LE TOP 5 DE L’ANNÉE 2012

2012 a été une petite année de cinéma. Et en lieu et place du traditionnel Top 10, la rédaction de Versus a décidé de se limiter à un Top 5. Cinq films pour autant de confirmations du talent des cinéastes concernés. Avec à la première place, sans grande concurrence, le deuxième long-métrage de l’Américain Jeff Nichols : Take Shelter. Repéré dès mai 2011 à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes, ce film sidérant confirme aussi bien le talent de son jeune cinéaste promis à un avenir radieux (Mud, sa troisième pelloche, était en compétition à Cannes en 2012, et sortira sur nos écrans ce printemps), que celui de l’acteur Michael Shannon, nouvelle gueule cassée d’Hollywood. Le podium est complété par deux films que tout pourrait en apparences opposer. Deuxième du classement, Ben Affleck continue avec Argo d’amadouer la rédaction de Versus (et plus particulièrement ses deux rédacteurs en chef Stéphane Ledien et Eric Nuevo !), tandis que le vétéran Michael Haneke, avec Amour, s’immisce pour la première fois dans un top versusien après avoir reçu sa seconde Palme d’Or l’année dernière. Un deuxième film français s’impose dans ce Top 5, en l’occurrence Cloclo de Florent Emilio Siri, suivi de près par l’inévitable Steven Spielberg et son Cheval de guerre. À noter la belle sixième position de Holy Motors de Léos Carax (encore un film français), cité deux fois en pôle position, et les places d’honneur de L’Odyssée de Pi d’Ang Lee, Skyfall de Sam Mendes, De rouille et d’os de Jacques Audiard, et Moonrise Kingdom de Wes Anderson.

TOP 5 DE LA RÉDACTION

1. TAKE SHELTER de Jeff Nichols

2. ARGO de Ben Affleck

3. AMOUR de Michael Haneke

4. CLOCLO de Florent Emilio Siri

5. CHEVAL DE GUERRE de Steven Spielberg

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Tops des rédacteurs

Julien Hairault


(Take Shelter)

1. TAKE SHELTER de Jeff Nichols
2. LES CHANTS DE MANDRIN de Rabah Ameur-Zaïmeche
3. SUMMERTIME de Matthew Gordon
4. KILLER JOE de William Friedkin
5. 4H44 DERNIER JOUR SUR TERRE d’Abel Ferrara

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Fabien Le Duigou


(La Taupe)

1. LA TAUPE de Tomas Alfredson
2. DE ROUILLE ET D’OS de Jacques Audiard
3. TAKE SHELTER de Jeff Nichols
4. LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat
5. DES HOMMES SANS LOI de John Hillcoat

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Jean-Charles Lemeunier


(Holy Motors)

1. HOLY MOTORS de Leos Carax
2. AMOUR de Michael Haneke
3. SKYFALL de Sam Mendes
4. MOONRISE KINGDOM de Wes Anderson
5. ADIEU BERTHE de Bruno Podalydès

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Pierre Gaffié


(Amour)

1. TAKE SHELTER de Jeff Nichols (pour son faux rythme)
2. AMOUR de Michael Haneke (pour le dernier plan du film)
3. 360 de Fernando Meirelles (pour la beauté de la photographie)
4. DETACHMENT de Tony Kaye (pour le propos)
5. LOVE IS ALL YOU NEED de Susanne Bier (pour la subtilité du jeu de Pierce Brosnan)

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Fabrice Simon


(De rouille et d’os)

1. HOLY MOTORS de Leos Carax
2. TAKE SHELTER de Jeff Nichols
3. DE ROUILLE ET D’OS de Jacques Audiard
4. AMOUR de Michael Haneke
5. DES HOMMES SANS LOI de John Hillcoat

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Stéphane Ledien


(Argo)

