Classé dans : L'ALTERNATIVE | Tags: 10 ans de films et de séries TV, 7e Art, adaptations, analyses, anniversaire, édition indépendante, éditorial, bandes originales, cadeau, chroniques, cinéma, cinéma coréen, cinéma HK, cinéma japonais, Clive Owen, collector, comic-books, critiques, décade, décennie, De Palma, Don Draper, essais, fanzinat, fête, films de gangsters, gangsters, George W. Bush, Guy Debord, jeux vidéo, John Williams, Johnnie To, Koji Wakamatsu, La Société du spectacle, le Dahlia Noir, le président des États-Unis, Lincoln, livre, Lucky McKee, Mad Men, magazine ciné, médias, Nicolas Winding Refn, parution, Phantom of The Paradise, prequel, presse alternative, prozine, publication, Quentin Dupieux, Quentin Tarantino, rachel weisz, reboot, remake, revue de cinéma à acheter, séries, spécial, Speed Racer, Steven Spielberg, Super-héros, The Host, Tomas Alfredson, Tsui Hark, une revue sur le cinéma, Wachowski

En cette toute fin décembre 2012, Versus a le plaisir de présenter son nouveau numéro : une édition « spéciale 10 ans » particulièrement étoffée et accompagnée d’un livret collector de 172 pages !
Longtemps attendu, ce numéro représente surtout l’occasion de dresser, dans un esprit de célébration et de rétrospective, le bilan d’une décennie de visionnages et d’essais critiques sur le cinéma…
Composée de réflexions sur les meilleurs films et séries télévisées de la décade 2002-2012, cette 22e parution – sans compter les hors-séries – de Versus fait aussi le point sur les révélations de cette époque passée, focus sur les dernières figures émergentes d’Hollywood et d’ailleurs : réalisateurs (Lucky McKee, Quentin Dupieux, Tomas Alfredson…), acteurs (Clive Owen, Rachel Weisz…), scénaristes, compositeurs, producteurs de séries, auteurs d’ouvrages sur le cinéma…
Également au sommaire : un tour d’horizon des polars français produits depuis 2002, un regard aiguisé sur les cinématographies d’Asie (Japon, Hong Kong, Corée du Sud) du nouveau millénaire et un dossier exclusif sur les adaptations, remakes, reboots, « préquelles » et autres « séquelles » en tous genres déployés sur nos écrans, des super-héros de comics aux jeux vidéo, en passant par les grandes sagas (Die Hard, La Planète des singes, Jason Bourne…).
Le numéro est accompagné d’un livret exceptionnel de 152 pages titré 10 ans – 11 textes choisis, collection de chroniques, d’entrevues et d’analyses sur des sujets aussi variés qu’intenses du cinéma d’hier et d’aujourd’hui : Le Dahlia noir de Brian De Palma, la série MASH, les « films de président des Etats-Unis », la Société du spectacle de Guy Debord appliquée aux films d’action, la carrière du prolifique Gordon Douglas, les films de gangsters des années trente et quarante, le directeur de la photographie Michael Ballhaus, le duo Steven Spielberg / John Williams, l’éclatant Drive de Nicolas Winding Refn, un portrait de Koji Wakamatsu, et un retour sur le sous-estimé Speed Racer des Wachowski…
Préparée depuis plus d’un an, la publication de ce numéro anniversaire a été rendue possible grâce à un projet de financement participatif lancé en octobre dernier. Les généreux contributeurs sont remerciés en page 3 du numéro, des anciens de la revue viennent signer quelques articles, et deux lecteurs s’invitent dans les colonnes pour parler de leur « coup de cœur ciné des dix dernières années ».
Parution incontournable pour tout amateur de cinéma et de littérature critique, ce 22e numéro de Versus consacre aussi la résistance – et la survivance – d’un titre de presse culturel indépendant, non subventionné et doté de peu de moyens.
Passionnés de 7e art et d’essais sur le medium cinématographique, vous êtes tous conviés à prendre part à la fête qui se déroule le long de ces 228 pages !
VERSUS 22 / numéro anniversaire 2002-2012
Édition spéciale 76 pages + livret collector de 152 pages
Disponible depuis le 22 décembre
15 € en librairies – 12 € sur le site de la revue : http://www.revueversus.com.
En couvertures : Mad Men & Drive
Classé dans : ÉVÉNEMENTS, L'ALTERNATIVE | Tags: 7e Art, bonus, cadeau, cinéma, concours, dotation, DVD, exemplaire offert, extra, festival de Cannes, gain, gratuité, numéro, offre, partage, prime, récompense, revueversus.com
Attention cadeau ! La rédaction aura le plaisir d’offrir un exemplaire (au format *.pdf) du hors-série de Versus "spécial 65e festival de Cannes" aux 200 premiers qui partageront sur leur page Facebook le lien vers cet incontournable supplément.
Tout ce que vous avez à faire, c’est de copier la phrase de présentation ci-dessus et de la poster avec le lien http://www.revueversus.com sur votre page. Simple, non ?
Pour rappel, le numéro spécial "65e festival Cannes" a paru en juin dernier. Au sommaire de ces 20 pages d’articles de fond et de chroniques sur l’édition 2012 du festival de cinéma le plus médiatisé de la planète :
- réflexions sur le palmarès et le thème de "l’amour avec un grand A" à l’écran,
- retour sur le cinéma de genre étasunien présenté en sélection officielle,
- regards sur le cinéma argentin sélectionné dans différentes sections,
- pour et contre "Cosmopolis" de David Cronenberg,
- 8 chroniques des films les plus appréciés ou attendus du festival,
- parallèle "Cosmopolis" / "Holy Motors",
- leçon de cinéma avec le vétéran Norman Lloyd,
- analyse de l’œuvre de Wakamatsu à l’occasion de la projection de son film consacré à Mishima…
En couverture : Des Hommes sans loi de John Hillcoat.
