Versus n° 22 : suite du "top" de la décennie 2002-2012 et sélection de chaque rédacteur

Suite du "top" de la décennie 2002-2012 publié dans les colonnes de Versus n° 22, paru le 21 décembre dernier.

Les dix premiers films de cette sélection sont listés et longuement chroniqués dans notre numéro anniversaire de 76 pages.

Pour rappel, le numéro 22 est actuellement disponible, accompagné de son livret collector de 152 pages, en librairies au prix public de 15,00 €, et sur le site de la revue  au prix spécial de 12,00 €, frais de port inclus…



"Top" 2002-2012 de la rédaction : les films n° 11 à 20

11. Inglourious Basterds




12. Black Swan




13. Mystic River




14. Black Book




15. Toy Story 3




16. The Fountain




17. Drive




18. Inception




19. 28 jours plus tard




20. The Dark Knight – Le Chevalier noir




La sélection 2002-2012 de chaque rédacteur


> Pierre Gaffié 

1. Babel d’Alejandro González Inárritu
2. Travail d’arabe de Christian Philibert
3. Moi, toi et tous les autres de Miranda July
4. Italian for beginners de Lone Scherfig
5. Café de Flore de Jean-Marc Vallée
6. Into the wild de Sean Penn
7. Le Libre arbitre de Mathias Glasner
8. Polytechnique de Denis Villeneuve
9. Donoma de Djinn Carréna
10. Melancholia de Lars Von Trier



> Julien Hairault

1. Redacted de Brian De Palma
2. Le Village de M. Night Shyamalan
3. Tropical Malady de Apichatpong Weerasethakul
4. Morse de Tomas Alfredson
5. Inglourious Basterds de Quentin Tarantino
6. Memories of Murders de Bong Joon-ho
7. Shotgun Stories de Jeff Nichols
8. The Host de Bong Joon-ho
9. Hunger de Steve McQueen
10. Les Fils de l’homme de Alfonso Cuaron
11. Exilé de Johnnie To
12. No Country for Old Men des frères Coen
13. Black Swan de Darren Aronofsky
14. Spider-Man 2 de Sam Raimi
15. Bad Lieutenant de Werner Herzog
16. Avatar de James Cameron
17. Two Lovers de James Gray
18. Lettres d’Iwo Jima de Clint Eastwood
19. Million Dollar Baby de Clint Eastwood
20. Zodiac de David Fincher
21. Trois enterrements de Tommy Lee Jones
22. Carlos d’Olivier Assayas
23. Paranoïd Park de Gus Van Sant
24. Le Caïman de Nanni Moretti
25. La Grotte des rêves perdus de Werner Herzog



> Stéphane Ledien

1. Redacted de Brian De Palma
2. Spider-Man 1 & 2 de Sam Raimi
3. Le Dahlia noir de Brian De Palma
4. Black Book de Paul Verhoeven
5. Million Dollar Baby de Clint Eastwood
6. Donnie Darko de Richard Kelly
7. L’Enquête de Tom Tykwer
8. There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson
9. Romanzo Criminale de Michele Placido
10. No Country For Old Men des frères Coen
11. Drive de Nicolas Winding Refn
12. 28 jours plus tard de Danny Boyle
13. Black Swan de Darren Aronofsky
14. Inside Man de Spike Lee
15. Les Indestructibles de Brad Bird
16. The Social Network de David Fincher
17. La Vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck
18. Mesrine (volets 1 & 2) de Jean-François Richet
19. Un Prophète de Jacques Audiard
20. Zodiac de David Fincher
21. Slevin de Paul McGuigan
22. L’Effet Papillon de Eric Bress et J. Mackye Gruber



> Fabien Le Duigou

1. Mystic River de Clint Eastwood
2. Spiderman 2 de Sam Raimi
3. Black Book de Paul Verhoeven
4. La Guerre des mondes de Steven Spielberg
5. Wall-E de Andrew Stanton
6. Kill Bill (volumes 1 et 2) de Quentin Tarantino
7. Toy Story 3 de Lee Unkrich
8. Zodiac de David Fincher
9. Jusqu’en enfer de Sam Raimi
10. May de Lucky McKee



> Jean-Charles Lemeunier

Par ordre chronologique :

La trilogie du Seigneur des anneaux de Peter Jackson
Minority Report de Steven Spielberg
Mystic River de Clint Eastwood
Old Boy de Park Chan-wook
Million Dollar Baby de Clint Eastwood
A History of Violence (de David Cronenberg
Sin City de Robert Rodriguez
Into the Wild de Sean Penn
Gone Baby Gone de Ben Affleck
Zodiac de David Fincher
Inglourious Basterds de Quentin Tarantino
Sans oublier : Black Book (parce que Verhoeven est pour moi un cinéaste important), Les Infiltrés de Scorsese, Blood Diamond d’Edward Zwick, Gomorra, Persépolis  (pour mettre un dessin animé), et tant d’autres…



> Éric Nuevo

1. The Fountain de Darren Aronofsky
2. Inception de Christopher Nolan
3. The Social Network de David Fincher
4. Drive de Nicolas Winding Refn
5. La Guerre des mondes de Steven Spielberg
6. Two Lovers de James Gray
7. The Dark Knight Rises de Christopher Nolan
8. La piel que habito de Pedro Almodovar
9. Super 8 de J. J. Abrams
10. Ratatouille de Brad Bird
11. Le Voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki
12. Les Noces funèbres de Tim Burton
13. L’Étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher
14. Redacted de Brian De Palma
15. There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson
16. Les Promesses de l’ombre de David Cronenberg
17. Les fils de l’homme de Alfonso Cuaron
18. Le Labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro
19. Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson
20. Dans ses yeux de Juan José Campanella
21. Black Swan de Darren Aronofsky
22. The Artist de Michel Hazanavicius
23. Démineurs de Kathryn Bigelow
24. Kill Bill (volumes 1 & 2) de Quentin Tarantino
25. Avatar de James Cameron



> Philippe Sartorelli

Par ordre alphabétique :

Across The Universe de Julie Taymor
Démineurs de Kathryn Bigelow
Happy Feet de George Miller
Hellboy de Guillermo Del Toro
Inception de Christopher Nolan
Inland Empire de David Lynch
Inside man de Spike Lee
Insidious de James Wan
Kick-Ass de Matthew Vaughn
Kill Bill: Vol. 1 & Kill Bill: Vol. 2 de Quentin Tarantino
La Guerre Des Mondes de Steven Spielberg
Le Labyrinthe De Pan de Guillermo Del Toro
Les Fils de L’homme de Alfonso Cuaron
Miami Vice : deux flics à Miami de Michael Mann
Mystic River de Clint Eastwood
Open Range de Kevin Costner
Shawn Of The Dead de Edgar Wright
Shutter Island de Martin Scorsese
Soyez sympas, rembobinez de Michel Gondry
Spider-Man & Spider-Man 2 de Sam Raimi
Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier De Fleet Street de Tim Burt0n
The Box de Richard Kelly
The Dark Knight de Christopher Nolan
The Fountain de Darren Aronofsky
The Social Network de David Fincher
V Pour Vendetta de James McTeigue
Wall-E de Andrew Stanton
X-Men 2 de Bryan Singer
Zodiacde David Fincher
The Tree of Life de Terrence Malick



