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Quand le monde va mal — et en ce moment, faudrait être sacrément optimiste pour penser le contraire —, rien de tel que de retrouver le sourire. Autant suivre alors la proposition de Malavida qui ressort en salles, dans une version restaurée, Ecce Homo Homolka (1969, La Famille Homolka), une comédie tchécoslovaque de Jaroslav Papoušek. 

Tout commence ici à la campagne avec un jeune couple désireux de faire l’amour et qui s’y reprendra à plusieurs fois tout au long du film, chaque fois dérangé. Nous faisons connaissance avec la famille Homolka, composée des grands-parents, de leur fils et de sa femme et des jumeaux de ceux-ci, interprétés par Petr et Matej Forman, les fils du cinéaste Milos Forman. Et de l’horrible malheur qui s’abat sur eux : la télé est cassée un dimanche !

Ajoutons que ce petit groupe plut tellement au public que Papoušek filmera deux nouvelles aventures, Hogo fogo Homolka (1971) et Homolka a tobolka (1972). Cette famille est tout ce qu’il y a d’ordinaire, qui passe son temps à se disputer et à créer des situations de tension. À un point tel que l’on a comparé à raison Ecce Homo Homolka avec les comédies italiennes de la même époque, véritables scanners de la société.

Si Papoušek peut se montrer féroce dans la description de ses personnages, il n’en éprouve pas moins de la tendresse pour eux. Comme dans cette séquence de danse de la belle-fille dans la forêt, sous le regard moqueur de ses beaux-parents. Ou celle où le grand-père, chargé par sa femme de refaire le lit, le chamboule dans tous les sens sous le coup de la colère, lui qui ne cesse de répéter que « le calme, c’est la santé ».

Chez les Homolka, le pépé est irascible et s’en prend toujours à sa femme, laquelle chouchoute son fils qui n’ose s’affirmer devant son épouse, tandis que les enfants passent leur temps à chahuter. « Même Edison et Lénine ne sauraient pas y faire avec toi » se plaint le grand-père à propos de sa femme. Dans ce rôle, proche de ceux tenus en Italie par Lino Banfi, Josef Sebánek — déjà remarqué dans les premiers films de Milos Forman — est irrésistible : il grogne sans arrêt, est de mauvaise foi, est submergé par des accès de rage avant d’avoir peur des réactions de sa femme et de faire le gros dos.

Un film tchécoslovaque, surtout issu d’une époque où s’épanouit une Nouvelle Vague dans le paysage cinématographique du pays, ne peut s’achever sans une arrière-pensée politique. « La famille est le fondement de l’État et l’État… c’est nous ! » Autant dire qu’au niveau étatique, tout ne doit pas aller aussi simplement que le proclame la propagande, vu les tiraillements existant au sein des Homolka.

Comment décrire La Famille  Homolka ? Du neuf, de l’excentrique, du curieux, du singulier ? Nul n’est besoin d’éplucher un dictionnaire des synonymes pour trouver l’adjectif qui conviendra le mieux après la vision de ce film.

Jean-Charles Lemeunier

La Famille Homolka
Année : 1969
Origine : Tchécoslovaquie
Titre original : Ecce homo Homolka
Réal., scén. : Jaroslav Papoušek
Photo : Jozef Ort-Snep
Musique : Karel Mares
Montage : Jirina Lukesová
Durée : 84 min
Avec Josef Sebánek, Marie Motlová, Frantisek Husák, Helena Růžičková , Petr et Matej Forman…

Sortie en salles, en version restaurée, par Malavida Films le 25 février 2026.

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