Valeur du numéro : 2,00 €.
Classé dans : DES FILMS & DÉBATS | Tags: 7e Art, Anna Hutchinson, épouvante, Bradley Whitford, cabane Buckner, Cabin Fever, Canada, chalet hanté, Chris Hemsworth, classique, Cloverfield, Drew Goddard, escapade horrifique, Etats-Unis, Evil Dead, expérimentation, forêt, Fran Kranz, Friday the 13th, gore, grand écran, horreur, Jason Voorhees, Jesse Williams, Joss Whedon, Kristen Connely, La Colline a des yeux, La Dernière Maison sur la gauche, Le Projet Blair Witch, Necronomicon, Nicolas Domenech, Promenons-nous dans les bois, reality show, revueversus.com, Richard Jenkins, survival horror, télé-réalité, The Avengers, The Corridor, Vendredi 13, week-end à la campagne, Within the Woods, [REC]
Une belle brochette d’étudiants partent en week-end à la campagne, direction une cabane isolée avec un lac à proximité… ça ne vous rappelle rien ? Bon nombre de films d’horreur utilisent cette trame de fond (Vendredi 13 notamment). La Cabane dans les bois n’échappe pas à la règle, avec ses cinq étudiants aux caractères bien distincts : l’Érudit (Jesse Williams), l’Athlète (le sculptural Chris Hemsworth, vu dans Thor et Avengers, qui a abandonné ici son scalp abondant et son marteau magique), la Chaudasse (Anna Hutchinson) qui dandine son boule devant l’âtre, le Cinglé (Fran Kranz) qui carbure au bong, la Vierge (Kristen Connolly) qui va sûrement voir le loup. Ils décident de s’aérer l’esprit en prenant un camping-car très années 80 (bien moins stylé que celui de La Colline a des yeux, nouvelle version). Au passage, ils tombent sur le bon vieux pompiste désagréable, vétéran du Viêt-Nam, qui machouille du tabac et qui crache par terre, qui ne manque pas de leur indiquer le chemin (vers la mort ?) de la cabane Buckner, la dernière maison sur la gauche, après le tunnel. Une cabane glauque à souhait avec le miroir sans tain qui va bien, parfait pour mater la fille qui enlève le haut. Après une première soirée arrosée, ils découvrent la cave de la cabane et ses objets d’un autre âge : la vieille boîte à musique, la robe en dentelle et le fameux livre secret (un nouveau Necronomicon ?). La vierge s’empresse de lire à haute voix une incantation en latin qui a le don de réveiller… une famille de zombies (Evil Dead remember) motivée comme jamais à l’idée de croquer de la chair fraîche. Jusque–là, on est dans les clous du film d’horreur. Aux commandes de cet OVNI horrifique, on trouve le scénariste de Cloverfield, Drew Goddard, ici réalisateur, et le réalisateur d’Avengers, Joss Whedon, ici scénariste (Vous suivez toujours ?). Ce duo de choc joue avec les codes du genre. La réalisation de Goddard est un bel hommage à l’âge d’or eighties des films d’horreur (Vendredi 13, Evil Dead…) avec très peu de mouvements de caméra superflu, un côté brut de décoffrage efficace, pas de plan séquence, ni de caméra subjective à des années lumières du Projet Blair Witch et autre [REC].
Finalement derrière cette mise en scène très années 80, on bascule dans les années 2012. Les protagonistes sont les victimes d’une équipe de télé-réalité (menée par les loufoques Bradley Whitford et Richard Jenkins), qui depuis une base souterraine, tire les ficelles du scénario en diffusant des phéromones dans la forêt pour inciter le couple à s’envoyer en l’air, en employant un gaz pour inciter le groupe à se séparer plutôt qu’à rester ensemble pour affronter les zombies. Et si vous ajouter à cela, une bonne overdose de SF (la seconde partie du film bascule dans… l’inattendu) et la présence d’une guest-star de chez guest-star, vous obtenez un cocktail détonnant qui bien qu’imparfait sur plusieurs plans vaut le détour pour son originalité.
« Vous croyez connaître l’histoire. Vous pensez connaître la fin ». Jamais une accroche de film n’aura été aussi juste pour inviter le chaland à venir se prendre une bonne claque cinématographique en pleine poire !
Nicolas Domenech
Film sorti dans les salles françaises le 02 mai 2012
Distribué (en France) par Metropolitan Filmexport
Classé dans : Festival international du film de Berlin 2012 | Tags: 7e Art, amour, Berlin, Berlinale, chronique, cinéma allemand, cinéma franco-suisse, compétition, compte-rendu de festival, critique de films, drame, enfants, famille, Festival, fraternité, frère et sœur, Gillian Anderson, Léa Seydoux, Minuit à Paris, Mission Impossible : Protocole fantôme, montagne, Ours d'or, récompense, sélection officielle, ski
C’est l’histoire d’un frère et de sa sœur. Non, finalement pas. Plutôt d’une mère et de son fils, alors… Quoique. Pas vraiment non plus. On accepte la première hypothèse sans douter. Pourquoi aurait-on dû ? Elle semble si fluide, si évidente et surtout si classique: un accident de voiture emporte les parents et laisse les enfants livrés à eux-mêmes. Quant à la deuxième hypothèse, ce n’en est même pas une. C’est la vérité, une vérité éphémère et rejetée. Le "c’est pas ma sœur, c’est ma mère" est prononcé calmement comme une évidence. Pour la mère et son fils, cette révélation ne semble pas leur appartenir, ni même les concerner. Répétée encore et encore d’une voix toujours aussi sereine, pour le nouveau copain de la mère, cette phrase, c’est pourtant l’aveu de trop.