> Fabrice Simon

Par ordre chronologique à raison de trois films par année :

2002 :
Parle avec elle de Pedro Almodovar
Le Voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki
Le Pianiste de Roman Polanski

2003 :
Kill Bill volume : 1 de Quentin Tarantino
Devdas de Sanjay Leela Bhansali
Zatoichi de Takeshi Kitano

2004 :
Collateral de Michael Mann
Les Indestructibles de Brad Bird
Old Boy de Park Chan-wook

2005 :
A History Of Violence de David Cronenberg
Million Dollar Baby de Clint Eastwood
La Guerre des mondes de Steven Spielberg

2006 :
The Host de Bong Joon-ho
Les Infiltrés de Martin Scorsese
Les Fils de l’homme de Alfonso Cuaron

2007 :
Zodiac de David Fincher
Les Promesses de l’ombre de David Cronenberg
La Nuit nous appartient de James Gray

2008 :
There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson
Le bon, la brute et le cinglé de Kim Jee-woon
Valse avec Bachir de Ari Folman

2009 :
Inglourious Basterds de Quentin Tarantino
Le Ruban blanc de Michael Haneke
Vincere de Marco Bellocchio

2010 :
Inception de Christopher Nolan
The Social Network de David Fincher
Mother de Bong Joon-ho

2011 :
The Murderer de Na Hong-jin
Super 8 de J. J. Abrams
Black Swan de Darren Aronofsky

2012 :
Holy Motors de Leos Carax
De rouille et d’os de Jacques Audiard
Des Hommes sans loi de John Hillcoat



> Julien Taillard

1. Wall-E de Andrew Stanton
2. La Mémoire dans la peau de Doug Liman
3. Happy Feet de George Miller
4. Rocky Balboa de Sylvester Stallone
5. Monsters de Gareth Edwards
6. The Dark Knight de Christopher Nolan
7. 28 jours plus tard de Danny Boyle
8. Les Fils de l’homme de Alfonso Cuaron
9. Redacted de Brian De Palma
10. Bedevilled de Jang Cheol-soo (scandaleusement passé inaperçu !)



> Nicolas Zugasti

1. Matrix Reloaded & Revolutions de Andy & Lana Wachowski
2. Inglourious Basterds de Quentin Tarantino
3. The Social Network de David Fincher
4. Happy Feet 1 & 2 de George Miller
5. Gran Torino de Clint Eastwood
6. Avatar de James Cameron
7. Toy Story 3 de Lee Unkrich
8. Exilé de Johnnie To
9. Paprika de Satoshi Kon
10. Les Fils de l’homme de Alfonso Cuaron
11. la trilogie Spider-Man (impossible de les départager bien que j’ai une lègère préférence pour le dernier) de Sam Raimi
12. La Guerre des mondes de Steven Spielberg
13. Cloclo de Florent Emilio Siri
14. Miami Vice de Michael Mann
15. Agora de Alejandro Amenabar
16. Zodiac De David Fincher
17. Speed Racer de Andy & Lana Wachowski
18. The Woman de Lucky McKee
19. Incassable de M. Night Shyamalan
20. A Serious Man des frères Coen
21. United Red Army de Koji Wakamatsu
22. Dans ses yeux de Juan José Campanella
23. Une séparation de Asghar Farhadi
24. Ponyo sur la falaise de Hayao Miyazaki
25. Hellboy 2 : Les Légions d’or maudites de Guillermo Del Toro



LE TOP 10 DE L’ANNÉE 2011 PAR LA RÉDACTION DE VERSUS

En couverture de notre numéro 21 paru en début d’année, Black Swan, de Darren Aronofsky, remporte largement le titre de meilleur film de l’année 2011 décerné par les rédacteurs et contributeurs de Versus. Une domination sans partage et méritée pour ce très grand film, qui rend enfin justice au grand talent de son réalisateur, troisième de notre classement il y a deux ans avec The Wrestler. Derrière, ça se bouscule pour les places d’honneur. "L’aspect novateur et l’avancée technique" que présuppose Les Aventures de Tintin (dixit Eric Nuevo) suffisent au film de Steven Spielberg pour se retrouver sur le podium, en compagnie, heureux hasard, de l’hommage de J.J. Abrams au cinéma de tonton Steven (Super 8). Suivent la "prétentieuse" (dixit Stéphane Ledien) Palme d’Or (The Tree of Life) et le Prix de la mise en scène (Drive) du dernier Festival de Cannes, ainsi qu’une triplette asiatique (Detective Dee, J’ai rencontré le diable, The Murderer) qui souligne une fois de plus tout l’intérêt que Versus porte au grand Tsui Hark, et aux joyaux du cinéma coréen. Notons enfin la présence, en dixième position, du coup de cœur du rédac’ chef Stéphane Ledien, le très beau Incendies (chroniqué dans notre DVD Park n° 7) du Canadien Denis Villeneuve. Côté absences notables, signalons qu’une fois n’est pas coutume, Clint Eastwood (Au-delà) passe à la trappe, de même que Martin Scorsese dont le pourtant magnifique Hugo Cabret échoue aux portes du Top10 en compagnie de The Artist, premier film français cité par la rédaction.

Julien Hairault

TOP 10 DE LA RÉDACTION

1. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
2. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
3. SUPER 8 de J.J. Abrams
4. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
5. DRIVE de Nicolas Winding Refn
6. DETECTIVE DEE de Tsui Hark
7. J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE de Kim Jee-woon
8. THE MURDERER de NA Hong-jin
9. LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt
10. INCENDIES de Denis Villeneuve


Tops des rédacteurs

Julien Hairault

1. THE MURDERER de NA Hong-Jin
2. BLACK SWAN de Darren Aronofksy
3. LA GROTTE DES RÊVES PERDUS de Werner Herzog
4. HUGO CABRET de Martin Scorsese
5. HABEMUS PAPAM de Nanni Moretti
6. PATER d’Alain Cavalier
7. DETECTIVE DEE de Tsui Hark
8. INCENDIES de Denis Villeneuve
9. RESTLESS de Gus Van Sant
10. L’EXERCICE DE L’ÉTAT de Pierre Schoeller