1. ARGO de Ben Affleck
2. L’ODYSSÉE DE PI de Ang Lee
3. TAKE SHELTER de Jeff Nichols
4. MOONRISE KINGDOM de Wes Anderson
5. CLOCLO de Florent Emilio Siri

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Philippe Sartorelli


(L’Odyssée de Pi)

1. L’ODYSSÉE DE PI de Ang Lee
2. EXTRÊMEMENT FORT ET INCROYABLEMENT PRÈS de Stephen Daldry
3. CHEVAL DE GUERRE de Steven Spielberg
4. MILLENIUM : LES HOMMES QUI N’AIMAIENT PAS LES FEMMES de David Fincher
5. ARGO de Ben Affleck

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Nicolas Zugasti


(Cloclo)

1. CLOCLO de Florent Emilio Siri
2. THE IMPOSSIBLE de Juan Antonio Bayona
3. CHEVAL DE GUERRE de Steven Spielberg
4. THE WOMAN de Lucky McKee
5. TITANIC 3D de James Cameron & LE HOBBIT : UN VOYAGE INATTENDU de Peter Jackson

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Eric Nuevo


(Cheval de guerre)

1. ARGO de Ben Affleck
2. LA CHASSE de Thomas Vinterberg
3. CLOCLO de Florent Emilio Siri
4. CHEVAL DE GUERRE de Steven Spielberg
5. SKYFALL de Sam Mendes



"Versus" spécial Cannes 2012 est paru !

Notre numéro spécial "65ème festival de Cannes" vient de paraître ! 20 pages d’articles de fond et de chroniques sur l’édition 2012 du festival de cinéma le plus médiatisé de la planète :
- réflexions sur le palmarès et le thème de "l’amour avec un grand A" à l’écran ;
- retour sur le cinéma de genre étasunien présenté en sélection officielle ;
- regards sur le cinéma argentin sélectionné dans différentes sections et entrevue avec le réalisateur Pablo Trapero ;
- pour et contre Cosmopolis de David Cronenberg ;
- 8 chroniques des films les plus appréciés ou attendus du festival ;
- parallèle Cosmopolis / Holy Motors ;
- leçon de cinéma avec le vétéran Norman Lloyd ;
- analyse de l’œuvre de Wakamatsu à l’occasion de la projection de son film consacré à Mishima…

En couverture : Des Hommes sans loi, de John Hillcoat.

Couvertures couleur – 2,00 € seulement.
Disponible exclusivement sur le site de la revue (paiement via Paypal)

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Mon palmarès du 65ème Festival de Cannes

Voici donc, après avoir vu les 22 films en compétition, mon palmarès :

PALME D’OR : Holy Motors de Leos Carax

GRAND PRIX DU JURY : Amour de Michaël Haneke

PRIX DU JURY : Lawless de John Hillcoat

PRIX D’INTERPRETATION MASCULINE : Mads Mikkelsen dans Jagten

PRIX D’INTERPRETATION FEMININE : Marion Cotillard dans De rouille et d’os

PRIX DE LA MISE EN SCENE : Im Sang-soo pour The Taste of Money

PRIX DU SCENARIO :
Jagten de Thomas Vinterberg

CAMERA D’OR : Beasts of the southern wild de Benh Zeitlin

TOP 5 toute compétition confondue :
1. Holy Motors de Léos Carax
Pure film d’initiés, Holy Motors marque le retour de Carax 16 ans après Pola X. Une œuvre dense, limpide, critique couplé à un désir immense de cinéma. Un chef d’œuvre pour certains, un film vain et creux pour d’autres. A chacun de juger.

2. Amour de Michaël Haneke.
Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva s’aiment depuis 50 ans. L’une voit sa santé décliner au fur et à mesure du temps qui passe tandis que l’autre tente de colmater les brèches familiales. Un film immense sur l’amour fou culminant dans une scène choc que je ne dévoilerais pas.