Les révélations – on pourrait le croire – chassent les mystères, classifient les personnes et séparent le passé du présent. Ici, ce n’est qu’un fait banal, qui n’explique, ni ne soulage. On l’a entendu, on devrait l’accepter. On peine toutefois à l’intégrer dans une histoire qui aurait dû prendre une autre dimension, mais qui reste identique. La jeune fille ne se transforme ni en femme ni a fortiori en mère. Elle reste pour nous la sœur, tandis que des répliques jetées dans les conversations nous rappellent avec une discrétion habile ce qui en est réellement.
Ne me comprenez pas mal : ces rôles indéfinis et brouillés produisent un va et vient qui donne justement tout son intérêt au film. La vérité n’est découverte qu’après une histoire déjà bien entamée et est annoncée par les personnages d’une façon claire et convaincante. Ursula Meier nous prouve pourtant que cela ne suffit pas pour croire.
La vérité, bien que connue et existante, se perd dans les mensonges et les mises en scène. La multiplication des rôles se calque sur le comportement des deux personnages, passant chacun d’enfant à adulte, puis d’adulte à enfant, sans avoir effectué la transition nécessaire. Tout semble décalé, inapproprié et par moments presque malsain. Tandis que l’une vends son corps pour de l’affection et fuit les responsabilités, l’autre achète la tendresse maternelle et défit la confiance.
Dans ce chaos que tout transforme, même le film ne semble crédible qu’à l’intérieur d’une vérité refoulée. Ursula Meier nous fait prodigieusement, non seulement, accepter le mensonge, mais comme les personnages, la réalisatrice-auteure nous laisse nous enfermer volontairement dedans.
Et c’est ça l’exploit de L’Enfant d’en haut : on observe, trop curieux, ce tandem maudit, où aucun n’arrive à faire profiter l’autre de ses expériences ni de ses talents, se gangrener de l’intérieur. Chaque élément contaminé envahit la partie saine d’un ensemble peu à peu tout à fait pourri. Seule solution: l’amputation, ou en langage moins codé, la séparation définitive. D’où, au final, le cri déchirant de celui qui doit rejoindre en premier une solitude non méritée.
[L'enfant d'en haut
Switzerland / France, 2012, 97 min
Réal. : Ursula Meier
Int. : Léa Seydoux, Kacey Mottet Klein, Martin Compston, Gillian Anderson...]
Louise Burkart
Extrait de L’Enfant d’en haut
Classé dans : LE TOP 10 DE L'ANNÉE 2011 | Tags: 7e Art, Aaron Houston, accident, alpinisme, amputation, années 80, Aron Ralston, aventures, âge d'or, écrivain, Ballet, Best of, bolides, box-office, Bradley Cooper, Canada, cascadeur, chef d'oeuvre, chorégraphie, chroniques, cinéma, cinéma coréen, cinéma muet, Danny Boyle, Danse, Darren Aronofsky, début du siècle, Denis Villeneuve, Detective Dee, Drive, drogues, DVD, enfants, escalade, escapade, espionnage, flops, fusillades, hallucinations, Hollywood, identité nationale, imagination, J'ai rencontré le diable, Jean Dujardin, Kim Jee-Woon, l'Artiste, La Classe américaine, Le Lac des cygnes, les années folles, les meilleurs films de l'année 2011, Liban, licorne, Limitless, marionnettes, Martin Scorsese, Michel Hazanavicius, Moyen-Orient, Na Hong-Jin, Neil Burger, Nicolas Winding Refn, nostalgie, Phalanges libanaises, Philippe Falardeau, pirates, poètes, Polar, pouvoirs, prison, Québec, réfugiés politiques, Robert de Niro, roman, Sang-Froid, Sans Limites, scène, secret, show, souvenirs, spectacle, Spielberg, succès, Sunflower Hour, The Artist, The Murderer, thriller, Tintin, Top 10, tops, Tsui Hark, Vancouver, Versus n° 21, voitures, voyage dans le temps, Wajdi Mouawad, Woody Allen

En couverture de notre numéro 21 paru en début d’année, Black Swan, de Darren Aronofsky, remporte largement le titre de meilleur film de l’année 2011 décerné par les rédacteurs et contributeurs de Versus. Une domination sans partage et méritée pour ce très grand film, qui rend enfin justice au grand talent de son réalisateur, troisième de notre classement il y a deux ans avec The Wrestler. Derrière, ça se bouscule pour les places d’honneur. "L’aspect novateur et l’avancée technique" que présuppose Les Aventures de Tintin (dixit Eric Nuevo) suffisent au film de Steven Spielberg pour se retrouver sur le podium, en compagnie, heureux hasard, de l’hommage de J.J. Abrams au cinéma de tonton Steven (Super 8). Suivent la "prétentieuse" (dixit Stéphane Ledien) Palme d’Or (The Tree of Life) et le Prix de la mise en scène (Drive) du dernier Festival de Cannes, ainsi qu’une triplette asiatique (Detective Dee, J’ai rencontré le diable, The Murderer) qui souligne une fois de plus tout l’intérêt que Versus porte au grand Tsui Hark, et aux joyaux du cinéma coréen. Notons enfin la présence, en dixième position, du coup de cœur du rédac’ chef Stéphane Ledien, le très beau Incendies (chroniqué dans notre DVD Park n° 7) du Canadien Denis Villeneuve. Côté absences notables, signalons qu’une fois n’est pas coutume, Clint Eastwood (Au-delà) passe à la trappe, de même que Martin Scorsese dont le pourtant magnifique Hugo Cabret échoue aux portes du Top10 en compagnie de The Artist, premier film français cité par la rédaction.