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Stéphane Ledien

1. INCENDIES de Denis Villeneuve
2. BLACK SWAN de Darren Aronofsky (en fait vu en 2010, car le film est sorti fin 2010 au Québec)
3. MINUIT À PARIS de Woody Allen
4. DRIVE (titre au Québec : SANG-FROID) de Nicolas Winding Refn
5. THE ARTIST (titre au Québec : L’ARTISTE) de Michel Hazanavicius
6. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
7. SUNFLOWER HOUR de Aaron Houston
8. 127 HEURES de Danny Boyle
9. MONSIEUR LAZHAR de Philippe Falardeau
10. LIMITLESS (titre au Québec : Sans Limites) de Neil Burger

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Fabien Le Duigou

1. BLACK SWAN de Darren Aronovsky
2. J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE de Kim Jee-woon
3. TRUE GRIT de Ethan et Joel Coen
4. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
5. X-MEN : LE COMMENCEMENT de Matthew Vaughn
6. LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt
7. DETECTIVE DEE de Tsui Hark
8. THE MURDERER de Hong-jin Na
9. INSIDIOUS de James Wan
10. ARRIETTY, LE PETIT MONDE DES CHAPARDEURS de Hiromasa Yonebayashi

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Eric Nuevo

1. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
2. THE ARTIST de Michel Hazanavicius
3. DRIVE de Nicolas Winding Refn
4. LA PIEL QUE HABITO de Pedro Almodovar
5. SUPER 8 de J.J. Abrams
6. MELANCHOLIA de Lars Von Trier
7. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
8. RESTLESS de Gus Van Sant
9. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
10. LE DISCOURS D’UN ROI de Tom Hooper & INCENDIES de Denis Villeneuve

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Philippe Sartorelli

1. SUPER 8 de J.J. Abrams
2. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
3. SUCKER PUNCH de Zack Snyder
4. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
5. HUGO CABRET de Martin Scorsese
6. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
7. LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt
8. X-MEN : LE COMMENCEMENT de Matthew Vaughn
9. MISSION : IMPOSSIBLE, PROTOCOLE FANTÔME de Brad Bird
10. INSIDIOUS de James Wan

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Fabrice Simon

1. THE MURDERER de NA Hong-Jin
2. SUPER 8 de J.J. Abrams
3. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
4. UNE SÉPARATION de Asghar Farhadi
5. J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE de Kim Jee-woon
6. INCENDIES de Denis Villeneuve
7. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
8. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
9. FIGHTER de David O. Russell
10. DRIVE de Nicolas Winding Refn

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Julien Taillard

1. DETECTIVE DEE de Tsui Hark
2. SOURCE CODE de Duncan Jones
3. BLOOD ISLAND de Jang Cheol-soo
4. J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE de Kim Jee-woon
5. LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt
6. VERY BAD TRIP 2 de de Todd Phillips
7. LE DISCOURS D’UN ROI de Tom Hooper
8. SUPER 8 de J.J. Abrams
9. X-MEN : LE COMMENCEMENT de Matthew Vaughn
10. DESTINATION FINALE 5 de Steven Quale

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Nicolas Zugasti

1. DETECTIVE DEE de Tsui Hark
2. HAPPY FEET 2 de George Miller
3. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
4. CARNAGE de Roman Polanski
5. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
6. TRIANGLE de Christopher Smith (inédit DVD)
7. J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE de Kim Jee-woon
8. BLACK DEATH de Christopher Smith (inédit DVD)
9. RARE EXPORTS de Jalmari Helander
10. THE WARD de John Carpenter (inédit DVD)

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Tops des contributeurs

Hendy Bicaise

1. COMMENT SAVOIR de James L. Brooks
2. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
3. JE VEUX SEULEMENT QUE VOUS M’AIMIEZ de Rainer Werner Fassbinder
4. DRIVE de Nicolas Winding Refn
5. THE FUTURE de Miranda July
6. 127 HEURES de Danny Boyle
7. LA DERNIERE PISTE de Kelly Reichardt
8. L’APOLLONIDE – souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello
9. LA PIEL QUE HABITO de Pedro Almodovar
10. MISSION : IMPOSSIBLE – PROTOCOLE FANTÔME de Brad Bird

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Nicolas Domenech

1. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
2. DRIVE de Nicolas Winding Refn
3. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
4. LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt
5. POLISSE de Maïwenn
6. SUPER 8 de J.J. Abrams
7. FIGHTER de David O. Russell
8. 127 HEURES de Danny Boyle
9. LA COULEUR DES SENTIMENTS de Tate Taylor
10. COWBOYS & ENVAHISSEURS de Jon Favreau & LE DISCOURS D’UN ROI de Tom Hooper

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Pierre Gaffié

1. MELANCHOLIA de Lars Von Trier
Suivi de :
SI TU MEURS, JE TE TUE de Hiner Saleem
BLUE VALENTINE de Derek Cianfrance
DONOMA de Djinn Carrénard
THE FUTURE de Miranda July
LES CHEMINS DE LA MÉMOIRE de José-Luis Penfuerte
LAST NIGHT de Massy Tadjedin
POUPOUPIDOU de Gérald Hustache-Mathieu
RABBIT HOLE de John Cameron Mitchell
L’ÉTRANGÈRE de Feo Aladag



Benoît Pilon, réalisateur de "Décharge"

Quelques jours après la sortie en salles au Québec de Décharge, drame social qui manie les archétypes du polar urbain et la crudité du documentaire, rencontre avec son réalisateur, Benoît Pilon. Un auteur qui assume pleinement le pessimisme de son film et la position ambiguë de son style, au carrefour des genres.



Revue Versus : dans ta note d’intention, tu évoques "en toute modestie" les influences de James Gray et d’Andrea Arnold (note de la rédaction : son film "Fish Tank" avait été chroniqué dans Versus n° 16, toujours disponible). Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?

B. P. : Chez Andrea Arnold, la caméra se veut très libre, très documentaire, naturelle. C’est très inspirant. Comme Ken Loach, pour citer une autre référence… James Gray, lui, n’a pas peur du drame, du tragique ; il ne cherche pas à gommer cette emphase et c’est ce que j’aime dans son cinéma. J’aime les sujets forts, où la tragédie peut s’inviter et éclater, sans pour autant en faire trop. Je tiens à un traitement sans fard de la réalité. Je me souviens à ce sujet du film Frozen River (de Courtney Hunt, 2007, chroniqué dans Versus n° 14, NDR) : l’ambiance est assez proche de ce que j’aime mettre en scène. C’est une histoire qu’on aurait volontiers pu voir traitée dans le cinéma québécois, donc de ce côté-ci de la frontière.

