Classé dans : DES FILMS & DÉBATS | Tags: Anonymous, boîte de nuit, Canada, cinéma canadien, cinéma québécois, corruption, déchets électroniques, Deux secondes, drame policier, grève étudiante, GreenPeace, héritage, intrigue, investigation, Jean Charest, journalisme, La Turbulence des fluides, mafia, mafieux, militants écologistes, Montréal, motards, night-club, nostalgie, Occupy Wall Street, Ottawa, PLQ, Polar, Premier ministre du Québec, Printemps érable, Québec, réseaux sociaux, scandale, société, Stéphanie Lapointe, thriller, trafic, truands, world company
Liverpool marque le retour derrière la caméra de la réalisatrice Manon Briand, dix ans ans après le remarqué La Turbulence des fluides – produit par Luc Besson – avec Julie Gayet et Pascale Bussières. Dans ce nouveau film lui aussi frappé du sceau du mystère, Briand déploie un talent certain pour l’observation des phénomènes de société et fait se télescoper avec efficacité et tendresse, crimes locaux et scandales écologiques internationaux, réseaux sociaux et contestation planétaire, romantisme suranné et relations humaines "2.0". Liverpool projette dans une intrigue de thriller aux accents de comédie sentimentale, une discrète employée de vestiaire d’une boîte de nuit montréalaise, Émilie (Stéphanie Lapointe, qui approfondit son jeu après une prestation plus périssable dans La Peur de l’eau) et Thomas (Charles-Alexandre Dubé), un timide rédacteur/animateur de contenus sur Internet. Elle aime parler aux gens et consulter de vraies cartes routières ; il collectionne les objets technologiques et s’invente des identités sur la toile pour honorer ses travaux publicitaires. Ils sont irrésistiblement attirés l’un vers l’autre, mais n’osent pas s’aborder. L’adversité les réunira, après qu’Émilie, désireuse de rendre service, se retrouve embarquée dans une sombre histoire de famille, un complot filial qui en cache un autre, plus vaste et où interviennent motards violents et industriels véreux.
Solide dans ses partis pris narratifs, Liverpool se révèle visuellement ciselé : des extérieurs nuit inquiétants et aux lumières blafardes s’opposent à des séquences de jour plus légères et acidulées. Souvent l’œil se réjouit de décors bien plantés et graphiquement soignés ; le stylisme de l’ensemble s’enorgueillit de vignettes très design parfois trop appliquées pour être honnêtes – toutes ces scènes où s’immisce ouvertement la marque Apple ne manqueront pas d’agacer les récalcitrants, mais nous sommes quand même loin de l’ostentation publicitaire d’un des derniers épisodes de la saga 007. Attaché à flatter l’œil, Liverpool surprend aussi dans son équilibre stable entre polar concerné par la décrépitude du monde et comédie teintée de (trop) bons sentiments. Entre deux plans inventifs, une contreplongée pour dynamiser l’arrivée d’une voiture à l’hôtel, un emprunt aux déambulations satellitaires du web pour resituer les héros sur la route de la vérité, une flaque d’eau dans laquelle se reflète l’enseigne du club Liverpool et que vient troubler le pas angoissé de son héroïne, etc., les indéniables qualités formelles du métrage parviennent à estomper le mauvais jeu de comédiens secondaires (le gros truand Paul Peretta correspond à un énième numéro de mafieux monolithique, et le ravisseur cagoulé est un poncif de méchant de série B) et les invraisemblances d’un scénario souvent généreux avec les protagonistes : les "coups de chance" sont légion, par exemple pour retrouver des personnages perdus dans l’immensité numérique (Thomas identifie sur un réseau social en quelques minutes une jeune femme qui a pourtant plus d’une centaine d’homonymes) ou sauver les (anti)héros d’une mort certaine. Thomas écope ainsi d’un "simple" passage à tabac lorsque les motards découvrent qu’il les espionnait : une violence minorée par rapport à la réalité où sévissent des Hell’s volontiers assassins.
Malgré ses petites sorties de route de la crédibilité, Liverpool se suit avec intérêt et affection pour son duo de tourtereaux idéalistes animés d’une passion pour la vérité. L’enchaînement de séquences musclées – mais pas inutilement spectaculaires – qui culminent avec la prise d’assaut du vieux-port de Montréal par des militants écologistes et activistes de tout poil (l’effet Anonymous et Occupy Wall Street), entrecoupées d’observations amusées sur les dérives des réseaux virtuels et l’addiction aux technologies, nous capte, nous balade joyeusement de Montréal à Ottawa et, au final, nous propulse au cœur d’une réflexion sur la contestation, incontournable écho au Printemps érable et à la collusion/corruption ambiante (notamment dans l’industrie de la construction) actuellement pointée du doigt par les médias québécois. Avec une énergie communicative, Liverpool se sert agréablement de l’influence sociétale de l’activisme en ligne et des codes graphiques de la culture digitale pour faire avancer son récit. Le charme de ses comédiens principaux animés de dialogues empreints d’authenticité achève d’en faire un thriller rafraîchissant. Qu’est-ce qui fait courir le film – et le spectateur avec lui ? Sa touchante propension à conférer à des individus lambda, et non des surhommes, le pouvoir de changer les choses. Une certaine illustration de la génération descendue dans les rues ces derniers mois pour contester la politique d’éducation nationale du gouvernement Charest.
Stéphane Ledien
> Film sorti en salles au Québec le 3 août 2012
[Remerciements à Julie Moffet]
Classé dans : VIDÉO CLUB | Tags: accident, action, affiche, caméra, chronique, cinéphile, cinéphiles, cinéphilie, cine, coïncidences, Collision, critique, culpabilité, Dante Lam, DVD, enlèvement, Hong-Kong, Johnnie To, Milky Way, nerveux, Nick Cheung, Nicolas Tse, Polar, poursuite, rédemption, revue, revue versus, revueversus.com, rues, séance, séances, Snipers, sorties, sorties ciné, The Insider, The Twin Effects, versus.com, versusmag.fr