Julien Hairault

TOP 10 DE LA RÉDACTION
1. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
2. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
3. SUPER 8 de J.J. Abrams
4. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
5. DRIVE de Nicolas Winding Refn
6. DETECTIVE DEE de Tsui Hark
7. J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE de Kim Jee-woon
8. THE MURDERER de NA Hong-jin
9. LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt
10. INCENDIES de Denis Villeneuve
Tops des rédacteurs
Julien Hairault

1. THE MURDERER de NA Hong-Jin
2. BLACK SWAN de Darren Aronofksy
3. LA GROTTE DES RÊVES PERDUS de Werner Herzog
4. HUGO CABRET de Martin Scorsese
5. HABEMUS PAPAM de Nanni Moretti
6. PATER d’Alain Cavalier
7. DETECTIVE DEE de Tsui Hark
8. INCENDIES de Denis Villeneuve
9. RESTLESS de Gus Van Sant
10. L’EXERCICE DE L’ÉTAT de Pierre Schoeller
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Stéphane Ledien

1. INCENDIES de Denis Villeneuve
2. BLACK SWAN de Darren Aronofsky (en fait vu en 2010, car le film est sorti fin 2010 au Québec)
3. MINUIT À PARIS de Woody Allen
4. DRIVE (titre au Québec : SANG-FROID) de Nicolas Winding Refn
5. THE ARTIST (titre au Québec : L’ARTISTE) de Michel Hazanavicius
6. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
7. SUNFLOWER HOUR de Aaron Houston
8. 127 HEURES de Danny Boyle
9. MONSIEUR LAZHAR de Philippe Falardeau
10. LIMITLESS (titre au Québec : Sans Limites) de Neil Burger
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Fabien Le Duigou

1. BLACK SWAN de Darren Aronovsky
2. J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE de Kim Jee-woon
3. TRUE GRIT de Ethan et Joel Coen
4. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
5. X-MEN : LE COMMENCEMENT de Matthew Vaughn
6. LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt
7. DETECTIVE DEE de Tsui Hark
8. THE MURDERER de Hong-jin Na
9. INSIDIOUS de James Wan
10. ARRIETTY, LE PETIT MONDE DES CHAPARDEURS de Hiromasa Yonebayashi
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Eric Nuevo

1. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
2. THE ARTIST de Michel Hazanavicius
3. DRIVE de Nicolas Winding Refn
4. LA PIEL QUE HABITO de Pedro Almodovar
5. SUPER 8 de J.J. Abrams
6. MELANCHOLIA de Lars Von Trier
7. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
8. RESTLESS de Gus Van Sant
9. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
10. LE DISCOURS D’UN ROI de Tom Hooper & INCENDIES de Denis Villeneuve
——————————-
Philippe Sartorelli

1. SUPER 8 de J.J. Abrams
2. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
3. SUCKER PUNCH de Zack Snyder
4. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
5. HUGO CABRET de Martin Scorsese
6. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
7. LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt
8. X-MEN : LE COMMENCEMENT de Matthew Vaughn
9. MISSION : IMPOSSIBLE, PROTOCOLE FANTÔME de Brad Bird
10. INSIDIOUS de James Wan
——————————-
Fabrice Simon

1. THE MURDERER de NA Hong-Jin
2. SUPER 8 de J.J. Abrams
3. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
4. UNE SÉPARATION de Asghar Farhadi
5. J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE de Kim Jee-woon
6. INCENDIES de Denis Villeneuve
7. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
8. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
9. FIGHTER de David O. Russell
10. DRIVE de Nicolas Winding Refn
——————————-
Julien Taillard

1. DETECTIVE DEE de Tsui Hark
2. SOURCE CODE de Duncan Jones
3. BLOOD ISLAND de Jang Cheol-soo
4. J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE de Kim Jee-woon
5. LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt
6. VERY BAD TRIP 2 de de Todd Phillips
7. LE DISCOURS D’UN ROI de Tom Hooper
8. SUPER 8 de J.J. Abrams
9. X-MEN : LE COMMENCEMENT de Matthew Vaughn
10. DESTINATION FINALE 5 de Steven Quale
——————————-
Nicolas Zugasti

1. DETECTIVE DEE de Tsui Hark
2. HAPPY FEET 2 de George Miller
3. LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg
4. CARNAGE de Roman Polanski
5. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
6. TRIANGLE de Christopher Smith (inédit DVD)
7. J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE de Kim Jee-woon
8. BLACK DEATH de Christopher Smith (inédit DVD)
9. RARE EXPORTS de Jalmari Helander
10. THE WARD de John Carpenter (inédit DVD)
——————————-
Tops des contributeurs
Hendy Bicaise

1. COMMENT SAVOIR de James L. Brooks
2. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
3. JE VEUX SEULEMENT QUE VOUS M’AIMIEZ de Rainer Werner Fassbinder
4. DRIVE de Nicolas Winding Refn
5. THE FUTURE de Miranda July
6. 127 HEURES de Danny Boyle
7. LA DERNIERE PISTE de Kelly Reichardt
8. L’APOLLONIDE – souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello
9. LA PIEL QUE HABITO de Pedro Almodovar
10. MISSION : IMPOSSIBLE – PROTOCOLE FANTÔME de Brad Bird
——————————-
Nicolas Domenech

1. BLACK SWAN de Darren Aronofsky
2. DRIVE de Nicolas Winding Refn
3. THE TREE OF LIFE de Terrence Malick
4. LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt
5. POLISSE de Maïwenn
6. SUPER 8 de J.J. Abrams
7. FIGHTER de David O. Russell
8. 127 HEURES de Danny Boyle
9. LA COULEUR DES SENTIMENTS de Tate Taylor
10. COWBOYS & ENVAHISSEURS de Jon Favreau & LE DISCOURS D’UN ROI de Tom Hooper
——————————-
Pierre Gaffié

1. MELANCHOLIA de Lars Von Trier
Suivi de :
SI TU MEURS, JE TE TUE de Hiner Saleem
BLUE VALENTINE de Derek Cianfrance
DONOMA de Djinn Carrénard
THE FUTURE de Miranda July
LES CHEMINS DE LA MÉMOIRE de José-Luis Penfuerte
LAST NIGHT de Massy Tadjedin
POUPOUPIDOU de Gérald Hustache-Mathieu
RABBIT HOLE de John Cameron Mitchell
L’ÉTRANGÈRE de Feo Aladag
