Classé dans : DES FILMS & DÉBATS, Festival de Cannes 2011 | Tags: Alice Cooper, ARP Sélection, bande annonce, bisons, Cannes, chasseur de nazis, Cheyenne, cinéma, Compétition Officielle, David Byrne, David Lynch, dépression, Etats-Unis, expérimentation, hard-rock, Harry Dean Stanton, Heinz Lieven, humour, interprétation, Into the Wild, Irlande, italien, Joyce Von Patten, Lemeunier, oies, Paolo Sorrentino, revue, Robert Smith, rock-star, sélection officielle, Sean Penn, star system, Talking Heads, Versus

S’il vous plaît, ne vous arrêtez pas uniquement sur le look de Sean Penn dans This Must Be the Place de Paolo Sorrentino. Et pourtant, voilà une belle performance : la coiffure à la Alice Cooper ou Robert Smith, le visage fardé avec fond de teint et rouge à lèvres, les ongles (mains et pieds) peints, la démarche mesurée, la petite valise à roulettes, la voix au ralenti, tout ne pourrait sentir que le surjeu et la course aux Oscars. Pourtant, du fond de ce personnage calibré et typé (“la rock ‘n’ roll star”), Sean Penn fait un numéro d’acteur éblouissant. Rien à voir avec sa coiffure, sa démarche, sa voix, tout cela est requis par Cheyenne, ce drôle de bonhomme qui a quitté le star system il y a vingt ans et s’est retiré en Irlande. Non, ne regardez que ses yeux, les yeux bleus de Sean Penn : ce sont ceux d’un enfant perdu dans un corps adulte, d’un pauvre gamin qui se cherche encore, à plus de cinquante ans, et ne s’est pas trouvé.
Sorrentino a scindé son film en deux : la première partie irlandaise, amusante et désespérée, dans laquelle Cheyenne traîne son ennui. Puis la seconde, américaine, qui prend les allures d’un road movie initiatique, nourrie de rencontres comme l’était Into the Wild du même Sean Penn.
Pourquoi This Must Be the Place mérite-t-il un large détour ? Sans doute moins pour son scénario (somme toute du déjà vu) que pour son interprétation (et pas seulement Sean Penn), ses façons de s’attarder sur un détail, une rencontre, du superflu. On disait de Hawks qu’il plaçait toujours sa caméra à hauteur d’homme. Dans ce film, Sorrentino mérite le même compliment.

Comment remplir les vides avec du plein ? Je crois que le cinéaste italien ne se pose même pas la question. Il suit tout simplement ses envies. Ainsi le formidable moment où Cheyenne suit à New York un concert de David Byrne, l’ex-leader des Talking Heads auxquels le film emprunte le titre d’une des chansons, puis discute un moment avec lui. Ou l’histoire de l’invention de la valise à roulettes par le génial Harry Dean Stanton.
On peut reprocher à Sorrentino de vouloir faire trop d’esthétisme, un peu à la David Lynch. De placer dans ses plans des éléments incongrus, telle l’oie dans la maison de Joyce Van Patten ou le bison qui apparaît dans le cadre d’une fenêtre. Ce qui pourrait passer pour du maniérisme, ainsi que quelques maladresses (mineures), font tout le sel de This Must Be the Place.
Curieusement, le film déborde de gentillesse : la rock star n’est pas teigneuse ni le mec tatoué rencontré dans un bar ni celui qui propose à Sean Penn une cigarette ni celui qui le conseille sur l’achat d’une arme, etc. Comment décrire un monde méchant quand on sait que Penn est parti à la recherche du Mal suprême, un nazi ? L’interprétation de ce dernier par Heinz Lieven est étonnante, engendrant tout à la fois dégoût et pitié.
Projeté à Cannes lors du dernier festival, This Must Be the Place n’a pas été spécialement remarqué et c’est dommage. Ce mélange d’humour et de dépression va peut-être, c’est à espérer, trouver son public dans les salles. Là où doit être sa place !
Jean-Charles Lemeunier
Film sorti en salles en France le 24 août 2011
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Classé dans : DES FILMS & DÉBATS | Tags: bande annonce, carrière, Ces amours-là, cinéma, cinéma français, Claude Lelouch, critique, D'un film à l'autre, documentaire, extraits, François Truffaut, Jean-Louis Trintignant, Jean-Luc Godard, La Belle histoire, Le Propre de l'homme, Les Uns et les autres, Quand le rideau se lève, Un homme et une femme