Depuis 1998 et son électrisant Beast Cops, Dante Lam s’est quelque peu fourvoyé dans des œuvres au mieux passables si l’on prête un œil indulgent à The Twin Effects ou Snipers (au moins les séquences d’action apportent-elles leurs lots de satisfaction à défaut d’être transcendantes). Celui que l’on pouvait un temps considérer comme un fer de lance du renouveau de l’actionner made in HK hors du landernau de la Milkyway de Johnnie To n’a jamais vraiment confirmé son potentiel. Du moins jusqu’à ce qu’en 2011 The Insider (chroniqué dans le DVD Park n°7) vienne redorer son blason avec un polar hargneux où un ex-taulard (Nicolas Tse) tentait de s’affranchir du milieu du gangstérisme duquel il est issu ainsi que d’un policier (Nick Cheung) un brin manipulateur l’utilisant comme nouvel indic. Si la narration pêchait par une certaine outrance dramatique, la tension progressive se développait autant par le biais de séquences à l’action brutale que plus intimistes où les liens entre les différents protagonistes se révélaient et se raffermissaient de manière inattendue. Une structure reprise de The Crash qui bien que disponible en DVD depuis le 04 avril 2012 chez Wildside est chronologiquement antérieur à The Insider. Une étrangeté de l’exploitation et de la distribution puisque The Beast Stalker (titre initial non conservé) avait tourné dans de multiples festivals, notamment celui de Beaune en 2009, récoltant quelques récompenses mais surtout des avis positifs. Un accueil mérité, même si là encore, tout n’est pas parfait, The Crash parvenant à surprendre malgré des situations rebattues par ailleurs. Surtout, Dante Lam développe une ambiance et s’appuie sur un traitement renvoyant (voire préparant) à The Insider, faisant de ce dernier un intriguant complément à ce faux diptyque. Et pas seulement parce que leurs interprètes principaux en viennent à presque échanger leurs rôles d’un film à l’autre : Nick Cheung interprète ici un bad guy salement amoché physiquement (cicatrices sur le visage, œil droit devenu aveugle suite à une blessure qui a également irrémédiablement endommagé l’œil gauche) et Nicolas Tse joue ici un flic intègre particulièrement méticuleux acceptant mal l’approximation de ses hommes.
Ce policier perfectionniste va être rudement mis à mal lorsqu’au cours d’une course poursuite se concluant par un impressionnant accident de la route (sur lequel le titre français se focalise justement) il va flinguer malencontreusement une petite fille. Voulant stopper la fuite des bandits s’étant emparé, après le choc de tôles froissées, de la voiture d’une femme s’étant garée sur le bas côté, il tire à plusieurs reprises dans leur direction, atteignant le coffre où était enfermée ladite fillette. Ce carambolage formellement ébouriffant s’avère également le point de fuites de lignes narratives s’appuyant sur des coïncidences improbables flirtant avec le ridicule. La jeune femme dont la fille a été accidentellement tuée est justement l’avocate chargée d’instruire l’accusation du gangster pourchassé, sa deuxième fille est la jumelle de la défunte et elle va se lier avec le flic traumatisé alors en convalescence. Ce dernier s’impliquera particulièrement lorsque pour faire pression sur la mère, elle sera enlevée par le personnage de Nick Cheung. Partant à priori sur les traces d’une histoire balisée de rédemption, The Crash va articuler son récit autour de la solitude et l’isolement de ses trois principaux protagonistes et peu à peu imprégner son histoire d’une touchante mélancolie (après avoir dangereusement taquiné un pathos larmoyant). Le crash s’imposera ainsi comme la séquence fondatrice de leurs transformations respectives et lorsque le réalisateur y reviendra par trois fois à l’aide de flashbacks, se sera pour révéler une nouvelle facette des liens les unissant.
Le personnage du kidnappeur est le plus réussi car difficilement cernable au premier abord. L’économie de mots et de mouvements dont il fait preuve rendent opaques ses profondes motivations et sentiments. Un homme hiératique qui dégage un puissant sentiment de malaise (et non, ce n’est pas une question de délit de faciès !) mais qui peut faire preuve dans la même séquence d’une déstabilisante compassion. En tous cas, il est très déterminé, que ce soit dans l’accomplissement sans fioritures et sans état d’âme (l’ordre de couper un bras à la fillette ne le fait même pas tressauter) de sa mission ou les soins quotidiens prodigués à sa femme paralysée en position allongée sur un lit médicalisé. Et son handicap, la vision de son œil valide se détériore, n’est pas un obstacle insurmontable bien qu’il mette en danger sa compagne (comment reconnaître la bonne couleur de médicament à donner lorsque l’on ne voit plus qu’en noir et blanc ?) comme lui-même (comment gérer un champ de vision drastiquement réduit dans les affrontements avec le flic ?).
Outre l’incroyable présence de Nick Cheung dont les apparitions font toutes froid dans le dos, The Crash vaut largement le détour pour ses séquences d’actions, Lam gérant habilement un filmage en caméra portée. Alors que l’on aurait pu craindre un salmigondis de plans à l’enchaînement incompréhensibles, la réalisation nous plonge au cœur des poursuites (à pied ou en véhicules) haletantes dans les rues hongkongaises et les corps à corps rapprochés et rapides sont suffisamment lisibles et distinguables sans avoir besoin d’en passer par la touche pause de la télécommande. Faisant preuve d’un jusqu’au boutisme confinant presque au nihilisme (le sort final de la petite fille est à ce titre emblématique d’une indécision retorse), The Crash pourra dans le même temps décevoir par certaines relations ampoulées presque gnan-gnan. Mais son rythme soutenu et sa réalisation nerveuse, s’ils n’en font certes pas un classique du genre, sont suffisamment réjouissants pour que l’on s’intéresse de nouveau d’un peu plus près à la carrière de Lam.
Nicolas Zugasti
The Crash de Dante Lam est distribué par Wildside et disponible en DVD depuis le 04 avril 2012
Classé dans : VIDÉO CLUB | Tags: cinéma de genre, cinéma européen, cinéma roumain, cinéma turc, contemplation, Europe, festival de Cannes, Film Noir, Grand prix, humour, Il était une fois en Anatolie, Inspecteur, Les Climats, long-métrage, médecin, meurtre, Nuri Bilge Ceylan, plan séquence, Polar, procureur, Suspect, Turquie, Uzak
S’il n’est pas du goût de tous les Versusiens, Nuri Bilge Ceylan n’en demeure pas moins un metteur en scène dont la radicalité des partis pris esthétiques ne peut laisser indifférent. Poussant la contemplation parfois à outrance, le cinéaste turc se présente malgré tout aujourd’hui comme l’un des rares auteurs européens capables de maîtriser, à la perfection parfois, les effets du temps sur ses personnages qui sont autant de sommets de fascination chez le spectateur.