Classé dans : FESTIVAL UNIVERS CINÉ ALLEMAND 2011 | Tags: 7e Art, Annekatrin Hendel, Autriche, École de Berlin, Über uns das All, Über uns das All (L'amour et rien d'autre), événement, Berlin, Berlinale, bilan, Christoph Hochhäusler, chronique, cinéma allemand, cinéma Katorza de Nantes, compte-rendu, Cours comme tu peux, Cours Lola cours, critique, dass ihr mich liebt (Je veux seulement que vous m'aimiez), Der Sandmann L’homme de sable de Peter Luisi, Die Frau mit den 5 Elefanten (La femme aux cinq éléphants), Die kommenden Tage (Les jours à venir), Fassbinder, Faust, Ich will doch nur, Jan Schomburg, Lars Kraume, Lars Von Trier, Les Damnés de Visconti, Loire Atlantique, Markus Schleinzer, Melancholia, Michael, Morgen das Leben Demain la vie d'Alexander Riedel, Murnau, Nantes, nouvelle vague allemande, Paul Gratzik, programmation, projections, public, salles, sélection, Sous toi la ville, Suisse, Tage die bleiben La vie à trois de Pia Strietmann, Unter dir die Stadt, Vaterlandsverräter (Traître à la patrie)
Du 9 au 15 novembre, Nantes a présenté un large panorama de films germanophones. Dans la salle 2 du Katorza, se sont succédés un téléfilm de Fassbinder, le Faust de Murnau, un programme scolaire, des documentaires et des films de fiction. La langue changeant de l’allemand à l’espagnol en passant par l’albanais et le français nous oblige à faire un bref détour vers la problématique du lien reliant un film à un pays. La langue semble depuis longtemps ne plus faire partie des critères – Les Damnés de Visconti serait sinon associé au cinéma américain. L’origine de l’histoire encore moins au risque de classer To be or not to be parmi les films allemands. Ne parlons pas non plus du lieu de tournage qui transformerait Bollywood en une industrie suisse ! Quel est donc le critère à prendre en compte ? La nationalité du réalisateur semble également une référence incertaine puisque Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban d’Alfonso Cuarón deviendrait alors un film mexicain. Le pays de production devient à ce jour le critère qui est pris le plus fréquemment en considération quoique les pistes soient souvent brouillées – rien qu’avec Melancholia, le dernier film de Lars von Trier, on s’y perd : la France, l’Allemagne, le Danemark et la Suède y sont rassemblés. Si malgré tout, on prend en compte le dernier critère de classification, le titre du festival, "Cinéma allemand", devrait être corrigé en "Cinéma germanophone" à cause de deux films, l’un autrichien, l’autre suisse qui, sinon, perdus parmi les films allemands, ne peuvent trouver leur place.
[Der Albaner – L'Albanais de Johannes Naber]
Ce festival de films germanophones donc, balaie de nombreux genres et styles cinématographiques, et peut se diviser de manière, certainement simpliste, mais pour le moins évidente, entre les films tirant leur influence majoritairement de l’Allemagne ou d’autres pays germanophones et ceux également imprégnés d’une culture étrangère : congolaise, albanaise, polonaise, espagnole… Tandis que les films bi-nationaux ou tri-nationaux diffèrent du tout au tout, les autres travaux, sans influences étrangères, que l’on nommera ici exceptionnellement les films germaniques, utilisent fréquemment, peu à peu presque un cliché du film allemand contemporain, la froideur des personnages et des couleurs. Cette distance et froideur s’est d’ailleurs retrouvée dans le téléfilm de Fassbinder Ich will doch nur, dass ihr mich liebt (Je veux seulement que vous m’aimiez). Datant de 1976, on peut être surpris d’y retrouver un code thématique et formel si central aujourd’hui. L’esthétique et l’éclairage ne sont pourtant, et heureusement, pas semblable aux travaux des dernières années. Les films récents ont souvent pris l’habitude d’utiliser une lumière plus grise ou tamisée contrastant avec la netteté de l’image parfaitement cadrée et dans bien des cas oppressante. Outre ces traits caractéristiques qu’appliquent de nombreux films germaniques du festival de Nantes, plusieurs thématiques restent des constantes du festival: un pessimisme général étouffé quelques fois par un happy end, un engagement souvent politique mais aussi culturel ou amoureux, une mise en scène du contraste mais également, très fréquemment, une intéressante ambiguité du comportement chez les personnages.
[Die kommenden Tage – Les jours à venir de Lars Kraume]
Tandis que la mort et le deuil apparaissent lors de l’édition 2011 comme des thèmes récurrents, d’autres questionnements s’insèrent dans le pessimisme ambiant et resserrent la problématique : l’engagement politique par exemple. Parfois exprimé dans un film futuriste comme Die kommenden Tage (Les jours à venir) mais plus souvent rattaché au passé de l’époque nazi ou de la séparation Est-Ouest, ce sont majoritairement les documentaires qui s’en emparent. Vaterlandsverräter (Traître à la patrie) nous amène dans le milieu littéraire et artistique de Berlin-Est où la majeure partie des membres envoient des rapports à la Stasi. Dans une moindre mesure, on peut citer Die Frau mit den 5 Elefanten (La femme aux cinq éléphants), portrait d’un personnage qui doit sa vie à son travail de traductrice pour les Allemands en Ukraine lors de la seconde guerre mondiale. Ces deux films s’éloignent de la présentation d’un passé de plus en plus documenté pour partir à la recherche d’explications sur un comportement particulier souvent difficile à comprendre plus d’un demi-siècle après. Ces travaux ne semblent que servir d’élan à la constitution du thème traversant une grande partie de la programmation : l’ambiguité du comportement. Quatre films méritent une attention plus particulière de part leur différents thèmes et la manière de les traiter: Die kommenden Tage sur le terrorisme, Vaterlandsverräter sur la collaboration, Michael sur la pédophilie et Über uns das All (L’amour et rien d’autre) sur le deuil.