Revue Versus : Traitement sans fard mais pas sans symbolisme, alors. Pierre, le héros de "Décharge", est un vidangeur, et en même temps il n’a pas vraiment fait le ménage dans sa tête…

B. P. : Absolument. J’irais même jusqu’à parler de métaphore et de poésie de la poubelle ! Surtout via ce plan où tout se déverse derrière lui alors qu’il a la tête pleine de soucis…

Revue Versus : Un plan majeur selon moi, oui. Au-delà du symbolisme et de la topographie intéressante que propose le film, il y a un pessimisme, un côté sombre que le cinéma étatsunien aurait sans doute occulté. La fin du film est-elle celle à laquelle tu avais pensé dès le départ ?

B. P. : Oui, cette fin était présente dans les premiers synopsis. J’ai eu en tête ce plan final, une matrice à partir de laquelle j’ai ensuite construit le reste du récit. Ce plan renvoie à la mauvaise conscience, au constat d’impuissance. Face à ce qui dérange, on finit par se terrer dans sa bulle. Impuissance qui se transforme en indifférence. Cela renvoie à un constat plus global, celui sur l’état du monde.

Revue Versus : Je dois avouer que j’ai perçu le héros, plutôt un anti-héros en fait, comme un personnage toujours en retard sur l’intrigue et l’action (sauf dans la séquence de confrontation avec le chef de gang), et j’ai eu le sentiment que la mise en scène le plaçait aussi dans ce décalage. Il n’est pas vraiment au centre, toujours un peu décadré. Mais je me suis peut-être laissé influencé par ce fameux plan de la décharge, où le cadre l’aspire presque malgré lui tandis que tout se déverse…

B. P. : Hum… Je ne suis pas sûr du décalage. En tout cas ce n’est pas une démarche consciente de ma part. Ce personnage a un passé de délinquant. Il ferme les yeux sur ce qui se passe autour de lui mais dès que se produit une intrusion, dès que sa sphère familiale est menacée, il agit, notamment avec cette expédition punitive. Je vois Pierre comme un personnage versé dans l’addiction : il a vaincu sa dépendance à la drogue par une action sur lui-même. Il y a chez lui le culte du corps, il est sans cesse en mouvement, il bouge, donc il agit, voire devance le récit. Mais évidemment, il perd le contrôle.

Revue Versus : En parlant d’action, j’ai trouvé qu’il y avait dans certaines séquences un peu de l’esprit de série B qu’on aime tant à la rédaction. Des vignettes empruntées aux vigilante movies, avec un petit côté polar urbain viril, violent…

B. P. : Décharge est un film de références aux genres de par son sujet, où se côtoient les gangs de rue, la drogue, le vigilantisme. Ce fait est d’ailleurs inspiré de la réalité de certains quartiers de Montréal, quand les habitants en ont eu ras-le-bol de la criminalité environnante et qu’ils se sont mis à faire le "ménage" eux-mêmes. Mais au-delà de ces idées à l’impact cinématographique évident, je n’ai pas cherché à faire un film de genre prononcé avec une esthétique à l’avenant. Mon procédé se veut réaliste. Les scènes et images de genre sont inscrites dans une expression simple, crédible, voire d’intimité.

Revue Versus : Et concernant l’expérience de la drogue, j’ai remarqué une volonté de marquer quelques points esthétiques, justement…

B. P. : Quand la narration dictait des plans que je dirais lyriques ou stylisés, oui.

Revue Versus : Je pense à la première rencontre les yeux dans les yeux entre Pierre et Eve. Il y a ce ralenti, comme un trip

B. P. : Oui, mais on entre dans une dimension plus psychologique. La suspension ne fonctionne pas comme dans, par exemple, Requiem For a Dream. J’évite la suresthétisation. L’idée, avec ce ralenti, est de changer de perspective. On voit Eve à travers les yeux de Pierre puis c’est l’inverse, d’où ce flottement, cette perception bouleversée. Eve, même si elle plane, voit pierre comme un sauveur surgi de la ruelle. Plus qu’un effet de la drogue, c’est l’illustration d’un point de vue, la rupture du regard initial.

Revue Versus : Et le flashback avec l’overdose ?

B. P. : Là, je rejoins plus le côté sensoriel que tu évoques. Il y a dans cette scène une esthétique Ektachrome. ça bouge, on est sur un toit, c’est censé être cool, planant, mais évidemment, ça vire au tragique. Puis retour à la vie réelle.

Revue Versus : …Et donc à une image plus crue. Une caméra un peu plus rivée au sol.

B. P. : Oui mais sans aller jusqu’à rejoindre une école de la "réalité austère". J’attache de l’importance à la créativité cinématographique. Réalisme sans fard ne veut pas dire minimalisme. D’où ces mouvements de caméra, les plongées au-dessus des camions de vidange, etc.

Revue Versus : Comment te situes-tu par rapport à du cinéma d’auteur réaliste, avec tout ce que l’assertion a de limitatif et de flou ?

B. P. : Je ne sais pas, je n’ai pas réfléchi à la question et n’ai pas fait mon choix de mise en scène en vertu d’un positionnement sur ce qui serait l’échiquier du cinéma québécois. Ma question c’était surtout "comment être dur sans pour autant être austère ?". Je veux que l’on soit touché par les personnages, et il y a dans ma façon de faire, enfin je l’espère, un respect du divertissement.

Revue Versus : Tout à fait, je trouve que l’équilibre se tient entre deux ambiances, l’une intimiste, l’autre un peu plus tapageuse. La bande-annonce penche d’ailleurs plutôt du côté de la seconde. Comment perçois-tu cette mise sur le marché de ton film ?

B. P. : Avec toute l’ambiguïté que cela soulève. Je joue avec des thématiques contemplatives. L’affiche, la bande-annonce, elles, évoquent un film de genre, ce qu’il n’est pas vraiment. J’assume cette ligne ténue, ce tiraillement entre deux tendances, l’une aride, l’autre populaire.

Revue Versus : En même temps, cela génère un effet d’écho cohérent par rapport à la position morale du film. Tu choisis clairement de ne pas juger tes personnages. Tu illustres le dilemme mais ne cherches pas à le résoudre.

B. P. : C’est ça. L’ambiguïté de la position esthétique du film renvoie à l’ambiguïté morale du personnage et du récit. C’est un jeu de pulsions. Et donc, en tant que cinéaste, je sens et j’assume le décalage de positionnement.



Propos recueillis par Stéphane Ledien

> Décharge sera projeté lors de la 15e édition du Cinéma du Québec à Paris du 15 au 19 novembre 2011.



