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Les cinéphiles de la région lyonnaise et même d’au-delà commencent à compter les jours. Certains posent déjà des vacances à cette période de l’année pour mieux pouvoir en profiter. De quoi ? Du festival Lumière, pardi, qui depuis maintenant une décennie déverse sur l’agglomération du rêve et des paillettes, des stars internationales et une telle quantité de films que vous ne désirez plus qu’une chose : vous transformer en ce mec de Métropolis qui lutte à pleines mains avec les aiguilles d’une gigantesque horloge. Le temps, vous aimeriez alors le ralentir ou l’accélérer, peu importe, pourvu que vous en ayez assez pour visionner tous les films qui vous intéressent. Et qui sont trop nombreux pour réussir à satisfaire toute votre curiosité. Mais faisons mentir le proverbe : abondance de biens ne nuit pas et tâchons de profiter au maximum de toutes ces projections.

 

 

Du 12 au 20 octobre, planifié depuis son origine par l’Institut Lumière de Lyon, le festival Lumière va investir tous les cinémas de la métropole lyonnaise. Pour son 10e anniversaire, il remettra le prix Lumière à Francis Ford Coppola et invite pour des rétrospectives Frances McDormand, Daniel Auteuil, Bong Joon-ho, Donald Sutherland, Marco Bellocchio, Marina Vlady et Gael Garcia Bernal. Ken Loach fera le déplacement, lui qui avait reçu le prix Lumière en 2012, pour venir présenter Sorry, We Missed You, qui était en compétition à Cannes.

 

Photographié ici par sa fille Sofia, Francis Ford Coppola recevra à Lyon le prix Lumière le 18 octobre

 

Et ce n’est pas tout. Ce festival de patrimoine cinématographique crée cette année Lumière Classics, comme il existe Cannes Classics — rappelons que c’est Thierry Frémaux qui orchestre les deux manifestations. Occasion de revoir sur grand écran des incontournables, tels que Toni de Jean Renoir, Pandora d’Albert Lewin ou Miracle à Milan de Vittorio De Sica mais aussi des perles rares dénichées dans les archives polonaises, russes, iraniennes ou slovaques.

 

Clark Gable et Jean Harlow dans La belle de Saïgon (1932), l’un des nombreux chefs-d’œuvre de la sélection de films Warner Pré-Code

 

Outre une sélection des films des invités, la programmation va également s’intéresser à André Cayatte, Lina Wertmüller, Sterling Hayden, Dominique Laffin, Serge Reggiani, ou Vincent Delerm — pour son premier film, Je ne sais pas si c’est tout le monde. Le cinéma muet ne sera pas oublié avec un hommage à la grande actrice Musidora qui fit tant rêver les surréalistes, avec également des films d’Émile Cohl, Maurice Tourneur, Frank Borzage, G.W. Pabst et, surtout, avec la projection de La Roue d’Abel Gance en deux temps, puisque l’œuvre dure… sept heures. Et l’on se précipitera encore vers les films Warner des années 30, ceux d’avant le code de censure, si formidables, si gonflés… si adultes. D’un ciné-concert Chaplin à une mini-nuit Gaspar Noé, d’Alain Chabat venant avec sa Mission Cléopâtre à une nuit autour des trois Parrain, ou une autre en compagnie des zombies de George Romero, il y en aura vraiment pour tous les goûts, tous les âges.

 

 

Quant à l’auteur d’Apocalypse Now, des Parrain, de Rusty James et de Coup de cœur — mais aussi de beaux films oubliés tels que Tucker ou le souvent désavoué Jack, pourtant émouvant hommage à son fils décédé jeune à travers le personnage de cet enfant atteint de progéria et que ses parents voient vieillir —, il recevra son prix le 18 octobre, sera présent au théâtre des Célestins ce même jour pour une conversation qui ne sera pas secrète mais bien publique, et participera le 20 octobre à la séance de clôture avec Apocalypse Now Final Cut, « une version repensée pour les 40 ans du film ».

 

 

Enfin, l’avantage de la programmation du festival Lumière est son côté évolutif. Entre la première conférence de presse avant les vacances d’été et le programme « définitif » dévoilé mi-septembre, beaucoup d’événements ont été ajoutés et ce n’est pas fini. Ainsi, hier, on apprenait que Martin Scorsese, prix Lumière 2015, reviendrait à Lyon présenter The Irishman (illuminé par le tiercé gagnant Robert De Niro, Al Pacino et Joe Pesci) le 15 octobre, en avant-première Netflix. Quant à la soirée d’ouverture, le 12 octobre à la Halle Tony-Garnier, elle est d’ores et déjà complète — quelques places seront encore disponibles le soir-même — alors qu’on ne connaît toujours pas le film qui y sera projeté. Et il n’est pas improbable que d’autres nouveautés alléchantes se rajoutent. C’est ce genre de climax qui fait toute l’originalité et la modernité de ce festival de patrimoine qui n’a pas peur d’associer le cinéma d’aujourd’hui à celui d’hier voire d’avant-hier.

Jean-Charles Lemeunier

http://www.festival-lumiere.org/

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