que pour être efficace électoralement, il est nécessaire de s’asseoir sur l’article 8 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen qui stipule que «nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi établie et promulguée antérieurement au délit».
La déclaration des droits de l’Homme et du citoyen étant le préambule de notre constitution, le seul espoir réside en ce que le conseil constitutionnel invalide la loi. Mais on peut émettre de sérieux doutes quand en 2007 ce même conseil accepta l’amendement sur l’ADN, en lui opposant des limitations strictes telles qu’elles le rendent inutilisable, certes, mais le tabou a sauté, la ligne de démarcation a été franchie.
Quand on pense que le principe de rétroactivité a été appliqué en France du temps du gouvernement de Vichy, cela donne un certain relief à cette loi défendue à l’Assemblée par le député Mariani (spécialiste bien connu en génétique appliquée) décidément dans tous les bons coups.
Vous n’êtes pas d’accord ? C’est que vous êtes dénués de toute compassion pour les familles des victimes. Voilà en gros (sier) la ligne défendue par l’UMP dès lors que d’autres députés (même dans leur propre camp, c’est dire) tentent d’émettre des réserves ou faire mine de s’y opposer. Mais le plus «beau» reste à venir.

Le texte voté donne raison à la ministre mais s’appliquera «à titre exceptionnel», après décision de la chambre de l’instruction, aux criminels déjà condamnés. La chambre devra constater «une probabilité très élevée de récidive» parce que la personne condamnée «souffre d’un trouble grave de la personnalité». Entrent en jeu les probabilités pour décider du sort d’une personne.
Autrement dit, si les psychiatres estiment que les criminels sont toujours dangereux, ils pourront être condamnés à une nouvelle peine avant même d’avoir récidivé !?. Ce ne sont plus des diagnostics mais des pronostics qu’on leur demandera d’établir, soit d’imputer des crimes à l’avance avant même de penser à traiter ces maladies mentales.
En bon cinéphile, vous aurez tous reconnu dans ce pitch un mauvais remake du film de Spielberg Minority report.
Robert Badinter, ancien garde des Sceaux et accessoirement instigateur sous Mitterrand de l’abolition de la peine de mort : «maintenir en prison au titre d’une infraction virtuelle, d’un crime qu’il pourrait éventuellement commettre s’il était libre consiste en une dérive dangereuse du droit français». Et qui engendrerait la création du principe de présomption de culpabilité.

Une semaine bien remplie donc, puisque annonçant la disparition programmée de la télévision publique et des principes du droit français en matière pénale. Après l’attaque en règle de la laïcité, ça commence à faire beaucoup. Et tandis que notre jouet fait «Bling-Bling» quand il marche, le pays se teinte d’une coloration brune des plus déplaisantes. La France est en situation de faillite pas tant économique que d’un point de vue idéologique et démocratique. Ce n’est pas un président de la République que nous avons élu mais un liquidateur. Et que les accrocs des soldes et des bonnes affaires se réjouissent, la grande braderie va durer encore 4 ans sans discountinuer…

Nicolas Zugasti

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8 réflexions sur “SARKOZY LE LIQUIDATEUR

  1. c’est moi qui pige rien ou on plaint l’absence de pubs sur le service public ici ? 😀
    sérieux, Delarue et quelques autres des affidés de la télé poubelle qui squatte le service « public » dehors, et on les trouve les thunes nécessaires à des programmes de qualité !

    sinon, votre acharnement anti-Sarko me fait doucettement rire : on dirait des Cali lâchés au milieu d’un plateau de Ruquier à l’heure où « on n’est pas couchés »…

    c’est quoi « l’alternative » ?! Royal (rires) ou Bayrou (re-rires) ???

    vivement que Le Pen retape ses 25% et que l’extrême gauche fasse ses 12% à l’aise; au moins là on rigole…
    taper sur Bruni, si ce n’est pas le summum de la rebellion institutionnalisée !
    le libéralisme a de beaux jours devant lui : parlons des contingences et oublions l’essentiel, cette lutte des classes si souvent méprisée et remballée au rang des vieilles lunes de gauche, et crachons sur le mariage « royal » au détriment du mépris démocratique que constitue la Réforme constitutionnelle de notre Constitution pour mieux nous faire passer la pilule plus que « néo-ultra-libérale » de la Constitution européenne Giscardo-Hayeko-« grand bond en arrière » (lire le live de Serge Halimi)…
    la droite « bling-bling » (merci Marianne, Szafran et JFK !) a de beaux jours devant elle tant qu’on ne lui reprochera que son affichage « glam' »et ses « excroissances » liberticides (bande de Cali :p).

    je n’ai pas la prétention de sortir mes cocktails Mo’ et de prôner la révolution totale, mais tant que la bourgeoisie « eastwoodienne » de gauche (et Dieu -qui ???- sait que je kiffe le père Clint !) nous fera la leçon, la droite a de beaux jours devant elle !