"Décharge" de Benoît Pilon

Sujet très peu évoqué dans le cinéma de fiction – aucun titre significatif, hormis quelques vignettes dans un Creepshow ludique ou un Frantic à l’ouverture ironique, ne nous vient en tout cas à l’esprit – l’univers du traitement des déchets ménagers, des éboueurs, vidangeurs et autres employés des décharges publiques renferme un potentiel esthétique qu’on n’aurait pas cru si marqué et si marquant avant de visionner Décharge. Réalisé par le Québécois Benoît Pilon, auparavant auteur d’un Ce qu’il faut pour vivre moult fois récompensé (quatre prix Génie et trois prix Jutra dont celui du meilleur film) et qui, en 2009, eut l’honneur de figurer parmi les neuf demi-finalistes dans la course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, Décharge vaut d’abord pour son incursion originale. Un plongeon direct, aussi brut que lyrique, dans la déliquescence du monde, état de pourriture, de décomposition avancé, que figure, c’est évident mais intelligent, la "décharge" du titre. Pour son second long-métrage de fiction, Benoît Pilon choisit de raconter l’histoire d’un ancien délinquant toxicomane menant aujourd’hui une vie rangée et paisible à Montréal avec femme (Isabelle Richer, que le public français a pu apprécier dans Les Trois petits cochons de Patrick Huard), enfants et entreprise de vidange des ordures. Rescapé plutôt que véritable repenti, Pierre Dalpé (David Boutin, entre autres vu dans Hochelaga et Histoire de Pen de Michel Jetté) s’affiche comme un homme heureux et à qui tout réussit. Jusqu’au jour où les spectres de la drogue et de la prostitution ressurgissent dans son quartier en la personne de Eve (Sophie Desmarais), une paumée que Pierre va vouloir, comme sa femme travailleuse sociale le fit pour lui en son temps, sortir de l’engrenage fatal. Quitte à se confronter aux chefs de gang qui contrôlent la vie de la jeune fille.

Film en équilibre stable entre drame social, polar urbain et récit opératique d’une redescente aux enfers, Décharge ne commet jamais le faux pas qui pourrait avoir raison de son numéro de funambule. Conscient de l’imagerie choc, spectaculaire, que véhicule aux yeux d’un public amateur de productions disons… tapageuses, les thèmes tels que l’usage des drogues et le gangstérisme de rue, Benoît Pilon choisit de ne pas privilégier un genre plus qu’un autre. Aux portraits de famille teintés de sobriété, se joignent des tableaux plus noirs, brèves expéditions punitives rappelant les vigilante movies, empoignade avec un chef de gang d’une brutalité furtive digne des polars les plus reptiliens, mauvais trip sous stupéfiants renvoyant à tout un pan du cinéma « junkie » : la dimension très aérienne – filmée sur un toit, avec l’intervention d’un « traceur » (un pratiquant du Parkour) – du flashback revenant sur le drame de jeunesse de Pierre, nous ramène aux traumas sensoriels et physiques que sont Requiem For a Dream d’Aronofsky et Las Vegas Parano de Gilliam. Dans la majeure partie du métrage, Pilon se charge cependant de désacraliser la représentation de l’état second, débarrassant son film de toute coolitude et de suresthétisation telles qu’en ont offertes des stupidités comme Blow (Ted Demme, 2001). En d’autres termes, pas d’overdose stylistique.

Dans la crudité de son constat sur la toxicomanie et la criminalité urbaine, Pilon réinsère sa part de regard documentaire (après tout, il vient de là), rejoignant, toutes proportions gardées, la veine photogénique d’un Drugstore Cowboy (Gus Van Sant, 1989), en alternance avec le dénuement abrupt typique d’un film comme Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée… (Uli Edel, 1981). On peut voir dans ce statu quo formel entre petit film noir, peinture sociale et témoignage urbain, un refus de s’engager dans une voie très claire et catégorisée du cinéma québécois, une volonté de rester auteur là où d’autres se seraient engouffrés dans une veine plus commerçante, avec l’impact visuel et les compromis formels que la chose impliquerait. L’idée est à nuancer, car, en appliquant les recettes de cinéastes aussi intimistes que flamboyants dont il dit s’inspirer (James Gray et Andrea Arnold), Pilon apporte une mobilité particulière à son film, doublée d’une symbolique : le choix d’un héros vidangeur bien décidé à faire le ménage dans sa vie, son passé, son futur, archétype de « nettoyeur » sans cesse en mouvement à l’arrière de son camion-poubelle dans les rues de Montréal, permet le déploiement d’une topographie ingénieuse – on passe d’une ambiance urbaine à une autre, plans-séquences à l’appui – et une narration aux effets bien sentis, travellings et plongées exaltés qui contrebalancent l’immobile lucidité requise par moments. Autant de qualités formelles et thématiques qui propulsent le film au-delà du drame social cultivant la proximité dérangeante : avec Décharge, Benoît Pilon délivre sa vision de la condition humaine, une poétique de l’ordure existentielle.



Stéphane Ledien

> Film sorti au Québec le 21 octobre 2011



"Black Swan" de Darren Aronofsky : L’empire des sens

Black Swan commence par un rêve. Un rêve qui n’aura de cesse d’obséder son héroïne, la danseuse Nina (sublime Natalie Portman), qui depuis quelques saisons travaille dans l’ombre des étoiles du New-York City Ballet que dirige un chorégraphe français (Thomas, épatant Vincent Cassel). Ce dernier monte un nouveau projet, et se débarrasse de son égérie vieillissante, Beth (Winona Ryder). Nina se voit alors propulser sur le devant de la scène, après avoir obtenue le rôle-titre du Lac des cygnes, celui-là même dont elle avait fait le rêve, un rêve terrifiant, presque un cauchemar. Dès le départ, ce rôle est trop grand pour elle. Il le serait pour n’importe qui.

Black Swan est un fantasme de cinéma, un fantasme au cinéma. Tout le film suit la lente descente aux enfers de Nina, qui au fur et à mesure qu’elle rentre dans son « personnage » à double tranchant (le white et le black swan, la virginité contre le vice), perd le sens des réalités, incapable de faire la part des choses entre ce qu’il lui arrive et ce qu’elle s’imagine (notamment, que sa rivale Lilly lui prend sa place). Comme dans Les Chaussons rouges de Michael Powell et Emeric Pressburger (référence absolue du « genre », dont les nombreux liens avec le film d’Aronofsky seront largement commentés dans notre prochain numéro), le destin du personnage va alors se greffer sur celui de la danseuse. Et la trame du Lac des cygnes, qui prend ici la forme d’un jouissif délire schizophrène, de devenir pour Aronofsky un magnifique terrain de jeu, propice à l’union des sens et de la caméra, au sein d’une mise en scène éblouissante et épidermique.