[Vaterlandsverräter – Traître à la patrie de Annekatrin Hendel]
Die kommenden Tage et Vaterlandsverräter se dégagent des deux autres films par une forte volonté d’explication des actes, un peu simpliste dans le premier, plus approfondie dans le second. Tous deux comportent un personnage central voulant changer le système ou alors maintenir un régime idéal à tout prix. L’un par la force, l’autre par des rapports envoyés aux services secrets, tous deux croient puis espèrent contribuer à l’établissement d’une société idéale dépérie à la fin de chacun des films. Die kommenden Tage présente la transformation du rebelle Konstantin, en un terroriste malveillant, membre d’une organisation underground à la Rosemary’s Baby. Vaterlandsverräter avec Paul Gratzik montre les dilemmes de l’idéal communiste, son contexte historique avec ses habitudes, et une organisation qui se retourne facilement contre ses propres membres. Dans Kommenden Tage, on est tout d’abord impressionné par Konstantin puis on le hait jusqu’à ce qu’il répugne – probablement exactement ce que le scénario a prévu. On a son moment de plaisir. Pourtant Paul Gratzik dans Vaterlandsverräter en procure encore davantage. Sans cesse lorsque l’on pense définitif son jugement sur ce personnage énigmatique, une réplique bascule notre opinion hâtive et l’on se retrouve à nouveau perdu dans des incertitudes qui ne cessent finalement jamais. Après plus de deux heures, Konstantin est devenu un homme sanguinaire avec quelques regrets. Après une heure et demie chez Annkatrin Hendel, les explications se sont multipliées mais les questions se poursuivent et redoublent pour sembler ne jamais pouvoir s’interrompre – Paul Gratzik, personnage digne du nom, demeure impossible à saisir avec une durée standard.
[Michael de Markus Schleinzer]
Les deux films de fiction, Michael ainsi que Über uns das All que l’on commentera de manière plus approfondie, s’éloignent d’une étude psychologique de leur personnage, dont ils laissent volontiers le travail aux spectateurs, pour s’attacher, de leur côté, à la présentation, la plus neutre possible, de protagonistes impénétrables.
Michael de Markus Schleinzer glace les spectateurs et divise la critique. Il y a de quoi: Michael tient prisonnier, dans sa cave, un garçon d’une dizaine d’années qu’il traite, selon son humeur, comme son fils ou son objet sexuel. Mais encore ? La caméra déambule dans cet appartement carcéral avec une neutralité provocante, reflétant les visages quasi inexpressifs des deux protagonistes emprisonnés dans le silence du non-dit. Mais encore ? Rien. Au-delà de cette situation sordide, un vide apparaît, que l’on ne peut remplir qu’avec l’impressionnante mise en scène. Peu après, l’effet ayant disparu, on peine à reconstruire ces sentiments qui nous ont envahi lors de la projection, butant sur ce personnage qui finalement paraît suspect trop rapidement et finit en bourreau sans ambivalence.
[Über uns das All de Jan Schomburg]
Über uns das All de Jan Schomburg, sans être parfait, reste par contre la clé de voûte du festival. Film d’ouverture, on le retrouve dans tous les autres, corrigeant les défauts ou suppléant la narration. À Nantes, plus d’une centaine de personnes assistent à la première projection. À Francfort, dans un contexte similaire, à peine un tiers sont venus. Regardé deux fois dans des pays différents, Über uns das All se transforme puis se complète sans pourtant jamais offrir la tranquillité des réponses à laquelle nous habitue le dénouement d’un récit. Aux questions du premier visionnement ne résultent, lors de la seconde projection, pas de réponses, mais une multiplication des doutes d’autant plus surprenante qu’elle est inattendue.
Resté sur sa faim, le public attaque le réalisateur de "pourquoi" attendant des "car" qui ne sont pas exprimés ou alors pas comme on veut les comprendre – Jan Schomburg aime l’incertitude. Un public rassasié de révélations ne lui dit rien et il se plait à fournir des explications, les annulant ensuite tour à tour. Pareil à son réalisateur, Über uns das All se joue des attentes, introduit des situations ayant pu faire éclater un mystère ou révéler un comportement, pour habilement brouiller les pistes quelques plans plus tard. Au basculement narratif, Jan Schomburg ajoute encore sarcasme et indécence sociale. Über uns das All ne crée pas de malaise, ce sentiment récurrent dans un certain cinéma allemand contemporain, mais développe une insatisfaction et une attente. Jan Schomburg va au-delà des doutes de Vaterlandsverräter ou Michael, puisqu’il n’a jamais souhaité les faire disparaître. Son film est construit en ébauche de questionnements et de jugements rassemblant la majeure partie des thèmes du festival sans jamais rentrer dans la même problématique, donnant à chacun une réponse décalée – après un pessimisme ambiant, la fin éclaire l’histoire d’un optimisme abrupt ; le comportement inconcevable du personnage principal reste inexpliqué, semblant ainsi faire partie de la grande provocation à laquelle appartient le film.