    J.

  2. Ah la révolution en chambre !
    C’est vrai que c’est bien beau cet oreiller brandi, ça me donne envie de dormir moi aussi !
    C’est quoi une bourgeoisie eastwoodienne de gauche ? L’image est étrange ; mais pas inintéressante !
    Au fait : je comprends rien à ce style fourre-tout, j’avoue tout !
    Sinon, je suis d’accord sur le seul point de clarté entrevu : le pire du sarkozisme, c’est pas la « people-isation » mais le libéralisme dur.
    Cela excuse-t-il le reste ? Je ne crois pas, non, et ça le minimise même pas !

    Par contre pour Cali, faut pas déconner.
    C’est du Bruni inversé, ça ^_^

  3. ça fait plaisir de te « revoir » l’air de rien 🙂 si à l’occase !… (je te parlerai de mon envie d’enfin faire quelque chose de ma vie, et toi, mon ex et une pote y avaient contribué; je t’expliquerai à l’occase)

    bon, sympathie mise à part : la « bourgeoisie eastwoodienne de gauche » y a pas à chercher loin; on est tellement persuadés, nous z’autr’, que les sentiments et la pureté sont de « gôche », que fatalement ça nous troue le cul de constater la disparité entre les oeuvres de l’ami Clint (à pleurer !) qui clament tant une émancipation humaine (et non « imposable » -bouclier fiscal ?-) alors que l’homme « politique » Eastwood ne pense que « Républicain »…
    alors quoi merde, Zemmour (dont j’adore la dialectique) est-il incapable d’aimer ? (raccourci facile ? fichtre non ! un anar de droite est souvent plus « révo » qu’un « guevariste » de la LCR…) (comment ça je mélange tout ? de quoi « fourre-tout » ? :P)

    donc oui, Sarko(phage) peut être aussi « pipole » qu’il le désire, si demain il déclare la réappropriation de l’outil de production par les travailleurs eux-mêmes et qu’il signe un pacte bolivarien avec Chavez, j’applaudis à tout rompre là où les scribouillards du « Meilleur des Mondes », de « l’Express » et du « Point » pleureront toutes les larmes de leur corps asséché d’empathie humaine le reniement de la « rupture » avec notre modèle social « archaïque » qui ne date que de 40 ans (de Gaulle et le CNR à tendance coco), là où la modernité est un modèle vieux de la naissance de l’humanité aux affres de l’entre deux guerres.

    « Pipole » ou pas (mais je ne suis pas naïf, je sais que ce n’est chez notre naniste Président qu’un paravant -et encore, les libéraux gueulent à la trahison ! :D), je constate juste que ce n’est qu’un faux problème (société du spectacle ? non, sans déc’ !!! nous, qui aimons le cinoche, n’avons pas été dupes dis donc !!); tu le dis toi-même : les idées libérales (putain ! j’en suis à penser que de Gaulle était plus « coco » que Mitterand ! mazette !!!) ont de beaux jours devant elles, et je préfère encore un horizon « bruni » contre lequelle les masses se soulèveraient peut-être (moi non, je me conteterai de les accompagner de la voix; chuis pas assez « physique » pour monter sur les barricades !) qu’une fausse stigmatisation et une pseudo indignation quant à une « pipolisation » ou éventuelle fascisation (et Cali chante la Résistance, et Zazie chante « tout le monde il est beau » :D) de la politique hexagonale là où, au fond, elle ne fait que suivre « le grand bond en arrière » : le prima de l’économique sur l’homme.

    je sais plus de quoi je parlai, désolé; et vive le « fourre-tout » et les oreillers des révolutionnaires qui « chambrent » 😀
    oreiller, chambre… tant que ça se « lit »…

    J.

