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Swing est le nom d’une gamine manouche aux allures de garçon manqué qui donne son titre au film de Tony Gatlif que ressort Malavida sur grand écran. Tourné en 2002, Swing est une nouvelle plongée dans le monde des gens du voyage, cher au cœur du cinéaste.

Photo Malavida-Pyramide


Le jeune Max, qui vient d’acheter une guitare, va suivre à la trace cette fille qui l’intrigue et se retrouver à apprendre à jouer de son instrument auprès de Miraldo (Tchavolo Schmitt).

Généreuse, la caméra de Tony Gatlif suit avec tendresse les amours naissantes des deux pré-adolescents et la vie du campement. Le cinéaste place surtout au cœur de son film des moments musicaux magiques où dextérité et chaleur nous entraînent et nous subjuguent.

Photo Malavida-Pyramide

La fraîcheur des deux jeunes interprètes (Lou Rech dans le rôle de Swing et Oscar Copp dans celui de Max) et la sympathie suscitée par les membres de la communauté (citons, aux côtés de Tchavolo, les présences de Mandino Reinhardt, Abdellatif Chaarani, Ben Zimet, Colette Lepage et quelques autres) emportent forcément l’adhésion.

S’il reste concentré sur ses personnages, Gatlif n’oublie jamais l’importance de la nature toute proche : l’action du film se situe dans une banlieue de Strasbourg. Ici, c’est le gros plan d’un insecte sur une feuille, là, une musaraigne qui s’approche d’un amas de cailloux censé attirer l’amour. Là encore, c’est le calme d’une rivière que vient seulement troubler le vacarme d’un train. Et quel beau plan que celui des deux enfants qui écoutent un vieux disque sur un gramophone, dans une barque.

Photo Malavida-Pyramide

L’essentiel de Swing tient bien sûr à la représentation de la communauté manouche et à son amour de la musique. Tout est prétexte pour prendre une guitare ou pour émettre des sons. Tel le vieux docteur qui, secouant un grillage derrière lequel aboie un chien, en tire une musique. Une musique qui ne peut ni ne doit occulter la gravité. « Chaque fois que je vois du grillage, lance le médecin, ça me fait mal au ventre ! » Plus tard, une grand-mère raconte la Shoah et l’extermination des Tziganes par les nazis.

Photo Malavida-Pyramide

Ne nous méprenons pas : Tony Gatlif ne se contente pas de se situer dans l’hommage. Il sait également plaisanter à propos de sa propre communauté. Amoureux de Swing, le jeune Max questionne Miraldo : les non-manouches se marient-ils parfois avec les filles manouches ? « Parfois », répond le guitariste, amusé. À un autre moment, Miraldo et Mandino trouvent un tract produit par les femmes du campement. Elles ont monté un orchestre féminin qui fera de la musique « avec la participation des hommes ». Évidemment, les deux mecs s’insurgent et Gatlif nous donne une belle leçon de féminisme.

Photo Malavida-Pyramide

Les gitans, nous dit encore le cinéaste, ne laissent rien derrière eux, pas plus après leur mort que pour un amour qui n’aboutit pas. À travers cette jolie chronique comme il sait si bien les signer, Tony Gatlif nous offre quelques belles leçons de vie.

Jean-Charles Lemeunier

Swing
Année : 2002
Origine : France
Réal., scén. : Tony Gatlif
Photo : Claude Garnier
Musique : Mandino Reinhardt, Tchavolo Schmitt, Abdellatif Chaarani, Tony Gatlif
Montage : Monique Dartonne
Durée : 87 min
Avec Oscar Copp, Lou Rech, Tchavolo Schmitt, Mandino Reinhardt, Abdellatif Chaarani, Fabienne Mai, Ben Zimet, Colette Lepage…

Ressortie en salles par Malavida Films le 8 juin 2022.

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