3. De rouille et d’os de Jacques Audiard
Une dresseuse d’orques amputé des deux jambes tombe amoureuse d’un free fighter clandestin. Un pitch incroyable pour un film fort. Audiard réussit haut la main son passage au mélo et confirme son statut de number one des cinéastes français.

4. Lawless de John Hillcoat
Du bon cinéma de genre avec brigands héroïques, policiers malfaisants et scènes d’actions parfaitement réalisés. Pas un chef d’œuvre mais un long-métrage libre, violent et anti-consensuel.

5. Jagten de Thomas Vinterberg
Là non plus, pas un chef d’oeuvre mais la filmographie de Vinterberg prend après Submarino une tournure intéressante surtout après le vide intersidéral consécutif à Festen. Avec en prime, le sublime Mads Mikkelsen.

Fabrice Simon



Cannes 2012 : à vos marques…

À l’heure d’Internet, des réseaux sociaux et de la vitesse supersonique à laquelle circule l’information, il semblait difficile aux éminents responsables du festival de Cannes, Thierry Frémaux et Gilles Jacob, de surprendre lors de l’annonce ce 19 avril de la sélection officielle du plus grand festival de cinéma au monde. Et de ce fait, la plupart des films finalement choisis étaient pressentis depuis pas mal de temps. Malgré cette évidence donc, la liste des long-métrages en compétition cette année laisse entrevoir de grands moments de cinéma. Avec en prime, quelques paris osés de la part du comité de sélection qui viennent titiller l’attention de la rédaction.

Lawless de John Hillcoat

Osons !
Auteur de The Proposition, magnifique western mélancolique placé sous l’égide de Nick Cave, et de La Route, adaptation réussie du roman apocalyptique de Cormac McCarthy, le réalisateur australien John Hillcoat est invité pour la première fois à Cannes, en sélection officielle, avec Lawless, un film de gangster à l’époque de la prohibition qui fait saliver. Première également pour le surdoué Andrew Dominik. L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, western hypnotique et stylisé, et Chopper, portrait brutal et abrupt d’un tueur de dealer, avaient impressionné. Espérons qu’il en sera de même avec Killing Them Softly, thriller attrayant où le cinéaste retrouve Brad Pitt.
L’an dernier, Jeff Nichols s’était fait remarquer à la Semaine de la Critique, où son envoûtant et paranoïaque Take Shelter avait été l’un des grands moments du festival. Retrouvant pour la troisième fois son acteur fétiche Michael Shannon, Nichols vient cette année présenter en compétition Mud, une histoire d’amitié sous fond de chasse à l’homme. Un grand moment en perspective…

Mud de Jeff Nichols

Palmé un jour, palmé toujours !
Passé ses trois (possibles) coups de cœur, le reste de la sélection retrouve sinon une certaine logique du moins une continuité de programmation, comme si le fait de sélectionner des films de cinéastes déjà présents de nombreuses fois sur la Croisette, garantissait un festival de qualité. Et à ceux qui se plaignent de retrouver, année après année, les mêmes noms en compétition, les responsables du festival répondent en proposant une application stricte (trop ?) de la politique des auteurs. Ainsi, sur les vingt-deux films qui vont concourir pour la Palme d’Or, quatre ont été réalisés par des cinéastes ayant déjà obtenu le précieux Graal.
Abbas Kiarostami a choisi de s’exiler au Japon pour Like Someone In Love après avoir échoué dans tout les sens du terme en Toscane il y a deux ans avec Copie conforme. Palme d’Or pour Le Goût de la cerise en 1997, le cinéaste iranien a depuis réalisé des œuvres plus ou moins hermétiques rarement convaincantes.
On attend pas forcement grand chose non plus de la part de Ken Loach qui ne cesse de décevoir depuis l’émouvant Le Vent se lève, Palme d’Or en 2006. Le réalisateur britannique vient cette année présenter The Angel’s Share pour sa quinzième sélection. Cette comédie sociale relancera-t-elle la carrière de ce grand cinéaste ? Rien n’est moins sûr…
On pourra s’intéresser au nouvel opus de Michael Haneke (si le cinéaste autrichien retrouve la grâce et l’esthétique glacée du Ruban blanc) et surtout par Cristian Mungiu. Palme d’Or en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours, faux thriller à l’atmosphère étouffante, parfaitement maîtrisé à l’exception d’un plan (celui maladroit du fœtus gisant sur le sol de la salle de bain), le cinéaste roumain revient avec Beyond the Hills qui raconte la descente aux enfers d’une jeune femme suspectée d’être possédée. Intriguant…