Dans ses réussites comme dans ses ratages, dans ses subtilités comme dans ses excès, Claude Lelouch n’a jamais cessé de crier à la face du public, des producteurs et des « professionnels de la profession », son amour indiscutable du cinéma. Le vrai. Pas celui où l’on se contente de filmer une chambre de bonne en plan fixe, avec des comédiens silencieux, pour montrer l’apathie de la société humaine – comme le fait un certain cinéma français d’aujourd’hui, celui-là même que Lelouch ne doit pas beaucoup aimer – mais un cinéma qui brille par sa folie, sa démesure et son extravagance. Bref, un cinéma qui entretient avec ses racines magiques originelles un lien plus que solide, et qui transforme derechef Lelouch en pendant moderne des premiers utilisateurs du cinématographe, ceux qui ne cessaient de s’interroger sur les possibilités de la caméra, quand les réalisateurs actuels, fainéants comme par deux, à quelques exceptions près, rejettent avec arrogance le moindre petit mouvement d’appareil qui sortirait du politiquement correct. Ce qui fait de Lelouch une sorte d’extraterrestre de la scène cinématographique hexagonale, un Hollywoodien de souche né au mauvais endroit, attiré, comme les metteurs en scène américains de la grande époque, par l’esthétique de l’illusion et l’aptitude extraordinaire de la technique d’enregistrement, un contemporain de la Nouvelle Vague jamais accepté par elle – et pour cause. Je ne dis pas cela pour opposer deux types de cinéma, au contraire : dans l’histoire du film français, il n’y a pas Lelouch contre Godard ou Truffaut, il y a Lelouch et Godard et Truffaut, chacun représentant les pôles équidistants d’un même noyau bouillonnant. Chacun atteignant, à sa manière, un absolu du cinéma.

Lucide, Lelouch sait qu’il a toujours été un mal aimé de la critique et de l’institution cinématographique en général (les César l’ont jusqu’à maintenant boudé). Ceux-là n’encouragent certes pas l’ambition et la démesure, qui éloignent franchement la pellicule d’une certaine exception française entrée dans les mœurs avec la Nouvelle Vague. Pour comprendre pourquoi le cinéaste est resté un incompris de la profession, il suffit de jeter un œil à son film La Belle histoire, réunissant, au début des années 90, Béatrice Dalle et Gérard Lanvin : une histoire d’amour, mièvre ou sublime, au choix, qui s’affranchit des limites de la temporalité pour partir en quête des deux mêmes personnages vivant la même romane au temps du Christ… Utopiste et naïf – bref, pile poil dans le style le Lelouch – le film traite aussi bien de l’amour absolu et du mysticisme que de la foi du cinéaste en la réincarnation ! Il faut croire que c’en est trop pour la critique. Étoile filante pour les gens du métier, Lelouch n’en reste pas moins un soleil flamboyant pour une grande partie du public, qui lui a très souvent rendu, par sa présence, son plaisir de la mise en scène et de la grandeur scopique.
Dans son documentaire D’un film à l’autre, qu’il accompagne de sa belle voix, Lelouch retrace avec gourmandise et clairvoyance les grands jalons de sa carrière, depuis le tournage de son reportage en caméra cachée dans l’U.R.S.S.des années 50 (il fut l’un des seuls à filmer la vie quotidienne dans l’Empire soviétique), Quand le rideau se lève, jusqu’à son dernier long-métrage, Ces amours-là, sorti en 2010, en passant par son premier film de fiction, Le Propre de l’homme, les cimes de ses succès et la profondeur de ses échecs cuisants, la France et les Etats-Unis, les hommes et les femmes qui on traversé sa vie. Bref, ce film sur les films est une mise à nu, une exploration intime de l’univers du cinéaste, un aperçu de sa vie à travers une observation de son cinéma. Réalisé à l’occasion des cinquante ans de sa société de production Les Films 13 (lancée après son retour d’U.R.S.S.) le documentaire replonge effectivement dans cinquante années de projets fous, de joies et de phases dépressives.

