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« Une expérience extrêmement solitaire » : c’est ainsi que l’actrice américaine Maggie Gyllenhaal parle de The Lost Daughter, le premier film dont elle signe la réalisation et qu’elle est venue présenter en avant-première à Lyon, au festival Lumière.

THE LOST DAUGHTER: OLIVIA COLMAN as LEDA. CR: YANNIS DRAKOULIDIS/NETFLIX © 2021.

« Nous l’avons tourné pendant la pandémie, sur une île grecque. D’habitude, on montre des versions non terminées mais là, j’étais seule avec mes acteurs et mon ingénieur du son et, si je les montrais à des amis, ce sont des gens qui m’aiment et qui n’ont pas un avis impartial. »

Adapté du roman d’Elena Ferrante, Poupée volée, le film suit les vacances en Grèce d’une étrange femme seule (Olivia Colman, héroïne de la série Broadchurch) dont on ne sait pas très bien quel drame elle a vécu.

Maggie Gyllenhaal-Photo JCL

« Quand j’ai lu le livre, reprend Maggie Gyllenhaal, je l’ai fait tomber tellement j’étais surprise qu’on puisse raconter cela. Ce fut une claque ! Je me suis tout de suite dit qu’il fallait que je mette cela dans un film, pour qu’on puisse avoir la même réaction face aux images. »

Tournant autour de la maternité, The Lost Daughter met donc en scène principalement Olivia Colman, qui annonce qu’elle a deux filles de 23 et 25 ans, et Dakota Johnson, qui traîne tous les jours sur la plage avec sa famille, dont une petite fille très très envahissante. Maggie Gyllenhaal saisit des moments, des gestes, des regards, les baignant dans un sentiment de malaise qui nous fait penser qu’un malheur va forcément survenir. À la vision du film, on comprend mieux ce que Maggie a voulu dire. Le sujet n’a, en effet, jamais été traité aussi frontalement : montrer comment des enfants que l’on aime peuvent s’avérer une gêne. La cinéaste filme des situations sans juger, sans trop en dire, restant en cela fidèle à son personnage qui se refuse à dévoiler sa vie et en raconte le moins possible. Et, petit à petit, sans coup d’éclat, avec la délicatesse comme atout principal, elle nous embarque dans cette histoire pas facile qui pourra heurter quelques sensibilités. Un coup d’essai qui s’avère être un coup de maître.

Maggie Gyllenhaal-Photo JCL

En voyant la salle pleine, Maggie Gyllenhaal s’exclame : « C’est pour cette raison que j’ai tourné ce film, pour vous voir aussi nombreux dans une salle de cinéma. » Et quand on lui fait remarquer que The Lost Daughter est produit par Netflix, elle répond : « Je sais qu’ici, les rapports sont difficiles avec eux, j’ai été jurée à Cannes. Mais je les remercie parce qu’ils ont permis à ce film d’être inhabituel, radical et, pourtant, accessible à tous. »

The Lost Daughter – Dakota Johnson

Montré dans plusieurs festivals (Venise, Telluride, Zurich, New York, Lumière…), The Lost Daughter sera diffusé sur la plateforme Netflix ce 31 décembre.

Jean-Charles Lemeunier

The Lost Daughter

Année : 2021

Origine : États-Unis

Réal. : Maggie Gyllenhaal

Scén. : Maggie Gyllenhaal d’après le roman d’Elena Ferrante

Photo : Hélène Louvart

Musique : Dickon Hinchliffe

Montage: Affonso Gonçalves

Durée : 121 min

Avec Olivia Colman, Dakota Johnson, Peter Sarsgaard, Jessie Buckley, Ed Harris, Alba Rohrwacher…

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