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D’Edouard Nazarov, talentueux cinéaste d’animation russe, Malavida avait déjà sorti l’attendrissant Il était une fois un chien (1982) dans un florilège de films d’animation regroupés sous le titre du Petit Hérisson dans la brume et autres merveilles, dont on avait ici vanté les mérites. Cette histoire courte se retrouve aujourd’hui dans un nouveau programme animé, toujours sous la férule de Malavida : La Princesse, l’ogre et la fourmi. Et, cette fois-ci, les cinq contes sont signés par Edouard Nazarov.

Exception faite d’Il était une fois un chien, toutes les histoires sont vocalement doublées — et parfois chantées — par Philippe Katerine. Si les tout-petits (dès 5 ans), à qui elles sont destinées, ne le remarqueront sans doute pas, les adultes qui les accompagneront y trouveront, quant à eux, de l’intérêt. Car le chanteur s’amuse, c’est une évidence, et sait partager son plaisir.

P’tit hippo raconte la solitude d’un petit hippopotame qui regarde autour de lui les fourmis, les abeilles, les lapins et les poussins et se dit que si ses congénères étaient aussi nombreux, ce serait compliqué de s’amuser tous ensemble. Alors, le pauvre petit hippo se sent vraiment « terriblement seul ». Jusqu’au jour où… Ce conte poétique est sans doute le plus accessible aux plus jeunes.

Si l’isolement est au cœur du premier récit, c’est de vieillesse dont il est question dans le suivant, avec ce chien qui, trop vieux, n’a pas entendu des voleurs et est chassé de sa ferme. Et c’est un autre aîné, un loup cette fois, qui lui apportera une solution.

Chaque nouvelle histoire est ainsi un conte moral. Il sera question d’un jeu de cartes magique dans Martinko, puis d’une princesse et d’un ogre et, enfin, d’une fourmi. Plus aimables que les humains, les animaux s’entraident quand les premiers se font parfois des crasses. 

Certains détails, d’un réalisme plus cru, attireront l’attention des plus grands. Surtout dans Martinko, où un quidam met la main aux fesses d’une vieille femme pour l’aider à monter dans une charrette, où le héros se mouche en posant un doigt sur sa narine et en soufflant et où un médecin, à une princesse malade, demande si « son père picole ».

Autant dire qu’humour et poésie font ici bon ménage, rehaussés par la facétie de Philippe Katerine.

Jean-Charles Lemeunier

Sortie en salles par Malavida Films le 18 mars 2026.

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