Comment mieux résumer cette carrière foisonnante – plus de quarante longs-métrages – que par la célèbre séquence de course dans les rues de Paris, réalisée et filmée par Lelouch lui-même au milieu des années 70 ? Le principe en est simple : à l’aide d’une caméra fixée à l’intérieur de sa Ferrari, Lelouch fait le pari de traverser la capitale à toute berzingue, faisant fi des feux et des stops, zigzagant entre les véhicules matinaux et les passants audacieux, risquant en fait sa vie à chaque carrefour, chaque virage. La voix off du cinéaste commente : « J’ai fait beaucoup de sorties de route dans ma carrière, grillé beaucoup de feux rouges, souvent frôlé l’accident… Je n’ai pas toujours respecté le code de la route et on me l’a reproché. » Faire du cinéma, pour lui, en revient autrement dit à foncer toutes voiles dehors sans s’occuper des risques, infractions, reproches. C’est appuyer sur l’accélérateur dans les pires endroits, braver les plus gros interdits, à l’encontre de toute logique. Affranchi de toute règle, indépendant et rebelle, Lelouch s’installe de facto comme le franc-tireur d’un système trop formaté et restreint. Il voudrait que le cinématographe tout entier soit pour lui, et lui seul, à l’instar de la route ; il réclame que l’on applaudisse les hasards et les périls plutôt que de fêter les certitudes et la prudence.

A partir de cette séquence, qui ouvre le documentaire, D’un film à l’autre se déploie sous la forme éclatée et erratique, mais fascinante et bourrée d’images, d’une immense bande-annonce en forme de parcours filmique. Le curieux, le fan et le contempteur pourront, ensemble, aller assister à ce kaléidoscope de formes et de couleurs qui voit passer les comédiens parmi les plus importants de notre production nationale – de Jean-Louis Trintignant à Jean-Paul Belmondo, en passant par Anouk Aimée et Annie Girardot – et les registres les plus divers – entre le « film de potes » des débuts et le musical choral Les Uns et les autres. Chacun pourra y retrouver les images, les musiques, les séquences et les personnages qu’il a autrefois aimés (ou détestés), ou peut-être, pour les plus jeunes, les découvrir et éprouver le besoin de les rencontrer sur l’écran. Autant d’éléments qui constituent la « petite musique » cinématographique de Claude Lelouch, une musique qui certes n’atteint pas aux graves ni aux aigus, mais qui laisse, dans la tête, comme un air insidieux qui se répète et se sifflote à la façon d’une comptine enfantine.
Eric Nuevo
Sorti en salles le 13 avril 2011
Classé dans : ÉVÉNEMENTS | Tags: affiche, amateur, Atakpame Togo, bande annonce, bref, café-ciné, carte blanche, ciné-méninges, court-métrage, Festival, francophone, international, jury, Lyon, nuit courte, ouverture, pellicule, programmation, projections, réalisation, Rhône-Alpes, sélection, thématiques, tournage, Vaulx-en-Velin

Hop ! On fait court mais c’est fait pour : à Vaulx-en-Velin (69, Rhône – France), du 15 au 22 janvier prochain, aura lieu la 11ème édition du festival du film court francophone. Trois lieux de projection, des thématiques foisonnantes, des longues rencontres, une nuit courte, une compétition serrée : bref, voilà un grand moment à ne pas manquer. La preuve, nous y serons. Rendez-vous est pris, vous n’avez plus d’excuses pour ne pas y assister !
> Site du festival :
http://www.vaulxfilmcourt.com/
Classé dans : ÉVÉNEMENTS | Tags: Art Institute of California San Francisco, bande annonce, Biohazard, Books Fantasy and Science Fiction, Capcom, courts-métrages amateurs, extrait, fanfics, fantastique, franchise, George Romero, horreur, Jerome Chagnon, jeux vidéo, John Carpenter, Paul W. S. Anderson, Playstation, PSX, REFans, Resident Evil, Resident Evil Fan Films, saga, Série B, série culte, Shinji Mikami, survival horror, tournage, trailer