A cet égard, la longue introduction d’Il était une fois en Anatolie en est un exemple d’une richesse incroyable. Passé un prologue dont on peine à se souvenir une fois le film mis en marche, ce dernier s’installe dans l’obscurité de la nuit turque pour suivre un convoi de la gendarmerie qui passera la nuit, en compagnie du suspect numéro un d’un meurtre, à essayer de retrouver l’endroit où a été enterré le cadavre dans une vallée. Et Nuri Bilge Ceylan de commencer à faire ce qu’il sait faire de mieux, d’entrée de jeu : planter un décor et une ambiance de façon magistrale, laissant le temps à la rétine du spectateur d’imprégner les moindres détails du plan, comme on se retrouverait face à une toile de maître, submergé. Il faut voir comment les voitures s’avancent petit à petit dans le cadre, sur une route dont les phares des automobiles rendent la poussière on ne peut plus cinégénique. La matière est en action, car derrière une certaine distance revendiquée, Ceylan ne filme pas autre chose que la vie dans ses moindres détails, parfois cruels, toujours humains. Ce film là est d’autant plus intéressant qu’il permet à son auteur de s’aventurer dans le cinéma de genre pour la première fois.
Un film noir donc, avec des personnages à l’avenant : un inspecteur brutal, un médecin compatissant, un procureur diplomate, et un suspect mystérieux. Un beau mélange qui ne cherche pas pour autant à dresser coûte que coûte le portrait de la société turque. Reste qu’à travers ce scénario qui frise parfois l’absurde, on découvre un nouveau Ceylan qui porte ouvertement un regard critique et dérisoire sur les autorités administratives de son pays. De quoi se rappeler au bon souvenir des excellents films de la récente vague roumaine, dont la noirceur des sujets n’entamait pas un certain décalage humoristique et provocateur dans le traitement. Il était une fois en Anatolie ménage ainsi des plages respiratoires au sein d’un récit qui parfois prend le risque d’être un peu trop hermétique.
C’est peut-être là que le film échoue à être aussi transcendant que les précédents métrages du cinéaste. Alors que Les Climats et surtout Uzak prenaient le parti de fixer au parcours des personnages une mise en scène qui respirait en même temps que ces derniers (le magnifique gros plan sur la sueur qui coule sur la peau dans Les Climats), là, Ceylan semble tomber dans le piège de la contemplation pure et dure, abandonnant au passage de raccorder sa démarche esthétique au personnage du médecin, qui au fur et à mesure du récit prend de l’importance. Si ce n’est pour montrer comment cet anti-héros, petit à petit, perd de son humanité pour accepter la règle du jeu administratif et se pervertir (voire son refus de tirer les bonnes conclusions de l’autopsie finale). Se pervertir comme le fait un peu, donc, Nuri Bilge Ceylan, en étirant son film sur près de 150 minutes quitte à désintéresser le spectateur sur la dernière demi-heure, définitivement de trop.
Pour autant, Il était une fois en Anatolie confirme la place unique de son auteur dans le paysage cinématographique européen, voire mondial. Et on lui pardonne assez facilement son récit à rallonge au regard de quarante premières minutes absolument saisissantes et inoubliables, qui peuvent facilement compter aujourd’hui parmi les plus belles séquences noctunes jamais tournées pour le cinéma.
Julien Hairault
Bande annonce en VOST du film disponible en DVD et Bluray à partir du 6 mars.
Classé dans : LE TOP 10 DE L'ANNÉE 2011 | Tags: 7e Art, Aaron Houston, accident, alpinisme, amputation, années 80, Aron Ralston, aventures, âge d'or, écrivain, Ballet, Best of, bolides, box-office, Bradley Cooper, Canada, cascadeur, chef d'oeuvre, chorégraphie, chroniques, cinéma, cinéma coréen, cinéma muet, Danny Boyle, Danse, Darren Aronofsky, début du siècle, Denis Villeneuve, Detective Dee, Drive, drogues, DVD, enfants, escalade, escapade, espionnage, flops, fusillades, hallucinations, Hollywood, identité nationale, imagination, J'ai rencontré le diable, Jean Dujardin, Kim Jee-Woon, l'Artiste, La Classe américaine, Le Lac des cygnes, les années folles, les meilleurs films de l'année 2011, Liban, licorne, Limitless, marionnettes, Martin Scorsese, Michel Hazanavicius, Moyen-Orient, Na Hong-Jin, Neil Burger, Nicolas Winding Refn, nostalgie, Phalanges libanaises, Philippe Falardeau, pirates, poètes, Polar, pouvoirs, prison, Québec, réfugiés politiques, Robert de Niro, roman, Sang-Froid, Sans Limites, scène, secret, show, souvenirs, spectacle, Spielberg, succès, Sunflower Hour, The Artist, The Murderer, thriller, Tintin, Top 10, tops, Tsui Hark, Vancouver, Versus n° 21, voitures, voyage dans le temps, Wajdi Mouawad, Woody Allen

