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Invitée du festival Lumière, à Lyon, l’an dernier, Natalie Portman avait présenté le film d’animation Arco d’Ugo Bienvenu, qu’elle avait produit et dont elle loua la poésie. Couronné de succès, Arco est désormais disponible en DVD, VOD et coffret 4K + BRD chez Diaphana : il a reçu le Cristal du long-métrage à Annecy, le César du meilleur film d’animation, le prix du public au Champs Élysées Film Festival et a été nommé à l’Oscar du meilleur film d’animation — mais c’est l’adaptation du roman d’Amélie Nothomb, Amélie et la métaphysique des tubes de Maïlys Vallade et Liane-Cho Han, qui l’a emporté.

Arco est un petit garçon d’une dizaine d’années que l’on voit, dès le début de l’histoire, nourrir des animaux et cueillir des fruits dans un grand jardin. C’est la vision de trois arcs-en-ciel qui traversent les nuées qui nous fait comprendre où nous sommes. Sur la planète Terre, certes, mais dans un futur très éloigné où les gens peuvent traverser les époques grâce à une combinaison arc-en-ciel. Ce que le petit Arco a vu dans le ciel, c’est le retour de ses parents et de sa sœur qui lui parlent des dinosaures.

Bien sûr, l’enfant voudrait lui aussi parcourir ainsi les époques et voir de près des brontosaures mais il n’a pas encore l’âge pour le faire. Aussi, un soir, se glisse-t-il hors de chez lui pour revêtir une combinaison et s’envoler vers… il ne sait. Là, dans une époque totalement différente — mais un peu plus avancée que la nôtre —, Arco va rencontrer Iris qui va essayer de l’aider à repartir chez lui, ce qui ne sera pas simple.

Avec un sujet finalement proche d’E.T. — encore qu’Arco n’a rien d’un extra-terrestre et a juste un comportement anormal —, Ugo Bienvenu se passe du « Téléphone maison » et des vélos volants pour inventer une jolie histoire entre deux enfants délaissés. La petite Iris n’étant elle-même accompagné que d’un robot, ses parents apparaissant seulement par hologrammes, accaparés par leur travail.

Un sujet qui semble obséder Ugo Bienvenu, lui qui est également l’auteur d’une bande dessinée inspirée du Sukkwan Island de David Vann — dont Vladimir de Fontenay vient de tirer un film interprété par Swann Arlaud, par ailleurs l’une des voix d’Arco. Dans Sukkwan Island, un gamin de 13 ans est amené par son père, qui a quitté le foyer familial, sur une île déserte pour y vivre une année entière. Quand on parcourt sur wikipedia la biographie d’Ugo Bienvenu, on apprend qu’il avait lui-même un père diplomate et qu’il a beaucoup déménagé lorsqu’il était enfant, habitant au Guatemala, au Tchad et au Mexique. On peut donc penser qu’il a mis beaucoup de lui-même dans les deux jeunes personnages d’Arco.

Peut-on réellement, quand on est enfant, profiter à plein temps de ses parents ? Cette question traverse en filigrane tout le film et reste présente dans l’œuvre de Bienvenu. Dans sa BD Le Journal de Mikki, les enfants ont pour nurses des robots et, dans Préférence Système, ce sont ces mêmes robots qui portent les enfants « par procuration ». D’ailleurs, dans Arco, le robot qui éduque Iris est beaucoup plus humain que ses propres parents. Un RoboTop, bien mieux qu’un RoboCop !

Saluons encore l’animation fluide, avec des personnages inspirés par les studios japonais, et un casting hors pair pour les voix : Alma Jodorowsky, Swann Arlaud, Vincent Macaigne, Louis Garrel, William Lebghil et Oxmo Puccino pour les rôles d’adultes.

Jean-Charles Lemeunier

Arco
Année : 2025
Origine : France
Réal. : Ugo Bienvenu
Scén. : Ugo Bienvenu et Félix de Givry
Animation : Adam Sillard
Montage : Nathan Jacquard
Musique : Arnaud Toulon, Raphaël Hamburger
Prod. : Félix de Givry, Sophie Mas, Natalie Portman, Ugo Bienvenu
Durée : 82 min
Voix : Margot Ringard Oldra, Oscar Tresanini, Alma Jodorowsky, Swann Arlaud, Vincent Macaigne, Louis Garrel, William Lebghil, Oxmo Puccino…

Sortie par Diaphana en coffret 4K + BRD, DVD et VOD le 17 mars 2026.

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