Home

Jusqu’au dernier moment, le doute a subsisté, alors que la ville de Lyon venait d’être classée écarlate dans la hiérarchie pandémique. Jusqu’au bout, certains espéraient, d’autres redoutaient, d’autres enfin préféraient s’abstenir. Et c’est donc avec une jauge réduite à 1000 personnes, dans une halle Tony-Garnier qui d’ordinaire en contient 5000, que la 12e édition du festival Lumière a pu se tenir.

Depuis sa création à l’initiative de Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière, la manifestation a été soutenue par la ville de Lyon, sa métropole et la Région. Et par les salles de cinéma de l’agglomération lyonnaise qui, toutes, participent à l’événement. Et, depuis 2009, le festival Lumière a donc offert le prix qui porte son nom à une prestigieuse liste d’artistes : Clint Eastwood, Milos Forman, Gérard Depardieu, Ken Loach, Quentin Tarantino, Pedro Almodovar, Martin Scorsese, Catherine Deneuve, Wong Kar-wai, Jane Fonda, Francis Ford Coppola et, cette année, les frères Dardenne.

Aux côtés de Thierry Frémaux, on reconnaît (ou pas), derrière les masques, JR, Ladj Ly, Irène Jacob, Steve Nieve, Viggo Mortensen, Oliver Stone, Lucas Belvaux, Laurent Gerra, Abd al Malik, Thomas Vinterberg, Lætitia Dosch et Mads Mikkelsen.

Ce 10 octobre, devant une salle réduite, masquée, distanciée mais toujours aussi enthousiaste, sont montés sur la scène pour la séance d’ouverture du festival, outre Thierry Frémaux — et en l’absence de Bertrand Tavernier, président de l’Institut Lumière et orfèvre dans les présentations cinéphiliques — : Viggo Mortensen, Oliver Stone, Thomas Vinterberg, Mads Mikkelsen, Abd al Malik, Lætitia Dosch, Emmanuelle Devos, Alice Rohrwacher, JR, Vincent Lindon, Ladj Ly, Lucien Jean-Baptiste, Rebecca Zlotowski, Lyna Khoudri, Irène Jacob, Éric Guirado, Claude Mouriéras, Jean-Xavier de Lestrade, Jean-Pierre Kalfon, Pierre Lescure, Lucas Belvaux, Laurent Gerra, Jacques Audiard et son neveu Stéphane, Salim Kechiouche et le pianiste Steve Nieve, accompagnateur de Bowie, Elvis Costello et Morrissey, qui rendit un bel hommage à Ennio Morricone.

Reconnaissons que par les temps épidémiques qui courent, c’était un bel exploit de réunir tant de monde. On pouvait comprendre la satisfaction de Thierry Frémaux de voir le festival se tenir quand même, d’autant plus qu’il remarquait : « Le cinéma est né il y a 125 ans et les salles de cinéma, en France, ont ouvert tout de suite après : le 28 décembre 1895 à Paris et le 25 janvier 1896 à Lyon. Jusqu’en mars dernier, les cinémas n’avaient jamais fermé leurs portes, même pendant les deux guerres mondiales. Ils ont rouvert le 22 juin et, maintenant que les masques y sont obligatoires pendant la séance, le public rassuré revient plus volontiers dans les salles. Dans le monde d’après, il y aura toujours le cinéma. »

« Certains sont quand même formidables »

Outre des hommages aux frères Dardenne, à Viggo Mortensen, Oliver Stone, Thomas Vinterberg, Sabine Azéma, Joan Micklin Silver, Melina Mercouri, Albert Dupontel, Gabriel Yared, des films muets et des ciné-concerts et l’arrivée inattendue — on l’a appris dimanche — d’Abel Ferrara qui présentera Sportin’ Life en avant-première le 17 octobre, l’édition 2020 du festival se remarque aussi par la présence de 23 films sélectionnés à Cannes et jamais présentés. N’oublions pas que Thierry Frémaux est également le délégué artistique de la grande manifestation annulée cette année pour cause de Covid. Ces œuvres seront projetées en avant-première et en présence des équipes.

Enfin, Lumière 2020 rendra également un hommage appuyé à Michel Audiard, dont on célèbre le centenaire de la naissance cette année. Il commencera à Lyon, à la demande de Jacques et Stéphane Audiard, respectivement fils et petit-fils du scénariste, avec une vingtaine de films écrits et/ou mis en scène par le « Petit cycliste », ainsi qu’il était surnommé. Auxquels s’ajoute le livre Michel Audiard/Georges Simenon, édité par Actes Sud dans sa collection Institut Lumière.

Thierry Frémaux, Jacques et Stéphane Audiard

Si Stéphane Audiard, également auteur sous le nom de Marcel Audiard, parle de « la patte féroce du maître » à propos de son grand-père, Jacques Audiard évoque « la sorte de bijouterie » qui, au sein d’un film même médiocre, se met soudain à fonctionner et « à l’éclairer ». « Il a écrit quelque 110 films, je ne sais pas exactement combien, et je ne les aime pas tous. Mais certains sont quand même formidables. »

Et pour finir sur une note formidable, c’est justement Les tontons flingueurs qui conclurent la soirée.

Jean-Charles Lemeunier

http://www.festival-lumiere.org/

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s