En couverture de notre numéro 21 paru en début d’année, Black Swan, de Darren Aronofsky, remporte largement le titre de meilleur film de l’année 2011 décerné par les rédacteurs et contributeurs de Versus. Une domination sans partage et méritée pour ce très grand film, qui rend enfin justice au grand talent de son réalisateur, troisième de notre classement il y a deux ans avec The Wrestler. Derrière, ça se bouscule pour les places d’honneur. "L’aspect novateur et l’avancée technique" que présuppose Les Aventures de Tintin (dixit Eric Nuevo) suffisent au film de Steven Spielberg pour se retrouver sur le podium, en compagnie, heureux hasard, de l’hommage de J.J. Abrams au cinéma de tonton Steven (Super 8). Suivent la "prétentieuse" (dixit Stéphane Ledien) Palme d’Or (The Tree of Life) et le Prix de la mise en scène (Drive) du dernier Festival de Cannes, ainsi qu’une triplette asiatique (Detective Dee, J’ai rencontré le diable, The Murderer) qui souligne une fois de plus tout l’intérêt que Versus porte au grand Tsui Hark, et aux joyaux du cinéma coréen. Notons enfin la présence, en dixième position, du coup de cœur du rédac’ chef Stéphane Ledien, le très beau Incendies (chroniqué dans notre DVD Park n° 7) du Canadien Denis Villeneuve. Côté absences notables, signalons qu’une fois n’est pas coutume, Clint Eastwood (Au-delà) passe à la trappe, de même que Martin Scorsese dont le pourtant magnifique Hugo Cabret échoue aux portes du Top10 en compagnie de The Artist, premier film français cité par la rédaction.
Julien Hairault