« Epidermique ». S’il fallait d’ailleurs donner la définition de ce terme appliqué au septième art, aucun autre film que celui-ci ne pourrait alors servir d’exemple. Aronofsky suit à la trace Nina, dans le moindre de ses déplacements. Pas une scène ne se joue sans elle, pas un plan qui ne la cadre pas n’est suivi d’un contre-champ où elle n’apparaît. Caméra à l’épaule, au plus près de son corps lorsqu’elle s’étire ou fait craquer ses os, ou de son visage quand elle respire, pleure ou grimace lors des répétitions, Aronofsky observe Nina dans sa cage, prisonnière de son destin et de son rôle. Mais le cinéaste va encore plus loin. Nina devient un cygne sous nos yeux. Des ailes lui poussent dans le dos, son attitude est parfois animale (lorsqu’elle mort Thomas pour le convaincre de lui donner le rôle). Au plus fort de sa métamorphose, quand elle s’abandonne, que ce soit sur scène lors de la première représentation, et qu’elle devient littéralement le black swan au terme d’une des chorégraphies phares du ballet ; ou quand elle couche avec Lilly (on y reviendra), sa peau, si pure, prend alors les apparences de celle d’une volaille déplumée. Le spectateur peut presque la toucher, comme il toucherait de près, mais seulement des yeux, un animal au zoo ou au cirque, qui d’un coup fascinerait par son étrange comportement. Il y aurait aussi des liens intéressants à tisser entre la Vénus noire de Kechiche et le cygne noir d’Aronofsky, tous deux animés par la prétention d’animaliser un être humain pour critiquer une société du spectacle mue par la concurrence, le profit, et la quête de la perfection artistique.

Ce travail sur la peau n’est pas sans rappeler également les souffrances qu’endure Randy dans The Wrestler, précédent film d’Aronofsky, traversé lui aussi par la thématique d’un corps sacrifié et magnifié à la fois, à grand renfort d’agrafes et de fils barbelés sur les rings de catch. Avec la même échappatoire pour les deux personnages, qui auront finalement trop vécu dans l’excès, enrôlés de force dans une carrière que personne ne peut arrêter, ni protéger. C’est ainsi qu’a posteriori, la mère de Nina, dans Black Swan, devient le personnage le plus touchant du film, le plus humain aussi (quand ailleurs, on la compare à tort à la mère castratrice de Carrie dans le film de De Palma). Ancienne danseuse n’ayant jamais réussi à percer au New-York City Ballet, elle accueille avec bonheur le premier rôle que vient d’obtenir sa fille avant de vite se raviser en constatant les dégâts que cela entraîne chez elle. Qu’Aronofsky ne l’oublie pas lors du finale, en signalant sa présence dans la salle lors de la Première, le temps d’un bref insert qui nous la dévoile les larmes aux yeux, au moment où Nina s’apprête à effectuer son dernier pas de danse, son saut « mortel », témoigne de sa grande faculté à faire naître une belle et noble émotion au cœur du sommet paroxystique du métrage, quand tout ce qui entoure cet aparté n’est que bruit et fureur, et colle au fond de son siège le spectateur terrifié et fasciné par un tel spectacle.

Car si les sens de Nina sont en alerte tout au long du film, et que le spectateur en vient très vite à les ressentir lui aussi par procuration, il n’est pas simple d’y ajouter une émotion aussi pure que celle d’une mère qui voit sous ses yeux sa fille toucher au sublime, et littéralement se « sacrifier ». Cette émotion-là est extérieure au pacte qui lie Nina et le public du film (puisque l’on retrouve alors une position de spectateur après avoir partagé les épreuves subie par l’héroïne), mais elle fonctionne à merveille. C’est là toute la force du cinéma d’Aronofsky, qui avec Black Swan, rend une fois de plus une copie absolument irréprochable d’un bout à l’autre, jouant parfaitement du clivage existant habituellement entre un cinéma réaliste et la numérisation d’effets fantastiques. Ici, une émotion, comme une giclée de démence (cette peau qui se métamorphose sous nos yeux, ou ce plumage qui recouvre petit à petit la danseuse sur scène), peut naître à n’importe quel moment, telle une apparition miraculeuse et religieuse, renforçant ainsi et le poids du personnage, et son ancrage encore plus profond dans une mythologie contemporaine. Nina, devenue sur scène le black swan aux yeux d’un public qui l’applaudira avant même la fin du spectacle, est en transe, comme possédée. Il fallait être là pour témoigner de ce miracle, qui comme tout miracle, ne peut avoir lieu qu’une seule fois.

Black Swan est aussi affaire de symboles, et dans son dérèglement psychologique, Nina en arrive à fantasmer son double, ce cygne noir que personne ne voit en elle, mais qu’elle finira donc pas incarner. Thomas lui fait bien comprendre qu’elle est parfaite pour interpréter le cygne blanc, mais qu’il lui reste encore du travail pour approcher son double. Symbole de virginité et de naïveté, couvée par sa mère, Nina est l’exact contraire de Lilly (Mila Kunis), jeune et jolie danseuse venue de San Francisco, et qui sait dépasser, elle, la perfection technique du geste pour proposer un supplément d’âme et de caractère à un personnage. Tout ce qui manque à Nina pour passer du white au black swan. Ainsi dans son délire paranoïaque, Nina rejette sur Lilly toutes ses craintes de se faire voler la vedette, refusant au passage l’adage communément admis que chaque Homme n’a pas de meilleur adversaire que lui-même. Et l’utilisation des miroirs de revêtir une importance capitale dans la mise en scène d’Aronofsky, dans le but de brouiller un peu plus la frontière entre réalité et fantasmes, à la fois pour Nina, et pour le spectateur.

Ainsi Nina ne veut pas seulement devenir le black swan, elle souhaite aussi se rapprocher le plus près possible de celle qui pourrait mieux qu’elle l’incarner, en l’occurrence Lilly. Cette dernière, très vite présentée comme une jeune femme gaie, terriblement sexuée, et qui a des ailes tatouées dans le dos, représente ce vers quoi doit tendre Nina sur scène, pour séduire son public. Et c’est là que le sexe rentre en ligne de mire, de façon assez surprenante tout d’abord, lorsque Thomas demande à Nina de rentrer chez elle pour se masturber, posant là la première pierre d’un édifice personnel sensé lui redonner confiance tout en lui montrant que son corps doit aussi, parfois, savoir lâcher prise pour donner le meilleur de lui-même. Au plus fort de son incarnation du cygne noir, Nina aura définitivement tiré un trait sur son passé lorsqu’elle ira, entre deux tableaux, embrasser avec ferveur Thomas sur le côté de la scène, sous le regard médusé du reste de la troupe. La jouissance sexuelle, Nina ne l’atteindra pourtant qu’à une seule reprise, au retour d’une soirée avec Lilly, quand les deux jeunes femmes feront l’amour. C’est là que pendant l’orgasme, le corps de Nina l’abandonnera pour la première fois, faisant apparaître sur sa peau une « chair de poule », une chair de cygne.