Ce qui semble non-maîtrisé et confus gagne une très grande valeur à l’intérieur du déséquilibre volontaire traversant Über uns das All de part en part à travers le langage, l’éclairage, les personnages et le comportement – oscillant chacun sans transition de blanc à noir, de conventionnel à scandaleux. Parodiant, de manière réussie mais sans originalité, la dynamique du langage tragi-comique des films commerciaux, Jan Schomburg a encore utilisé d’autres méthodes, expliquant la signifiante tournée festivalière de ce film : entre autres, les personnages, il était temps d’y venir, construits en opposition les uns par rapport aux autres. Les deux plus intéressants étant le personnage principal, Martha et un personnage très secondaire, Trixie. Fonctionnant en binôme, ces deux femmes sont l’expression différente d’une même situation, le deuil. Martha ignore le décès ou plutôt peine à le réaliser, recommençant presque immédiatement une nouvelle vie qui n’est finalement qu’une transposition de l’ancienne. Trixie pleure pour deux, adoptant le comportement socialement accepté, rappelant à Martha, tout comme au spectateur, l’aspect choquant d’un deuil ni consommé, ni respecté. On retrouve ce schéma, pareil à celui de Vaterlandsverräter, d’une réponse presque donnée ou d’une situation presque acceptée, retombant ensuite encore plus bas dès que tout est remis en cause par un instant qui déstabilise l’ordre à peine édifié. Surgissant en éclair puis s’effaçant que progressivement comme pour souligner encore une fois l’impudeur de la situation, ces moments, fuis par Martha, dévoilent l’aspect branlant des relations construites sur le mensonge et l’insatisfaction. Martha réitérant, sans le comprendre, l’exact même comportement de l’homme qu’elle a perdu. La boucle se referme ou pourtant non, Jan Schomburg n’empreinte pas le chemin du pessimisme où l’on aurait pu retrouver les empreintes de plusieurs noms de l’École de Berlin. Avec sa fin ensoleillée (et ensoleillante), pour plusieurs gênante, pour d’autres rassurante, Über uns das All est un film libertin se détachant de carcans narratifs et troublant les conventions qui irriteraient sa fougue expressive.
Louise Burkart
Bande-annonce de Michael en version originale
Bande-annonce de Vaterlandsverräter en version originale
Bande-annonce de Die kommenden Tage en version originale
Bande-annonce de Über uns das All en version originale
Classé dans : FESTIVAL UNIVERS CINÉ ALLEMAND 2011, TRIBUNE LIBRE | Tags: 7e Art, acteurs, Allemagne, analyse, avis, Éric Toledano, Berlin, Berlinale, box-office, Christoph Hochhäusler, chronique, cinéma allemand, cinéphiles, cinéphilie, CNC, comparaison public français / public allemand, Cours si tu peux, Der Sandmann L’homme de sable de Peter Luisi, Die kommenden Tage Les jours à venir de Lars Kraume, Dietrich Brüggemann, distribution, Fassbinder, festival de Nantes, festivals du film allemand, Frontières, germanophone, Intouchables, Katzelmacher, Les Films de ma vie, Morgen das Leben Demain la vie d'Alexander Riedel, Nantes, Nouvelle vague, outre-Rhin, panorama, paysage audiovisuel allemand, perception, prix, producteurs, public, réalisateurs, réception du public, récompenses, Renn wenn du kannst, revue, revueversus.com, sélection officielle, scénaristes, sections parallèles, Sous toi la ville, succès, Tage die bleiben La vie à trois de Pia Strietmann, Truffaut, Unter dir die Stadt, Vaterlandsverräter Traître à la patrie d'Annekatrin Hendel, Versus
Le cinéma allemand reste depuis sa Nouvelle Vague, officialisée pour ainsi dire par Les Cahiers du Cinéma, un favori du cinéphile français. Je parle, ici, de la Nouvelle Vague des années 2000 partant tout d’abord de Berlin puis s’étendant peu à peu hors de la capitale germanique. Les précisions sont nécessaires tant l’expression "Nouvelle Vague" désigne de manière imprécise l’émergence de l’inconnu, d’une certaine nouveauté, formulation appliquée subitement aux pays dans lesquels plusieurs réalisateurs se détachent de la masse pour entrer dans le collimateur de la distribution internationale.
Cette Nouvelle Vague allemande garde en France depuis presque une décennie, une notoriété certaine et fait proliférer, ça et là, selon les lois de l’offre et de la demande, des festivals du film allemand ou des sections parallèles dans toutes sortes d’institutions cinématographiques. Devant les salles, on joue des coudes pour découvrir les dernières réalisations des maîtres ou pour accéder à la séance du premier film d’un jeune inconnu que la France consacrera peut-être à la reconnaissance internationale. Et j’imagine, bien trop hâtivement, cet enthousiasme tout aussi répandu en Allemagne où plane une chape d’indifférence dérangeante.
[Renn wenn du kannst de Dietrich Brüggemann]
En venant d’une France hypnotisée par le nouveau (nouveau-nouveau, devrais-je dire) cinéma allemand, l’Allemagne semble un rêve de cinéphile. Je m’y suis donc hâtée aveuglement espérant recevoir le merveilleux bouleversement cinématographique qui naturellement ne s’est pas produit. Le cinéma français y est pour la majeure partie à l’honneur, et certains préfèrent sans hésitations Intouchables de Éric Toledano à Renn wenn du kannst (Cours si tu peux) de Dietrich Brüggemann. Le cinéma national quant à lui se noie dans des discours peu persuasifs, des séances à moitiés vides ou délaissées par un public las et rêveur. Perdue et affolée, je parcours les salles de la ville à la recherche de ces fameux films allemands si prometteurs qui envahissaient le paysage cinématographique français. J’en commence un les yeux rempli d’espoir, fini l’autre le cœur sans illusions et regrette de ne plus pouvoir assommer mon entourage de mes habituelles frénésies. De quels travaux la France nourrit-elle donc son public à l’appétit gargantuesque ?
De manière précipitée et irréfléchie, je pourrais déduire que les films allemands n’atteignent pas l’Allemagne et naissent pour ainsi dire directement dans les pays frontaliers. Sans m’agiter tout d’abord, je découvre néanmoins la sortie française précédent celle allemande du dernier film de Christoph Hochhäusler Unter dir die Stadt (Sous toi la ville). Sans m’énerver ensuite, je constate que de nombreux films présentés à la Berlinale ne sortent en salles en Allemagne que quelques semaines avant la prochaine édition tandis que plusieurs autres restent regrettablement cachés dans la brume glamoureuse des festivals. Sans enthousiasme enfin, je commence quelques productions récentes qui ne sont pas médiocres, mais reste cependant loin d’affoler mes conventions audio-visuelles.