TOP 10 DE LA RÉDACTION
1. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
2. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
3. SUPER 8 de J.J. Abrams
4. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
5. DRIVE de Nicolas Winding Refn
6. DETECTIVE DEE de Tsui Hark
7. J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE de Kim Jee-woon
8. THE MURDERER de NA Hong-jin
9. LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt
10. INCENDIES de Denis Villeneuve
Tops des rédacteurs
Julien Hairault

1. THE MURDERER de NA Hong-Jin
2. BLACK SWAN de Darren Aronofksy
3. LA GROTTE DES RÊVES PERDUS de Werner Herzog
4. HUGO CABRET de Martin Scorsese
5. HABEMUS PAPAM de Nanni Moretti
6. PATER d’Alain Cavalier
7. DETECTIVE DEE de Tsui Hark
8. INCENDIES de Denis Villeneuve
9. RESTLESS de Gus Van Sant
10. L’EXERCICE DE L’ÉTAT de Pierre Schoeller
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Stéphane Ledien

1. INCENDIES de Denis Villeneuve
2. BLACK SWAN de Darren Aronofsky (en fait vu en 2010, car le film est sorti fin 2010 au Québec)
3. MINUIT À PARIS de Woody Allen
4. DRIVE (titre au Québec : SANG-FROID) de Nicolas Winding Refn
5. THE ARTIST (titre au Québec : L’ARTISTE) de Michel Hazanavicius
6. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
7. SUNFLOWER HOUR de Aaron Houston
8. 127 HEURES de Danny Boyle
9. MONSIEUR LAZHAR de Philippe Falardeau
10. LIMITLESS (titre au Québec : Sans Limites) de Neil Burger
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Fabien Le Duigou

1. BLACK SWAN de Darren Aronovsky
2. J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE de Kim Jee-woon
3. TRUE GRIT de Ethan et Joel Coen
4. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
5. X-MEN : LE COMMENCEMENT de Matthew Vaughn
6. LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt
7. DETECTIVE DEE de Tsui Hark
8. THE MURDERER de Hong-jin Na
9. INSIDIOUS de James Wan
10. ARRIETTY, LE PETIT MONDE DES CHAPARDEURS de Hiromasa Yonebayashi
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Eric Nuevo

1. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
2. THE ARTIST de Michel Hazanavicius
3. DRIVE de Nicolas Winding Refn
4. LA PIEL QUE HABITO de Pedro Almodovar
5. SUPER 8 de J.J. Abrams
6. MELANCHOLIA de Lars Von Trier
7. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
8. RESTLESS de Gus Van Sant
9. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
10. LE DISCOURS D’UN ROI de Tom Hooper & INCENDIES de Denis Villeneuve
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Philippe Sartorelli

1. SUPER 8 de J.J. Abrams
2. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
3. SUCKER PUNCH de Zack Snyder
4. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
5. HUGO CABRET de Martin Scorsese
6. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
7. LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt
8. X-MEN : LE COMMENCEMENT de Matthew Vaughn
9. MISSION : IMPOSSIBLE, PROTOCOLE FANTÔME de Brad Bird
10. INSIDIOUS de James Wan
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Fabrice Simon

1. THE MURDERER de NA Hong-Jin
2. SUPER 8 de J.J. Abrams
3. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
4. UNE SÉPARATION de Asghar Farhadi
5. J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE de Kim Jee-woon
6. INCENDIES de Denis Villeneuve
7. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
8. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
9. FIGHTER de David O. Russell
10. DRIVE de Nicolas Winding Refn
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Julien Taillard