  4. Bien sûr que la suppression de toute pub est réjouissante, seulement lorsque la décision vient de Sarko c’est plus que suspect. D’accord par contre pour virer Delarue et consorts.
    Effectivement, il peut se trimballer au bras de n’importe quelle pouf, là n’est pas l’essentiel. Sauf que sa politique se résume à un vaste plan com’ et que le mélange des genres (vie privée, vie publique) est plus que néfaste pour toute action politique. Je ne tape pas particulièrement sur Bruni, apparemment tu as mal lu ou compris mon texte.
    Tu cites Serge Halimi, le nouveau chien de garde, dont la réthorique n’est pas inintéressante. Par contre concernant le traité instituant une constitution européenne, bien qu’imparfait n’est pas une mauvaise chose en soi. Outre qu’il donne plus de pouvoir au Parlement européen au détriment de la Commission européenne, au moins envisage t’il un horizon commun pour les nations de l’Union. Le traité de Lisbonne adopté aujourd’hui en conserve la charte des droits fondamentaux (liberté, droit de vie,etc…). Certes, on reste très ancré dans une doctrine néo-libérale, mais à chacun d’oeuvrer pour limiter tout dumping social. Je te renvoie vers Philippe Val et son livre « le référendum des lâches ».
    Eventuelle fascisation de la politique hexagonale ??!!! Oh, le révolutionnaire en chambre, il est temps de se réveiller là ! Les quotas, les statistiques ethniques, la stigmatisation des immigrés (en attendant celle des pauvres), le ministère de l’immigration et de l’identité nationale, etc…Tu crois vraiment que c’est seulement une vue de l’esprit ? Et ce n’est pas parce que l’économie prime sur l’homme un peu partout qu’il faut renier nos fondements démocratiques. Quant à notre modèle social archaïque que beaucoup nous envie encore, il fonctionne pas trop mal malgré tout. Seulement, il faudrait peut être s’interroger sur la manière dont il tend à devenir de plus en plus inopérant. Un indice, ce n’est pas à cause des chômeurs qui branlent rien de la journée ou des pauvres considérés comme assistés…
    Et je pense que tout le monde se réjouirait qu’Ingrid Bétancourt soit libérée, ou que les travailleurs soient enfin maître de leur outil de production. Même « le point », « l’express » et consort, si, si je t’assure.

  5. on a le droit de toucher le RMI et de soutenir les FARC ?!

    le droit d’être de gauche et d’exécrer cet étron de Val (mais que foutent encore Siné et Charb là-haut ?! suis-je con, ça paye sûrement mieux que le Plan B !!!) ?

    si un jour j’ai le courage (le temps je l’ai, et même si je ne travaille pas plus, je me lêve tôt 😀 et quand je dis « si un jour… », ça veut dire jamais !), je reciterai le préambule de la Constitution gna gna gna Europe bla bla bla (si, si : je l’ai encore, annoté et tout et tout !)

    (et pire, plutôt qu’à Val -le non évènement du mercredi pour les lycéens qui trouvent que sérieux, le racisme c’est pas cool et que la guerre ben ça craint-, je me réfère à Bénilde, Bulard, Cassen, Ramonet, Ruffin et surtout, surtout, Maurice Lemoine)

    la « Constitution » donc (on retoque la française pour mieux nous vaseliner celle de Bruxelles -et la « gôche », bête en cours, applaudit), celle de Giscard qui, bien avant Sarko, fût surnommé « l’Américain »…
    vive la démocratie tant qu’elle est libérale (reviens, Alain Madelin, ils sont devenus plus fous que toi !!!)

    mais quoi la démocratie l’Europe super on est tous des amis ?!
    ah que je suis con, quand je participais à des échanges franco-allemands au lycée l’année de la chute du mur -triste époque :(- ou que mes parents gèrent le jumelage de mon bled de 3.000 âmes depuis plus de 10 ans, ça ne compte pas !
    quand une gamine polonaise qui a appris le français sur le tas à 15 ans dans le collège du coin s’avère être une pure pote, il me faut un texte qui me précise en préambule que l’homme, moins que les marchandises, « mérite » de traverser les frontières pour l’apprécier, la môme, à sa « juste valeur » ?!
    heureusement, la Constitution (anti-démocratiquement imposée à nous tous, citoyens !!!) est là !

    mais de quoi parle-t-on sans rie ?! j’ai l’impression de naviguer en pleine « gauche » Brucknero-Valo-BHListe là !!!
    et puis quoi ? les Serbes sont des fascistes ? la LCR et le Diplo sont partie-prenante de l’alliance rouge-brun ? Chavez est un dangereux dictateur ? libérons la sainte et pure Ingrid des griffes des horribles monstres marxistes ? boycottons les J.O. de Pékin ? Poutine bouh le vilain ?!…

    c’est amusant comme aujourd’hui ceux qui défendent les « valeurs » démocratiques le font sur des valeurs si… euh… lesquelles d’abord ?!