C’est donc dans la jouissance sexuelle (au lit) et physique (sur scène) que Nina finit par s’épanouir. Et ce sentiment contamine aussi le spectateur, qui ne rate rien de la montée en puissance du personnage grâce à la maîtrise exceptionnelle dont fait preuve Aronofsky dans sa mise en scène. Ce dernier peut aussi compter sur la partition remarquable de Clint Mansell, qui revisite avec brio l’œuvre de Tchaïkovski, mais surtout sur Natalie Portman, dont la composition, véritable performance physique, ne peut laisser insensible. Elle résume à elle-seule l’engagement jusqu’au-boutiste du cinéaste, qui n’hésite pas une seule seconde à charger son film en références, symboles et effets horrifiques. Black Swan lessive le spectateur mais ne l’abandonne jamais, comme Nina ira jusqu’au bout d’elle même jusqu’à tout rompre. Bien plus encore qu’avec ses précédents films, Aronofsky assène une nouvelle et passionnante expérience sensorielle à son public. On en ressort groggy, comme après avoir fait l’amour. Que le cinéma nous procure de telles sensations extatiques est assez rare pour être signalé. On peut alors parler de cinéma total, de chef-d’œuvre.

Julien Hairault

> Film sorti en salles en France le 9 février

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Des hauts et des bas pour l’année-ciné 2009

Des hauts et des bas

Alors que le versusien en chef déplorera pour la deuxième année consécutive une mutinerie au sein de ses troupes (après Redacted l’an passé, c’est cette fois Jusqu’en enfer qui se retrouve loin du podium, et ce, malgré le fayotage de Fabien Le Duigou), Hendy Bicaise rappelle lui que deux des grands vainqueurs de l’année, Clint Eastwood et Quentin Tarantino, "ont survolé l’année de cinéma avec une aisance dingue, et [qu']ils savent juste exactement ce que les spectateurs (français, surtout), aiment !" Si le premier est depuis longtemps déifié au sein de la rédaction, le second est en passe de l’être, suivi de près par les "jeunes" David Fincher et Darren Aronofsky, qui font plus que jamais l’unanimité autour d’eux. Anciennement mariés, Kathryn Bigelow et James Cameron (étonnant d’ailleurs de voir les mensuels cinéma balancer leur bilan de fin d’année sans même d’avoir vu ce film-monstre qu’est Avatar !?) sont présents également, dans un ménage à trois avec Danny Boyle, couvant une nouvelle génération de cinéastes qu’il nous faudra surveiller de très près à l’avenir, avec entre autres Tomas Alfredson, Neill Blomkamp et Tom Tykwer (L’Enquête échouant de justesse aux portes de ce classement, de nouveau au grand désespoir du rédac’ chef !).

Côté flops : des séries en roue libre plus fades les unes que les autres : Vendredi 13, Transformers, Twilight, The Descent, Ong-Bak ; et des tâcherons ou pseudo-auteurs-racoleurs que plus rien n’arrête : David Morley, Jaime Rosales, Ulrich Seidl, le duo Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thévenin, Jean-Paul Lilienfeld, Chris Nahon, Stephen Sommers, Alex Proyas, Hannelore Cayre, Ruben Östlund, Charles Nemes, Jean-Pierre Jeunet, Tony Ja ; quand à l’avenir vous lirez ces noms sur une affiche, vous aurez le droit d’y réfléchir à deux fois avant de donner votre argent à "ces artisans de la merde sur grand écran" (dixit Stéphane Ledien). Enfin mention spéciale à Steven Soderbergh, roi des montagnes russes, capable du plus anecdotique et futile avec Girlfriend Experience, du biopic à rallonge avec Che, et d’une comédie intelligente (The Informant!), le tout dans la même année !

TOP 10 DE LA RÉDACTION

1. Gran Torino
2. Inglourious Basterds
3. The Wrestler
4. L’Étrange histoire de Benjamin Button
5. Avatar
6. Morse
7. Jusqu’en enfer
8. Démineurs
9. District 9
10. Slumdog Millionaire

FLOP 10 DE LA RÉDACTION

1. Mutants [David Morley]
2. Un Tir dans la tête [Jaime Rosales]
3. Import Export [Ulrich Seidl]
4. Vendredi 13 [Marcus Nispel]
5. Transformers 2 : La Revanche [Michael Bay]
6. Humains [Jacques-Olivier Molon & Pierre-Jérôme Thévenin]
7. Terminator Renaissance [McG]
8. Watchmen [Zack Snyder]
9. La Journée de la jupe [Jean-Paul Lilienfeld]
10. Twilight – Chapitre 1 : Fascination [Catherine Hardwicke] & Twilight – Chapitre 2 : Tentation [Chris Weitz]

Classement recueilli et calculs établis et présentés par Julien Hairault



Meilleur film de l’année 2009 pour la Rédaction : Gran Torino de Clint Eastwood


> Lire aussi VERSUS n° 5 (totale Tarantino) et VERSUS n° 7 (totale Eastwood)



Tops & Flops des rédacteurs

Hendy Bicaise

TOP 10
1. The Wrestler
2. Synecdoche, New York
3. Tokyo Sonata
4. L’Étrange histoire de Benjamin Button
5. 24 City
6. Kinatay
7. The Box
8. Accident
9. Avatar
10. Les Beaux Gosses

Et ce fut plus dur que jamais de n’en mettre que 10… donc je n’hésite pas à offrir mes nombreuses mentions spéciales aux chers suivants :
La Route, Tetro, Little New York, Le Ruban Blanc, Tellement proches, This is it, Watchmen, Coraline, Là-Haut, Fish Tank, Vengeance, Morse, Les Derniers jours du monde, Les Trois Royaumes, Funny People, La Dernière maison sur la gauche

FLOP 10
1. Vendredi 13 [Marcus Nispel]
2. De l’autre côté du lit [Pascale Pouzadoux]
3. Smart People [Noam Murro]
4. Hannah Montana, le film [Peter Chelsom]
5. Safari [Olivier Baroux]
6. Le Missionnaire[Roger Delattre]
7. Thirst [Park Chan-wook]
8. Coco [Gad Elmaleh]
9. Les Herbes folles [Alain Resnais]
10. La journée de la jupe [Jean-Paul Lilienfeld]

Mention spéciale grand foutage de gueule même si pas vu en entier… :
Un Tir dans la tête de Jaime Rosales


Julien Hairault

TOP 10
1. Morse
2. Inglourious Basterds
3. The Wrestler
4. Avatar
5. Gran Torino
6. Vincere
7. Still Walking
8. Harvey Milk
9. District 9
10. Jusqu’en enfer

FLOP 5
Le podium pour trois films français bien honteux :
1. La Journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld
2. Commis d’office de Hannelore Cayre
3. Micmacs à tire-larigot de Jean-Pierre Jeunet
Et les deux caprices cannois que furent les blagues…
4. …Antichrist de Lars Von Trier
5. …et Vengeance de Johnnie To


Stéphane Ledien

TOP 10
1. Jusqu’en enfer
2. L’Enquête
3. Gran Torino
4. Démineurs
5. Inglourious Basterds
6. Une Affaire d’État
7. District 9
8. Morse
9. La Dernière Maison sur la gauche [Dennis Iliadis]
10. ex-æquo : Jerichow [Christian Petzold] & Les Beaux Gosses

Mentions spéciales :
Violent Days de Lucile Chaufour
Winnipeg mon amour de Guy Maddin

Film inédit qui ne sortira jamais mais qui mériterait de :
War, Inc. de Joshua Seftel [en couverture de VERSUS n° 17 !]