1. DETECTIVE DEE de Tsui Hark
2. SOURCE CODE de Duncan Jones
3. BLOOD ISLAND de Jang Cheol-soo
4. J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE de Kim Jee-woon
5. LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt
6. VERY BAD TRIP 2 de de Todd Phillips
7. LE DISCOURS D’UN ROI de Tom Hooper
8. SUPER 8 de J.J. Abrams
9. X-MEN : LE COMMENCEMENT de Matthew Vaughn
10. DESTINATION FINALE 5 de Steven Quale
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Nicolas Zugasti

1. DETECTIVE DEE de Tsui Hark
2. HAPPY FEET 2 de George Miller
3. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
4. CARNAGE de Roman Polanski
5. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
6. TRIANGLE de Christopher Smith (inédit DVD)
7. J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE de Kim Jee-woon
8. BLACK DEATH de Christopher Smith (inédit DVD)
9. RARE EXPORTS de Jalmari Helander
10. THE WARD de John Carpenter (inédit DVD)
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Tops des contributeurs
Hendy Bicaise

1. COMMENT SAVOIR de James L. Brooks
2. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
3. JE VEUX SEULEMENT QUE VOUS M’AIMIEZ de Rainer Werner Fassbinder
4. DRIVE de Nicolas Winding Refn
5. THE FUTURE de Miranda July
6. 127 HEURES de Danny Boyle
7. LA DERNIERE PISTE de Kelly Reichardt
8. L’APOLLONIDE – souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello
9. LA PIEL QUE HABITO de Pedro Almodovar
10. MISSION : IMPOSSIBLE – PROTOCOLE FANTÔME de Brad Bird
——————————-
Nicolas Domenech

1. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
2. DRIVE de Nicolas Winding Refn
3. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
4. LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt
5. POLISSE de Maïwenn
6. SUPER 8 de J.J. Abrams
7. FIGHTER de David O. Russell
8. 127 HEURES de Danny Boyle
9. LA COULEUR DES SENTIMENTS de Tate Taylor
10. COWBOYS & ENVAHISSEURS de Jon Favreau & LE DISCOURS D’UN ROI de Tom Hooper
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Pierre Gaffié

1. MELANCHOLIA de Lars Von Trier
Suivi de :
SI TU MEURS, JE TE TUE de Hiner Saleem
BLUE VALENTINE de Derek Cianfrance
DONOMA de Djinn Carrénard
THE FUTURE de Miranda July
LES CHEMINS DE LA MÉMOIRE de José-Luis Penfuerte
LAST NIGHT de Massy Tadjedin
POUPOUPIDOU de Gérald Hustache-Mathieu
RABBIT HOLE de John Cameron Mitchell
L’ÉTRANGÈRE de Feo Aladag
Classé dans : VIDÉO CLUB | Tags: Above Suspicion, acteurs, amour, analyse, écrans, Blu-ray, chronique, cinéma, clair-obscur, classique, collection, Coppola, Cosa Nostra, critique, DVD, Femme fatale, Film Noir, Force des ténèbres, Gene Kelly, Hollywood, Ivanhoé, Jean-Charles Lemeunier, la pieuvre, Le Parrain 2, Le Prisonnier de Zenda, Les chevaliers de la table ronde, Les Introuvables, Little Caesar, Little Italy, mafia, mag, MGM, New York, noir et blanc, Paul Vogel directeur de la photographie, Polar, racket, revue, revueversus.com, Scarface, script, studio, thriller, V.O., vendetta, Versus, versusmag, Wild Side
Richard Thorpe est un vieux routier de la MGM, tout aussi foutu de filmer quelques aventures dans la jungle (jouées par le vrai Tarzan, c’est-à-dire Johnny Weissmuller) que les moyenâgeux Chevaliers de la Table Ronde et Ivanhoé ou que le très emballant Prisonnier de Zenda. Mais on aurait tort de croire que le gaillard n’a que du savoir-faire et qu’il ne cherche même pas à le faire savoir. En fouillant dans sa filmographie, les curieux pourront découvrir quelques pépites telles que l’hitchcockien Above Suspicion ou l’étrange Force des ténèbres.
La Main noire (Black Hand) qu’il réalise en 1950 souffre quelque peu des défauts de la MGM, avec un scénario qui ne cherche jamais à trop déranger. Réalisateur de studio, Thorpe suit son script à la ligne sans penser à le pervertir en lui donnant sa marque. Pourtant, le sujet est fort, qui décrit les débuts de la mainmise de la mafia sur la communauté italienne de New York, au tout début du XXe siècle. Le cinéaste se réfugie, semble-t-il, dans une manière de filmer les décors très expressionniste, utilisant les ombres, rendant inquiétante la moindre ruelle ou une anodine montée d’escaliers. Thorpe sait quoi faire de sa caméra et il le prouve : ses plans de la Little Italy des années 1900, avec ses rues encombrées d’étalages, renvoient forcément au New York des années vingt montré par Coppola dans Le Parrain 2.
C’est courant dans les films américains, le scénario met en balance l’individualisme et le collectif. Revenu aux États-Unis pour accomplir une vendetta, le héros va progressivement travailler pour la communauté italienne en luttant corps et âme contre la mafia. On dit que La Main noire est un des premiers, sinon le premier film à aborder la question de la Cosa Nostra en tant qu’organisation secrète qui pourrit la vie de tout un quartier. Ici, les méchants ne sont ni Scarface ni Little Caesar, seulement de petits commerçants qui tiennent la population sous leur coupe.
Après un brillant début qui laisse augurer du meilleur, le film devient bavard. Il nous rattrape avec l’enquête en Italie et ne nous lâche pas avec la capture du héros par les méchants. Grand studio oblige, la fin est malheureusement trop happy pour être crédible.
À ces bonnes surprises décrites plus haut (les plans, le suspense), il faut ajouter celle du casting. On croise dans cette Main noire beaucoup d’excellents seconds rôles qui nous permettent d’entrer encore mieux dans l’histoire. Le soin mis à filmer leurs visages burinés est tout autant à porter au crédit de Thorpe que de son directeur de la photo, Paul Vogel. Quant à la vedette, on sera étonné de découvrir qu’il s’agit de Gene Kelly, finalement ici aussi à l’aise que lorsqu’il chante sous la pluie. Le célèbre danseur a tourné La Main noire entre deux comédies musicales, preuve de son goût du risque.
Jean-Charles Lemeunier
> Film sorti en DVD le 20 septembre chez Wild Side
Classé dans : Festival de Cinéma de la Ville de Québec 2011 | Tags: 1986, Allemagne, archives, Das letzte Schweigen, Berlin, Berlinale, cinéma allemand, Danemark, deuil, deutsch, enquête, Fantasia, FCVQ, germanophone, Il était une fois un meurtre, investigation, jeune fille, meurtre, meurtrier, outre-Rhin, pédophile, Peer Summer, Polar, police, scènes de crime, serial killer, Suisse, thriller, Ulrich Thomsen, Wotan Wilke