    ben tiens, qu’il y ait un complexe pétrolier qui passe par la Russie, la Géorgie et la Chine, pas bien, caca ! Poutine l’empoisonneur ! boycottons les J.O. ! mais alors quoi ?! vivent les « révolutions oranges » mises en place par les USA (c’est pas moi, c’est Arte, pourtant si boboïsante d’habitude, qui l’a dit !) ? on fait quoi ?! on décrète la démocratie comme en Irak (pays qui, soit dit en passant, est passé d’une laïcité « à la Atatürk » à un islamisme quasi « à la Saoudienne ») ?

    sérieux je pige pas là…
    donc, mieux vaut une Europe des marchandises (et « otanisée ») que pas d’Europe du tout, sinon celle ces « lâches » ?
    une Europe des « peuples » non, c’est pas possible ?!

    putain, si la pensée de gauche c’est Val, Charlie Hebdo, Valls, le « MoDem » et j’en passe et sûrement des pires, alors la droite et l’Europe libérale chère à Barroso (et aux instigateurs du Plan Marshall), le PSD allemand, Berlusconi, les « travaillistes » (la 3ème Voie :D), la « sociale-démocratie » (qui n’est que le faux-nez du capitalisme, du « libre » marché) ont de beaux jours devant eux : ça tombe bien, c’est l’objectif de la Constitution que tous les Val et Toni Negri de la Terre, penseurs néo(?)-cons et autres « sociaux-libéraux » voulaient mettre en place.

    ils ont réussi, et le tout en se parant des mots des la gauche et des vertus de la démocratie !
    nous sommes désormais tous des marchandises !

    J.
    (putain, plus je me relis, moins je me comprends :D)

  6. Ouf, je ne suis pas le seul (à ne pas te comprendre) ^_^
    La (vraie) dernière phrase est claire (marchandises) : mais ça, tu le savais, nous le savions depuis longtemps déjà, non ?

    Que de références, dis ! Tu lis trop et tu travailles pas assez, dirait un boss 😀
    Mais par contre, il n’y a plus de gauche, si ? Non parce que je n’en ai pas trouvé, moi, en cherchant bien.
    De toute façon, le salut est dans l’alternative ; un brin d’anarchie, un brin d’individualisme. Il faut produire soi-même et penser par soi-même.

    Pour BHL comme tu y vas ; je n’ai jamais été fan mais ces derniers temps, je l’ai trouvé brillant sur de nombreux points. Mais peut-être que je lis pas assez et que je fais trop de Versus ^_^

    P.S. : c’est une bonne chose d’avoir des projets ; bon courage / bonne chance, alors !

  7. Bon, je vais me faire l’avocat du diable pour une fois, car autant ce gouvernement propose et fait des choses discutables parfois, autant, sur ces deux points, je trouve qu’il est difficile d’être complètement noir ou blanc. Je m’explique.

    D’abord, la suppression de la publicité sur le service public. Voilà une mesure étrange sortie de la bouche d’un président de droite, certes, mais qui essaye tant bien que mal de ratisser large à tous les niveaux politiques (cf. ouverture), ce qui lui confère un léger aspect schizophrène mais permet de développer aussi des idées intéressantes de gauche. Ca tombe bien : l’élimination de toute pub des chaînes de TV publiques est précisément une idée soutenue par la gauche, et ce depuis la privatisation de TF1 dans les années 80 ! Cette même gauche qui aujourd’hui crie au scandale. Donc, primo : une idée qui était bonne pour la gauche devrait rester bonne pour la gauche, quel qu’en soit l’instigateur (et ne faudrait-il pas, au contraire, se réjouir qu’un président du bord opposé se lance là-dedans?); secundo : le financement du service public (à hauteur d’environ 800 millions, il me semble) serait comblé simplement en taxant TF1 et M6, ce qui ne devrait pas gêner, surtout TF1 qui offre régulièrement à ses téléspectateurs des sommes d’argent obscènes pour peu qu’ils fassent les clowns en prime time; tertio, cette suppression s’accompagnerait d’une évolution du service public, en particulier une évolution qualitative. Alors, peu importe que cette idée apporte in fine plus de recettes publicitaires aux chaînes privées, qui récupéreront le temps de pub; peu importe que la proposition vienne de droite; le plus important n’est-il pas de voir se concrétiser une grande idée de la gauche, serpent de mer depuis vingt ans?