Beyond The Hills de Cristian Mungiu

Vive la France !
Outre ces quatre palmés, de grands réalisateurs sont également en compétition. Coté français, le nonagénaire Alain Resnais retente sa chance 53 ans après Hiroshima mon amour et 3 ans après Les Herbes folles. Vous n’avez encore rien vu raconte le testament filmé d’un homme de théâtre dans lequel il semble prévisible de voir le portrait de l’un des plus importants réalisateurs français de l’histoire.
Changement complet de registre pour Jacques Audiard, qui avec De rouille et d’os quitte le polar pour signer sa première incursion dans le mélodrame, genre casse-gueule par excellence. Mais, ce film est interprété par le génial Matthias Schoenaerts acteur belge qui éclaboussait l’écran dans Bullhead de son compatriote Michael R. Roskam.
Enfin la sélection française est complétée par Holly Motors du revenant Leos Carax. Seize ans après Pola X, Carax revient avec un film au casting improbable (Kylie Minogue, Eva Mendes entres autres). De quoi émettre de furieux doutes…

Sur la route, de Walter Salles

Pour le reste…
Les projections attendues de Matteo Garrone pour Reality, quatre ans après avoir créé l’événement avec le remarquable et déstabilisant Gomorra, et de Walter Salles avec Sur la route où le cinéaste brésilien adapte John Kerouac, seront sans doute les événements incontournables de ce festival 2012. On sera plus méfiant devant la nouvelle production de Thomas Vinterberg (Jagten). L’état de grâce du réalisateur danois, suite à Festen, semblant passé depuis longtemps.
Coté asiatique, la sélection est décevante et pauvre. L’absence de Tsui Hark, le placement de Koji Wakamatsu dans la sélection Un Certain Regard, et le déclassement hors-compétition de Takashi Miike ont fait grincer des dents à la rédaction. Reste tout de même Im sang-Soo (dont le précédent opus, The Housemaid avait impressionné par son étude sociologique d’une certaine Corée) et son quasi homonyme Hong Sangsoo, qui malgré la présence à son casting d’Isabelle Huppert, devrait produire une énième fois une variation autour du même film.
Enfin, énorme attente autour de Cosmopolis, la dernière œuvre du génial David Cronenberg. Portrait d’un golden boy en chute libre, cette adaptation d’un livre prémonitoire sur l’impasse du système financier actuel écrit par l’immense Don DeLillo, devrait réconcilier le cinéaste canadien et ses fans échaudés par le dernier A Dangerous Method. Doté d’un casting surprenant avec en tête de gondole le fade Robert Pattinson, Cosmopolis semble être un long-métrage empli de violence et le sexe, dans la droite lignée de A History of Violence et Les Promesses de l’ombre. À n’en pas douter, l’un des points d’orgue de ce 65ème festival.
Au final donc, un festival haut en couleur qui s’annonce passionnant, même si la sélection semble moins alléchante que celle de l’année dernière et surtout celle de 2009, point d’orgue de ces dix dernières années, où une demi-douzaine de films pouvaient à l’époque prétendre à la Palme.

Fabrice Simon

Le 65e Festival de Cannes aura lieu du 16 au 27 mai 2012.
Retrouvez les chroniques et comptes-rendus réguliers de l’événement sur le blog de la revue et dans notre supplément spécial Cannes qui paraîtra début juin.




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