Grand amateur – pour ne pas dire spécialiste – de la saga Resident Evil, tous supports vidéoludiques et produits dérivés (sauf cinématographiques) confondus, le passionné / webmaster / graphiste / vidéaste Jerome Chagnon a lancé il y a peu le site Resident Evil Fan Films : un espace destiné entre autres à la promotion de son futur court-métrage basé sur «Resident Evil» et plus particulièrement sur le personnage d’Ada Wong (apparue pour la première fois dans le jeu «Resident Evil 2» aux côtés de Leon S. Kennedy, avant de devenir protagoniste majeure de «Resident Evil 4»).
Intitulée Patient Zero, cette fiction d’une dizaine de minutes intégrera aussi le personnage d’Albert Wesker. Le tournage débutera ce mois de juillet sous le soleil de San Francisco, où mister Chagnon officie désormais.

Pour se faire la main, l’ami Jerome a auparavant fait tourner les mêmes acteurs (Philippe Debatty dans le rôle de Leon S. Kennedy et Jean Bai dans celui d’Ada Wong) et la même équipe technique sur une bande-annonce consacrée à «Resident Evil 1.5» – première ébauche de suite à «Resident Evil» que Capcom développa en partie sur les consoles Playstation et Saturn, et qui fut abandonnée au profit du second volet que tous les joueurs connaissent depuis 1998.
Ce trailer exclusif, librement inspiré de cette «démo» (restée non-jouable) culte, sera révélé, grande messe horrifique oblige, le 31 octobre prochain, soit pour Halloween.
En attendant de le découvrir sur la toile, deux teasers sont disponibles, qui donnent une idée de l’efficacité déployée dans la production du projet. D’ici là, survivez !
> Pour en savoir plus : Site Internet Resident Evil Fan Films
Teaser n° 1 du trailer Resident Evil 1.5
Teaser n° 2 du trailer Resident Evil 1.5
Classé dans : ÉVÉNEMENTS | Tags: 7e Art, Ardèche, Aubenas, Audiard, événement ardéchois, bande annonce, Bertrand Tavernier, carrefour cinématographique, cinéma européen, cinéphilie, Festival, films d'auteurs, films français, Ingmar Bergman, John Boorman, Maison de l'Image, passion, Un Prophète

Oyez, oyez. La Maison de l’Image, à Aubenas en Ardèche (voilà pour le rappel géographique) organise depuis 1999 les Rencontres des Cinémas d’Europe. Durant une semaine en novembre, une cinquantaine de films sont programmés dans les 6 salles des cinémas Navire et Palace d’Aubenas. Cette manifestation (sans compétition) a pour vocation de porter un éclairage particulier sur les films réalisés et produits dans les différents pays du Vieux Continent (qui ne manque pas de talents neufs en revanche), en diffusant une cinématographie peu connue et peu médiatisée.
De nombreuses figures du 7e Art européen ont déjà fréquenté l’événement, de plus en plus prisé (près de 15 000 visiteurs l’an dernier !) : Jacques Audiard, John Boorman… Ils seront encore nombreux pour cette onzième édition, où sera entre autres célébré Ingmar Bergman.

La programmation suit les axes suivants :
- Hommages ;
- Panorama de films européens de l’année ;
- Rétrospective (cette année, donc : Ingmar Bergman) ;
- Films jeune public ;
- Débats quotidiens ;
- Activités en relation avec le travail à l’année de la Maison de l’Image : documentation, librairie, stage de réalisation audio-visuelle, accueil et encadrement de scolaires et d’étudiants.
VERSUS est partenaire de la 11ème édition des Rencontres des Cinémas d’Europe du 15 au 22 novembre prochain.
Rendez-vous très bientôt au cœur de ce carrefour culturel incontournable !