    Ensuite, et je fais vite : la loi sur la rétention de sûreté. Que les choses soient claires : Rachida Dati, une femme que je trouve bien, me semble de plus en plus être une médiocre garde des Sceaux. Sa gestion de la réforme de la carte judiciaire, en particulier, me fait dire qu’elle ne sait pas gérer correctement ses affaires (pas assez de dialogue, surtout). Mais il faut reconnaître quand quelque chose n’est pas mauvais, c’est le cas ici : la loi de sûreté ne concernait qu’environ 30 à 50 détenus en France actuellement, faut-il monter au créneau des droits de l’homme en hurlant sous prétexte de laisser enfermer en hôpital, après leur peine de prison, des hommes qui ont violé et souvent tué des enfants? D’ailleurs, tu es contradictoire : tu dis que la peine de prison n’est pas utile puisqu’il faut soigner ces hommes, et tu affirmes ensuite que l’idée de les envoyer en hôpital se faire soigner est une insulte aux familles des victimes qui attendent la prison. Moi, je ne pense pas que la prison soit une bonne idée, puisque par définition, le pédophile est malade, et gravement; mais je suis partisan de l’enfermement, si besoin à vie, d’un monstre capable de tuer et violer les enfants. D’ailleurs, les cas de récidives se multiplient, et il n’y a rien de plus atroce, à mon sens, que de perdre un enfant sous prétexte qu’un conglomérat de médecins et de juges a considéré qu’il fallait donner une chance à un vieux pervers.
    Désolé mais, sur ce coup là précisément, je trouve que, plutôt que de considérer les partisans de cette loi comme des fascistes assumés, je trouve que ce sont les autres, ceux qui refusent une telle loi, qui sont des gens dangereux : accepter de remettre en liberté des hommes dangereux, et que parfois l’on sait pertinemment être dangereux, cela me semble aberrant. Qui en prendra la responsabilité? Je suis désolé, mais c’est la sécurité de nos enfants avant tout.

    Voilou! Sur ces deux points précis, en tout cas, mon point de vue est clair ^^

    (Mais, ma foi, voilà un débat intéressant !)

  8. Bon, beaucoup de choses dans ces coms, je ne vais évoquer que 2 points:
    – Sarkozy libéral pur et dur? Rien n’est moins sûr ! Derrière une position affichée telle quelle de temps en temps (réunion d’été du Medef,…) il a eu des prises de positions assez … surprenantes! Je ne sais plus dans quel meeting de campagne il a fustigé les « patrons voyous » le capitalisme dérégulé, … Façade pour ratisser large ? Peut être. Mais un vrai libéral (comme Madelin) ça se voit tout de suite. Aucune compromission, l’Etat doit moins intervenir dans le social et l’économie. Un vrai libéral ne fustigerait pas la politique de la BCE, obnubilée par l’inflation, et tant pis si la croissance et l’emploi et pâtissent ! Sarkozy l’a fait ! Ce qui est gênant avec la politique économique Sarkozienne, c’est qu’il n’en a pas vraiment ! Tout miser sur le « travailler plus pour gagner plus » c’est une arnaque intellectuelle ! Depuis quand c’est le salarié qui choisit le nombre d’heures sup qu’il veut faire?? Et les baisses d’impôts pour les plus riches, pas besoin d’être un génie pour savoir que ça favorisera les placements (spéculatifs qui plus est!) que la consommation !

    – ce qui m’amène au 2ème point : la fin de la pub sur France TV. Bonne idée sur le principe (service public,bla bla bla bla…) mais dans la réalité cadeau empoisonné. Quelle garantie que les montants des subventions publiques récupérées grâce aux taxes sur TF1 et M6 seront perennes à moyen terme ? C’est une logique qu’on retrouve au niveau du budget de l’Etat : on prive ces institutions de recettes (pub pour les TV, recettes fiscales à cause des baisses d’impôts pour l’Etat) après on se lamente sur les déficits, que c’est inadmissible (la fameuse France en faillite, ce qui est absolument faux !) donc on est « obligé » de privatiser !! Ou comment l’Etat se désengage en pretextant des impératifs économiques et budgétaires, alors qu’il s’agit d’une manoeuvre politique (idéologique?)

    J’espère avoir été clair.

    La « pipolisation » du président m’emmerde, mais à force de s’être « montré à poil » par souci de transparence (?!?!) et s’être rendu compte qu’il ne gérait plus rien, il a voulu « se rhabiller », mais est en train de se prendre l’élastique de son caleçon dans la gueulle ! Et c’est tant mieux !
    PS: j’ai pas trop compris pourquoi Jul nous comparait à Cali. mais si Versus devient aussi populaire et connu, je signe tout de suite !

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