FLOP 10
1. Import Export [Ulrich Seidl]
2. Un Tir dans la tête [Jaime Rosales]
3. Girlfriend Experience [Steven "je suis un auteur, non ? non ?" Soderbergh]
4. Terminator Renaissance [McG]
5. Transformers 2 : La Revanche [Michael Bay]
6. Dragonball Evolution [James Wong]
7. Los Bastardos [Amat Escalante]
8. Lino [Jean-Louis Milesi]
9. Vendredi 13 [Marcus Nispel]
10. Mutants [David Morley]

Mention spéciale grand foutage de gueule :
Un Tir dans la tête de Jaime Rosales (doublé gagnant !)


Fabien Le Duigou

TOP 10
1. Jusqu’en enfer
2. L’Étrange histoire de Benjamin Button
3. Gran Torino
4. Morse
5. Slumdog Millionaire
6. La Route
7. Inglourious Basterds
8. L’Enquête
9. Une Affaire d’État
10. Un Prophète

Mentions spéciales à…
Coraline, aussi beau que le livre dont il est adapté.
Hunger que je n’avais pas vu en 2008.
Et Bronson qui m’a étonné.
Je n’ai vu ni Avatar, ni Démineurs, ni The Box. Peut-être certaines de mes mentions spéciales de 2010, quand je les aurai visionnés !

FLOP 10
1. Un Tir dans la tête [Jaime Rosales]
2. Import Export [Ulrich Seidl]
3. Happy Sweden[Ruben Östlund]
4. Le Séminaire [Charles Nemes]
5. Ong-Bak 2, la naissance du dragon [Tony Jaa]
6. Vacances à la grecque [Donald Petrie]
7. Twilight – Chapitre 1 : Fascination [Catherine Hardwicke]
8. Harry Potter et le Prince de sang mêlé [David Yates]
9. 12 Rounds [Renny Harlin]
10. 2012 [Roland Emmerich]

Mention spéciale "mauvais films dont je ne me souviens même pas (ou presque)" :
Girlfriend Experience & Vendredi 13


Eric Nuevo

TOP 10
1. L’Étrange histoire de Benjamin Button
2. The Wrestler
3. Inglourious Basterds
4. Gran Torino
5. Étreintes brisées
6. Avatar
7. Démineurs
8. Un Prophète
9. Sin Nombre
10. District 9

Mentions spéciales :
Star Trek
Ponyo sur la Falaise
Coraline
Tetro

FLOP 5
1. Humains [Jacques-Olivier Molon & Pierre-Olivier Thévenin]
2. Prédictions [Alex Proyas]
3. Mutants [David Morley]
2. Vendredi 13 [Marcus Nispel]
3. The Descent : Part 2 [Jon Harris]


Julien Taillard

TOP 10
1. Gran Torino
2. Là-Haut
3. Slumdog Millionaire
4. The Chaser [Hong-jin Na]
5. Star Trek
1. District 9
2. Welcome
3. Avatar
4. Inglourious Basterds
5. 2012

FLOP 10
1. Transformers 2 : La Revanche [Michael Bay]
2. G.I. Joe – Le Réveil du Cobra [Stephen "je ne fais plus que de la merde et j'aime ça !" Sommers]
3. Watchmen [Zack Snyder]
4. Terminator Renaissance [McG]
5. Mutants [David Morley]
6. Humains [Molon & Thévenin]
7. Les Cavaliers de l’Apocalypse [Jonas Akerlund]
8. Vendredi 13 [Marcus Nispel]
9. Saw VI [Kevin Greutert]
10. Prédictions [Alex Proyas]


Nicolas Zugasti

TOP 10
1. Inglourious Basterds
2. Démineurs
3. Avatar
4. Gran Torino
5. Les Trois Royaumes
6. District 9
7. Ponyo sur la Falaise
8. Ex-æquo : Là-Haut & La Tour Au-Delà des Nuages [Makoto Shinkai, inédit DVD]
9. Morse
10. Ex-æquo : Un Prophète & Une Affaire d’État

J’aurais aimé pouvoir les inclure : Public Enemies de Michael Mann, Vengeance de Johnnie To, Bronson de Nicolas Winding Refn, United Red Army de Kôji Wakamatsu, Jusqu’en enfer de Sam Raimi, Funny People de Judd Apatow, The Box de Richard Kelly, Max et les Maximonstres de Spike Jonze

FLOP 10
1. Humains [Molon & Thévenin]
2. Transformers 2 : La Revanche [Michael Bay]
3. Le Petit Nicolas [Laurent Tirard]
4. Watchmen [Zack Snyder]
5. X-Men Origins : Wolverine [Gavin Hood]
6. Twilight – Chapitre 1 : Fascination [Catherine Hardwicke]
7. The Descent : Part 2 [Jon Harris]
8. Mutants [David Morley]
9. Blood : The Last Vampire [Chris Nahon]
10. Twilight – Chapitre 2 : Tentation [Chris Weitz]



Tops & Flops des contributeurs (à suivre)

Laurent Dauré

TOP 5
1. Boy A
2. Let’s Make Money
3. Silver City
4. Mary et Max
5. Choron, dernière


Philippe Sartorelli

TOP 10
1. Avatar
2. L’Étrange Histoire de Benjamin Button
3. Public Enemies
4. Là-Haut
5. Star Trek
6. Jusqu’en enfer
7. Gran Torino
8. Démineurs
9. The Box
10. Watchmen

FLOP 10
1. Coco [Gad Elmaleh]
2. King Guillaume [Pierre-François Martin-Laval - il faudrait que les comiques français cessent de faire du cinéma une bonne fois pour toutes]
3. Dragonball Evolution [James Wong]
4. Paranormal Activity [Oren Peli]
5. G.I. Joe – Le Réveil du Cobra [Stephen Sommers]
6. Fast & Furious 4 [Justin Lin]
7. Fame – Le Film [version 2009 - Kevin Tancharoen]
8. Saw VI [Kevin Greutert]
9. [REC] 2 [Paco Plaza & Jaume Balagueró]
10. X-Men Origins : Wolverine [Gavin Hood ; très attendu et grosse déception à l'arrivée]




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