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Magistrale idée de Malavida, dans la foulée de la ressortie en salles du Départ en novembre dernier, de s’intéresser à quatre autres films du cinéaste polonais Jerzy Skolimowski. Et, bonne nouvelle, Signe particulier : néant et Travail au noir seront visibles à nouveau au cinéma dès le 20 mars, suivis par Walkover et Le bateau phare le 10 avril. Et ce n’est pas tout : Jerzy Skolimowski a été, du 15 au 17 mars, l’invité d’honneur du festival Toute la mémoire du monde à la Cinémathèque française. Et celui de l’Institut Lumière, à Lyon, le 19 mars. Le printemps 2019 sera skolimowskien… ou ne sera pas.

Skolimowski fait partie de cette Nouvelle Vague éclose dans les pays du bloc soviétique juste après la nôtre, et dont les représentants ont, pour beaucoup, quitté la censure de leurs pays d’origine pour une simili liberté à l’Ouest, dès le milieu des années soixante. Ce fut le cas des Tchécoslovaques Milos Forman, Ivan Passer et Karel Reisz, des Polonais Roman Polanski et Jerzy Skolimowski, du Yougoslave Dusan Makavejev…

 

Jerzy Skolimowski

 

Boxeur d’origine, Jerzy Skolimowski a abordé le cinéma comme s’il était sur un ring. Il veut toujours faire mieux, voire étaler ses adversaires. Un de ses propos a déjà été mentionné lorsqu’il a été ici question de la sortie du Départ. Le cinéaste présentait Walkover au festival Lumière de Lyon, en octobre 2018, et déclarait : « Il existait une sorte de compétition avec la Nouvelle Vague française. C’était à celui qui tournait les plans les plus compliqués et les plus longs. Je crois que je les bats tous. Ainsi, il n’y a que 29 plans dans Walkover, certains atteignant onze minutes. » Cette rage est également flagrante dans sa manière de filmer. Ces quatre films de Skolimowski s’apparentent aux quatre boules de cuir chantées par Nougaro qui, sur quatre pieds de guerre, bombardent le plexus. Et percutent le spectateur.

Dans Rysopis (1964, Signe particulier : néant) comme dans Walkover (1965), Skolimowski incarne Andrzej, un jeune homme en recherche d’un sens à sa vie, qui s’oppose sans même y réfléchir à tout ce que la société pourrait lui imposer. Il se retrouve ballotté entre ses études, le service militaire, l’amour et la boxe. Comme les films eux-mêmes, ce personnage est désordonné, fougueux, beaucoup dans l’action même s’il fait souvent du surplace, n’hésitant pas à sauter d’un train en marche, à se battre coûte que coûte sur le ring.

 

 

Cette énergie, on la retrouve chez ces ouvriers polonais engagés au noir sur un chantier londonien dans Moonlightning (1982, Travail au noir), en pleine crise Solidarnosc. On la retrouve surtout dans la manière qu’a Skolimowski de filmer cette histoire, qu’il a lui-même vécue, puisqu’à la même époque il s’occupait à Londres de maçons en provenance de son pays.

 

 

The Lightship (1985, Le bateau phare) marque une étape supplémentaire dans le travail du cinéaste. Skolimowski a vieilli et c’est son fils (Michael Lyndon, de son vrai nom Michal Skolimowski) qui joue à présent la jeunesse survoltée. Dans le rôle du père, Klaus Maria Brandauer est vite amené à surmonter un autre problème que la rébellion filiale : l’arrivée inopinée de gangsters qui s’emparent du bateau. A leur tête, Robert Duvall est, une fois de plus, formidable. Tout en restant dans la lignée des films skolimowskiens, on peut aussi y voir une accalmie, une sorte d’hommage au Key Largo de John Huston.

Puisque tout est combat pour Skolimowski (la vie, le cinéma), le moins qu’on puisse dire est qu’il en sort vainqueur… par chaos.

Jean-Charles Lemeunier

Quatre films de de Jerzy Skolimowski ressortent au cinéma chez Malavida Films :

Signe particulier : néant et Travail au noir le 20 mars 2019 ;

Walkover et Le bateau phare le 10 avril 2019.

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