[Sous toi la ville de Christoph Hochhäusler]
Réfugiée pour une semaine dans l’Ouest de la France, dans l’espoir de retrouver un mouvement presque inaccessible Outre-Rhin, je parcours le programme d’un festival et constate, non sans grande surprise et scène tragique, que plusieurs films ont déjà été projetés, disons, au moins une fois quelque part, en Allemagne.
Quelle est donc cette différence entre la France et l’Allemagne qui empêche un pays de prendre conscience de travaux que l’autre loue de manière enthousiaste ? Dois-je croire que cela se réduit à la cinéphilie des peuples ou est-il possible de trouver d’autres explications ?
Le problème peut éventuellement s’axer sur la différence de réception entre les productions nationales et l’import de films étrangers. La France en tant que signifiante promotrice de films internationaux jouit d’une position toute particulière qu’elle ne manque pas de faire valoir sur sa programmation et développe ainsi chez le public une plus grande curiosité pour les films d’auteurs étrangers.
La qualité de la distribution française n’est pourtant pas la seule responsable et l’attention particulière qu’un public peut prêter aux travaux de pays étrangers n’a rien de surprenant. Ce comportement ne semble pas particulièrement récent : François Truffaut dans Les Films de ma vie note, par exemple, que l’on "apprécie davantage ce qui vient de loin, non pas seulement en raison de l’attrait de l’exotisme, mais aussi parce que l’absence de références personnelles renforcent le prestige d’une œuvre".
Une œuvre (ici, cinématographique, mais il pourrait s’agir de bien d’autres arts) d’origine étrangère développe, chez les spectateurs, une attirance naturelle pour l’inconnu qui souligne rapidement les qualités d’un travail. L’attrait fonctionne tel un aimant qui tire les spectateurs vers la salle sombre sans leur devoir d’explications. Le prestige, quant à lui, remarqué tout d’abord qu’instinctivement, se base sur une fascination obscure et personnelle. Le succès du cinéma allemand ne peut pourtant reposer que sur les sentiments. Et comme Truffaut ne manque pas de le remarquer, "l’absence de références personnelles" encadre nombre d’œuvres étrangères d’une curiosité et d’un jugement optimiste.
Imprégné de ce que l’on voit, lit ou entend habituellement, tout écart cohérent, même léger, du goût artistique reçoit aisément compliments ou même félicitations. Plus un style s’éloigne des possibilités nationales, plus son originalité (quelque fois remarquable, plus souvent minime) est reconnue. Cette originalité découle d’une culture qui contextualise et justifie ces moyens d’expression. La Nouvelle Vague allemande se distingue par exemple par deux aspects personnels qui se reflètent dans le style choisi et le thème traité, tous deux inconcevables en France. Les sujets, dans les films au public plus restreint, se rapportent de manière générale à un quotidien désenchanté, souvent désagréable ou tragique. Ces situations sont épurées, disséquées jusqu’au malaise encouragé par une caméra insensible que l’on peut déjà retrouver trente ans auparavant dans Katzelmacher de R. W. Fassbinder.
Les images froides et les multiples plans-séquence ont développé une esthétique étrangère bien acceptée en France par les cinéphiles, car moins habituelle dans les cinémas. Les relations humaines, quant à elles, surprennent et l’on regarde le film comme une visite guidée à travers la culture et le peuple allemand s’étonnant ou souriant à chaque découverte d’un comportement que l’on n’aurait pas imaginé.
Difficile de transposer cela chez un public allemand: Sourira t-il à une situation étrange ou l’inclura t-il dans le portrait du personnage ? Ressentira t-il une distance dans la mise en scène ou l’identifiera t-il à la situation ? Confronté à une esthétique et une mise en scène plus proche de sa culture et de son quotidien, le public germanique connait une réception différente, comprenant moins de surprises. Si je tente d’expliquer cette indifférence que connaît l’Allemagne tout en restant dans le contexte de l’exotisme et de l’inconnu, je pourrais, justement, parler d’une grande présence de références personnelles qui contraste ensuite de manière brutale avec des moments où l’identification avec les personnages n’est plus souhaitée et où s’instaure une distance. Le spectateur allemand semble ensuite peiner à saisir la passerelle reliant les deux modes de narration, ce qui chez le spectateur français pose moins de problèmes, cet écart n’existant pas.
[Katzelmacher de R. W. Fassbinder]
La Nouvelle Vague allemande semble mieux convenir à un public étranger, cependant la mise en valeur française de ces films contribue largement à son succès. L’Allemagne ne peut pas en dire autant, car même si de nombreux films d’étudiants-réalisateurs arrivent à bénéficier d’une exploitation en salles, ils ne trouvent pas pour autant leur public. En France, les subventions accordées au cinéma, les prestigieux festivals et revues de cinéma établissent un contexte favorable au développement d’un nouveau mouvement soutenu par les professionnels entraînant ensuite le public dans leur enthousiasme.
Cette situation hautement cinéphile attire les spectateurs et influent leur choix, jugement et intérêt. La nouvelle vague allemande qui a bénéficié d’une relativement grande couverture médiatique et festivalière semble aujourd’hui difficile à ignorer. Pourtant en Allemagne, où elle ne fut pas mise en avant de manière aussi conséquente, elle paraît encore timide et modeste.
Détecteur de la nouveauté et concepteur du goût, le contexte cinématographique oriente comme divise les pays à leurs frontières et il n’est pas toujours rare de juger un film fade en Allemagne pour le redécouvrir dans toutes ses qualités en France.
Louise Burkart
> À lire prochainement : le compte-rendu du festival Univerciné Allemand 2011
> À propos de Christoph Hochhaüsler et de Sous toi la ville, lire aussi Versus n° 21.
Bande-annonce de Cours si tu peux (Renn, wenn du kannst) en version originale allemande














