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Édité en DVD et Blu-ray par Elephant Films, Prick Up Your Ears n’est pas seulement un retour sur les débuts de carrière de Stephen Frears — c’est son 6e film, tourné en 1987 juste après le succès de My Beautiful Laundrette — mais une réelle révélation du dramaturge anglais Joe Orton. Trente après la sortie du film, il est grand temps de le (re)découvrir !

Écrit par Hanif Kureishi, My Beautiful Laundrette racontait les amours inter-ethniques d’un Pakistanais et d’un Anglais. Avec Prick Up Your Ears, il est encore question d’homosexualité masculine avec la destinée tragique de Joe Orton (Gary Oldman), scandaleux et fascinant auteur de théâtre — même les Beatles, est-il dit dans le film, voulaient travailler avec lui — et de son amant Kenneth Halliwell (Alfred Molina).

 

 

Oldman et Molina sont les deux atouts majeurs du film. Complètement à l’aise en jeune prolo anglais, le premier avait déjà joué au théâtre une pièce d’Orton (Entertaining Mr Sloane) et s’était fait repérer dans le Sid and Nancy d’Alex Cox, dans lequel il incarnait Sid Vicious. Quant à Molina, future vedette de Spiderman (l’Octopus, c’est lui) et de Frida (où il est le puissant Diego Rivera face à la frêle Salma Hayek/Frida Kahlo), il est tout bonnement exemplaire ici. La tête recouverte de différentes perruques, aussi ridicules les unes que les autres, puis le crâne chauve, le personnage joué par Molina ne cesse de cacher sa personnalité et ses frustrations, d’autant plus fortes qu’Orton joue cruellement avec et manipule son ami. En cela, la séquence où Orton doit rejoindre Paul McCartney pour discuter d’un projet de film en dit long sur le fossé qui se creuse peu à peu entre les deux amants.

 

 

L’histoire suit la trajectoire tragique de ces deux artistes, faite d’amour, de succès, de désirs, de jalousie et d’incompréhension, avec un Joe Orton de plus en plus nihiliste et compliqué à suivre, rejetant un système dont il est content de faire partie, et un Ken Halliwell de plus en plus renfermé et malheureux. L’un connaît l’amour et la gloire tandis que l’autre reste sur le bas-côté.

 

 

Stephen Frears choisit de démarrer son film par un drame et par un écrivain (Wallace Shawn) qui va dérouler petit à petit, par témoignages interposés, le fil du récit. Au fur et à mesure, il parvient à saisir les changements dans les personnalités des deux protagonistes, le tout sous le regard de l’impresario et amie d’Orton (Vanessa Redgrave). Il montre aussi sans détour, ce qui était alors assez gonflé pour un film mainstream, les dragues homosexuelles dans les toilettes ou en vacances au Maroc, lieu mythique pour l’intelligentsia anglo-saxonne.

Quant au titre, s’il peut se traduire par « dresser l’oreille », il comporte une nette connotation sexuelle et une allusion précise à une autre partie de l’individu capable de se dresser.

Jean-Charles Lemeunier

Prick Up Your Ears
Année : 1987
Origine : Grande-Bretagne
Réal. : Stephen Frears
Scén. : Alan Bennett d’après John Lahr
Photo : Oliver Stapleton
Musique : Stanley Myers
Montage : Mick Audsley
Durée : 111 minutes
Avec Gary Oldman, Alfred Molina, Vanessa Redgrave, Frances Barber, Julie Walters, Wallace Shawn…

Sorti en édition combo (DVD + Blu-ray) et DVD collector chez Elephant Films.

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