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Pour une fois, commençons par le bonus, celui du combo digipack DVD/Blu-ray d’Il profumo della signora in nero (Le parfum de la dame en noir), inédit italien de 1974 qu’Artus livre à notre curiosité. Emmanuel Le Gagne, de Culturopoing, compare l’héroïne du film, jouée par Mimsy Farmer, au personnage de Rosemary’s Baby. Il est vrai que la ressemblance entre Mia Farrow et Mimsy Farmer est frappante et que, dans ces deux films, on ne sait si la femme est victime d’une machination ou de ses propres fantasmes. On pourrait également comparer ce Parfum et son actrice à Images (1972) de Robert Altman et, là encore, les analogies, tant physique que psychologique, sont étonnantes entre la Mimsy du Parfum et Susannah York dans le film d’Altman.

Avec un titre qui lorgne davantage du côté de Gaston Leroux que du giallo et qui, finalement, ne ressemble ni à l’un ni à l’autre, le réalisateur et scénariste Francesco Barilli nous entraîne dans un récit hésitant entre fantastique et folie dont le fin mot de l’histoire, auquel on ne s’attend pas, surviendra à la fin. Et là, le spectateur sera obligé — merci le DVD — de retourner à une séquence du début du récit pour bien comprendre de quoi il était exactement question. Car l’histoire du Parfum peut se retourner comme un gant et faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Admirons tout d’abord, puisque le film s’ouvre sur lui, le magnifique immeuble dans lequel vit Mimsy Farmer, sur la piazza Mincio, et sa fontaine des Grenouilles (Fontana delle Rane). Il est physiquement important, tout autant que l’appartement de Rosemary ou le bâtiment turinois de Profondo rosso (Les frissons de l’angoisse), que Dario Argento sort l’année suivante. Barilli va tout au long du film jouer de cet art nouveau puisqu’il est aussi question d’un vase. Çà et là, le cinéaste place aussi des détails annonciateurs de problèmes, que ce soit un chat noir, un clou dans une raquette, une poupée, les ongles verts d’une médium, une boîte à musique ou des quartiers de viande sanguinolente.

Le récit bascule parfois dans l’effroi, la folie totale et l’on se demande de plus en plus si tout ce qu’on voit est réel, fantasmé ou le fruit d’une étrange machination. Rien ne vient nous éclaircir vraiment, les différents détails cités plus haut faisant pencher notre sentiment d’un côté ou de l’autre sans que l’on sache vraiment à quoi s’attendre. « Nous n’avons pas toutes les clefs en mains », assure Emmanuel Le Gagne et nous ne pouvons que lui donner raison. Ce n’est qu’à l’ultime fin que le scénario prendra toute sa dimension. Ajoutons à cela la musique angoissante de Nicola Piovani, il n’en fallait pas plus pour interdire, à sa sortie, Le parfum de la dame en noir aux moins de 16 ans.

Jean-Charles Lemeunier

Le parfum de la dame en noir

Année : 1974

Origine : Italie

Titre original : Il profumo della signora in nero

Réal. : Francesco Barilli

Scén. : Francesco Barilli, Massimo D’Avack

Photo : Mario Masini

Musique : Nicola Piovani

Montage : Ennio Micarelli

Durée : 103 min

Avec Mimsy Farmer, Renata Zamengo, Maurizio Bonuglia, Nike Arrighi, Lara Wendel…

Sortie en combo digipack DVD/Blu-ray par Artus Films le 1er juin 2021.

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