Sorti en avril dernier en France sous le titre Il était une fois un meurtre, The Silence a franchi quelques semaines plus tard l’Atlantique pour être intégré à la programmation de Fantasia. D’où sa présence aussi dans la catégorie "Expérience(s)" de la première édition du FCVQ, heureuse prolongation de l’événement montréalais dans la Capitale-nationale. Projeté en dernière séance du festival hier dimanche soir au Clap de Québec (dans des conditions peu optimales, avec une copie numérique de qualité discutable), The Silence a permis de clore l’ensemble sur une note de frisson et de virtuosité. Réalisé par le Suisse Baran bo Odar – classé par le magazine Variety parmi les dix réalisateurs à suivre en 2011 – The Silence est un thriller haletant et pessimiste dont les enjeux se déploient sur deux époques. En juillet 1986, deux désaxés pédophiles planifient le meurtre d’une jeune fille ; l’un des deux, en fait témoin et complice passif, disparaît et refait sa vie. 23 ans plus tard, à la même date et au même endroit, une jeune fille est assassinée. Un meurtre qui pousse l’ancien complice à sortir de l’ombre et à retrouver, mû par des pulsions qu’il ne pourra bientôt plus supporter, l’assassin initial. En parallèle, un inspecteur de police veuf et quelque peu borderline mène l’enquête, aidé par le policier qui travailla autrefois sur l’affaire, et aujourd’hui à la retraite. D’une époque et d’un protagoniste, à un autre, le récit se resserre autour des culpabilités et des fêlures de l’âme.

