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Les Daft Punk ont-ils réussi leur pari ? La B.O. de Tron l’Héritage est-elle à la mesure de l’attente et, au final, des commentaires dithyrambiques lus partout ? Oui, cent fois oui, et qu’importent les bémols que pourront trouver les réticents au style de Zimmer tant il est vrai que le style général qui se dégage emprunte beaucoup à Remote Control (cf. les remerciements dans le booklet). Et ce, à tel point que certains morceaux semblent sortir d’Inception. Mais il y a pire comme influence. Surtout quand cette dernière est assumée avec tant de brio et ne se résume pas seulement à la bande à Zimmer. Les Daft Punk brassent rien moins que tout un pan énorme de culture musicale cinématographique, trouvant leur source aussi bien dans le classique (le magnifique Adagio For Tron) et la musique orchestrale, que chez Zimmer donc, mais aussi John Carpenter et son bon gros son synthétique allié à une simplicité structurelle et thématique qui fonctionne toujours autant (Armory, Arena, End Of Line) ou le grand Giorgio Moroder, autre maestro du son qui tâche, au détour de quelques effets, quelques mesures (Rinzler, Derezzed, Disc Wars), le tout dans un mélange des genres bluffant de réussite car non pas disparate et cacophonique mais homogène et totalement maîtrisé. Et quand les Daft Punk citent Wendy Carlos (Finale), compositrice du Tron original, ce n’est pas en rapport à sa B.O. au ton léger et désuet, mais au morceau qu’elle composa pour l’ouverture de Shining de Stanley Kubrick, faisant preuve une fois encore de leur grande connaissance de la musique de film et de leurs ambitions. Le tout aboutit à la bande la plus originale (comprendre excitante) qu’on ait entendue depuis bien longtemps et apporte au film la touche finale dont il avait besoin pour faire des images tournées par Joseph Kosinski de purs plans iconiques dédiés à la forme, la pose et le son. S’articulant essentiellement autour d’un thème simple mais d’emblée imparable, les Daft Punk jouent là où on ne les attendait pas. Non pas dans la cour des projets à la Trent Reznor, Atticus Ross ou les Dust Brothers, mais dans celle des grands, rejoignant les ambitions qu’affichait alors Toto pour leur monumental Dune de David Lynch. Tron l’héritage c’est aussi ça, l’héritage d’un art musical trop souvent considéré comme mineur quand il est essentiel. Une seule chose reste à dire : One More Time. Que cette expérience ne reste pas sans suite, comme l’a malheureusement pu être celle de Toto.

Philippe Sartorelli

> Lire aussi notre chronique du film Tron l’héritage


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