Filmé avec un sens de l’épure et du cadrage dramatique (pléthore de plongées pour un point de vue déique : damnation éternelle des personnages), The Silence prend le parti de rapprocher la solitude des parents des victimes, à celle des tueurs et du flic dépenaillé faisant office de héros basculant dans l’obsession maladive. La trame est classique mais Baran bo Odar, en plus d’orchestrer l’habituelle traque avec mise en perspective des indices d’une époque à la lumière d’une autre, redéfinit la notion de course-poursuite. Tous les protagonistes sont ainsi poursuivis par la culpabilité et la souffrance de vivre seuls. Un concept qui renforce la tension extrême de l’ensemble, notamment celle des situations d’interrogatoire de routine devant mener à la piste de l’assassin : voir cette séquence éprouvante pour les nerfs où Peer Sommer se tient prêt à sortir son couteau face à la présomption de la femme flic venu le questionner à son domicile. Original dans son traitement héroïque avec ce policier hirsute à qui son supérieur ordonne "de prendre une douche", The Silence rompt avec les figures du genre, n’hésitant pas à fragiliser l’image virile et forte de l’enquêteur traquant un serial-killer. Le héros, toujours lui, est ainsi surpris en pleine nuit en train de porter une robe de sa défunte femme, dont il n’a pas fait le deuil. Ailleurs, Baran bo Odar ne tombe pas non plus dans le piège de la représentation cliché du pédophile, affublant ses assassins d’un physique d’individu sans histoires et non de l’apparence convenue du binoclard à cheveu gras telle que l’aurait affectionnée un mogul hollywoodien. Dans cette volonté de ne jamais rendre attirant aucun des protagonistes de cette sordide histoire mais de les montrer à hauteur et à horreur d’hommes, le réalisateur décuple la puissance anxiogène d’un monde qui n’est plus une hyperbole cinématographique : juste un écho aux tragédies de notre actualité quotidienne, écho que vient assombrir un finale privilégiant l’irrésolution et l’isolement de tous.
Stéphane Ledien
Classé dans : VIDÉO CLUB | Tags: Allen Jenkins, André Quintaine, As de Pique, Assassin, Chester Morris, DVD, DVDPARK, enquête, Frank McHugh, Hantik Films, humour, Louisianne, meurtre, Polar, Policiers, Ray Enright, suspense, The Scare-Ific..., thriller, Tomorrow at Seven, Vivienne Osborne

Troisième rareté éditée en DVD par Hantik Films, Tomorrow at Seven laisse entrevoir dans la collection The Scare-Ific, l’arrivée de l’humour au milieu des intrigues noires et policières de ces métrages fragiles et injustement méconnus. Réalisé en 1933 par Ray Enright, ce petit bijou de thriller condense ainsi en un peu plus d’une heure les passages obligés du genre ainsi qu’une accumulation récréatrice d’ingrédients comiques qui rajoutent du rythme et de l’intérêt à l’ensemble. Le ténébreux Chester Morris y joue un écrivain sur les traces d’un mystérieux assassin dont la particularité est d’annoncer à l’avance, l’heure et l’identité de sa prochaine victime ("tomorrow at seven"), et en laissant comme carte de visite un As de Pique comme signature. Enfermés dans une propriété en Louisiane, après un tumultueux voyage en avion, plusieurs protagonistes (dont l’assassin à démasquer) s’apprêtent à passer une nuit mouvementée !
Et parmi ces personnages donc, un couple de policiers (interprétés par Frank McHugh et Allen Jenkins), dont la bêtise (notable au manque de jugeotte de leurs déductions), suffit à rendre chacune de leur intervention drôle et efficace, et qui tel un bon running-gag bien huilé au milieu d’un scénario mécaniquement mortel, entretient le suspense de l’enquête jusqu’au bout ! Car en plus d’être drôle, Tomorrow at Seven est un whodunit rondement bien mené. Le charme de ces films des années 30 est de ne s’embarrasser d’aucun élément parasite à l’intrigue. Là où aujourd’hui on développerait une histoire d’amour entre l’écrivain et la jeune femme, Enright, lui, n’avait sans doute pas le temps (ni l’envie et les moyens) d’y perdre des plumes. L’important étant de se concentrer sur l’avancement de l’intrigue, puisque le spectateur avait payé son billet pour frémir et enquêter en s’identifiant au héros du film.
C’est donc avec un plaisir non feint que l’on observe les protagonistes se faire descendre les uns après les autres jusqu’à ce que le fin mot de l’histoire soit connu, et l’As de Pique révélé en même temps que ses motivations, lesquelles, secondaires à l’intrigue, seront chassées en fin de course par un dernier ressort comique des flics bouffons. Tomorrow at Seven offre ainsi un contre-champ aux films que l’on a l’habitude de voir de cette époque. Un véritable contrepoint de vue sur le cinéma, pour reprendre la devise de Versus ! Si bien que le travail d’éditeurs comme Hantik Films est précieux pour (re)découvrir la face cachée du cinéma d’exploitation de la grande époque des studios, qui tirait l’essentiel de son charme désuet de la performance de comédiens "anonymes" et d’une mise en scène illustratrice au service de récits toujours alambiqués et hauts en couleurs. Un vrai plaisir de cinéphile !
Julien Hairault
Disponible chez Hantik Films depuis le 7 septembre (12,95 euros)
Extrait de Tomorrow at Seven de Ray Enright

















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